Sur notre route un soir, on se pose et l’extase s’impose.
Au bord de l’étang, alors que la tourterelle roucoule, le martin pêcheur avec sa livrée bleu et rousse passe devant nous à une vitesse affolante.

Au-dessus des nénuphars, les libellules mènent une danse captivante et nos yeux ont de la peine à les suivre.

Le merle perché sur un peuplier chante l’arrivée du crépuscule. Un grand flop très proche nous surprend, nos têtes automatiquement se tournent en direction de ce bruit, pas un mot afin d’apercevoir le trublion qui perturbe notre observation. C’est une famille de ragondins, les jeunes se taquinent, l’un des adultes remet de l’ordre et sans bruit, ils glissent sur l’eau. Partent-ils en chasse ou en promenade ?
Sur la berge d’en face, un héron reste stoïque depuis notre arrivée alors qu’une grèbe huppée dans une chorégraphie incroyable effectue sa toilette. Le héron s’envole avec souplesse, son affût a t-il réussi ? Le martin pêcheur nous taquine, il passe et repasse devant nous, se pose une fraction de seconde sur une branche, impossible de le prendre en photo.
Nous ne faisons pas un bruit, ne bougeons pas, le silence nous pénètre et le chant des oiseaux envahit nos cellules.
Nos yeux scrutent, l’oreille se tend pour capter le moindre son. Des petits flop ce sont les poissons qui happent quelques moucherons. La vie est en nous, la vie est autour de nous, dans l’immobilisme nous ne faisons plus qu’un avec cette vie.

Le soleil glisse vers l’horizon, dans le lointain s’élève un tambourinement, un pic s’attaque à des arbres morts pour son souper.

Les moindres ondes sur l’eau attirent notre attention, les grenouilles se réveillent, un oiseau effleure l’eau. La grèbe est de retour, dans un plongeon elle disparaît et après une longue distance sous l’eau réapparaît le plus souvent à l’endroit où l’on ne l’attend point.
Le chant des oiseaux s’apaise.
La seule sonorité qui résonne autour de nous, c’est le bourdonnement des pollinisateurs ; avant l’arrivée de l’obscurité, ils lancent leurs dernières forces pour compléter le butin de la journée.
Sur notre droite le croassement des grenouilles s’élèvent, il arrive tel le roulement du tonnerre jusqu’à se diffuser sur toute l’étendue des nénuphars. Puis s’arrête comme il a commencé.

Le calme revenu, une brume s’élève, le rossignol commence son concert, l’obscurité avance, il est l’heure de s’en aller sans bruit.
J’ai écrit au fur et à mesure de mon observation.
Les Hommes sont vraiment devenus fous pour assécher des étangs quelque soit la raison.
Cet endroit se trouve proche de Bourbon Lancy. C’était lors de notre retour de Valençay nous cherchions un petit coin pour passer la nuit.
Bien amicalement
Pascal
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Les étangs sont des bouillons de vie et de diversité animale et végétale, il ne faut pas les assécher – comme dans les Dombes – au prétexte qu’il y a des moustiques !
Merveilleuse description de ce milieu bien particulier, merci Pascal.
Au fait, c’est où cet endroit que tu décris avant tant d’attachement ? En Alsace ?
Amitiés
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