Certains vont se dire:
Mais ce titre n’a ni queue ni tête ! Et pourtant ?
Peut-être allons-nous apporter une réponse à ceux qui se demandent pourquoi nous migrons au Portugal.
Nous sommes en ce mois de novembre et voici que la campagne reprend ses couleurs de verts tendres ou clairs aux nuances chatoyantes qu’il est difficile de décrire.
Sur les coteaux de ces montagnes, c’est le médronho ou arbouse qui resplendit avec ses fleurs en clochettes.




Certains fruits se prélassent au soleil, oubliés par les cueilleurs afin de produire cet alcool blanc à près de 50°, qui permet une bonne digestion après une migas ou un polvo.

Les fleurs d’eucalyptus tombent déjà au sol et me font penser à une pieuvre voulant retrouver le fond des océans.


Il faut être attentif pour apercevoir la petite nivéole qui nous illumine par sa blancheur alors que l’hibiscus plus imposant est flamboyant.

Les abeilles butinent, les papillons folâtrent et la cochevis huppée lance doucement son chant. Le chardonneret élégant nous éblouit de ses couleurs, la mesange à tête noire danse dans les oliviers et le pic nous surprend de son cri qui ressemble à un rire. Quant au geai, il est toujours présent pour jouer au gendarme.
Le caroubier, cet arbre qui paraît torturé, mais qui inspire la force de vie, porte déjà ces petites fleurs directement sur le tronc, alors que l’oranger se pavane, garnit de ses fruits.



Oui ici le printemps pointe son nez, il est difficile de photographier la tortue méfiante qui se réchauffe alors que les grenouilles se cachent dans de petites mares.

Les champignons sont illuminés par le soleil, je regarde leur pousse comme un miracle. Ils ont été retrouvés dans les registres de fossiles depuis 450 millions d’années, et immuable ils arrivent toujours à pousser le sol dur et caillouteux pour nous émerveiller de leurs chapeaux aux couleurs si surprenantes.



A côté les fourmis restent imperturbables et construisent, creusent, rejettent la terre en petit monticule volcanique, peut-être craignent-elle la mante religieuse ?



Quant au chêne imposant, il sème ses glands qui régalent le sanglier et attend l’été prochain pour accueillir la cigale.


Pierres ou cailloux, évitons de leur donner un coup de pied ou de les jeter dans l’eau, mais prenons le temps de les observer, certains diront c’est anodin et pourtant ils ont des couleurs surprenantes et combien d’années d’existence nous transmettent-ils ?



La nature est émerveillement en relevant la tête, les montagnes abaissent leurs crêtes afin que l’océan puisse nous éblouir illuminé par le soleil couchant.

💡 Hubert Reeves (1932- 2003. Scientifique- Ecologiste ) disait :
“ L’Homme est la seule créature qui refuse d’être ce qu’elle est.
Il vénère un Dieu invisible et massacre une nature visible, sans savoir que cette nature qu’il massacre est ce Dieu invisible qu’il vénère.”