Dans ces nuits froides de décembre, alors qu’approchent les fêtes de Yule ou de Noël, dans le ciel, volent ou dansent en tous sens des magiciens, des fées. Le plus connu est celui qui vêtu de rouge est installé dans un traîneau tiré par des rennes.🧑🎄
De là-haut, ils regardent et distinguent des comportements humains qui les sidèrent :
Des femmes et des hommes de plus en plus énervés, à ne plus supporter le moindre contretemps.
Des femmes et des hommes qui n’ont plus la moindre once de tolérance, de compréhension ou de respect et transforment la moindre contrariété en une montagne de soucis.
Des femmes et des hommes qui se plaignent et se lamentent sans prendre conscience qu’ils possèdent l’essentiel, la santé, un toit pour s’abriter et une assiette remplie au quotidien.
Des femmes et des hommes qui se disputent, se haïssent alors qu’ils sont tous faits de la même chair🤬
Des femmes et des hommes qui participent au massacre de la perle qui les abrite, les nourrit : la Terre. Sans se rendre compte qu’ils percent la coque du bateau sur lequel ils se trouvent, ils crient et s’insurgent que c’est la faute de l’autre, mais oublient d’écoper et de panser les plaies.🌍🌎
Des femmes et des hommes toujours plus pressés, rien ne va assez vite, toujours et encore plus vite, gagner du temps, mais pourquoi ?
Des femmes et des hommes malades, prisonniers de médicaments, addicts à des drogues, tristes, dépressifs ou atteints du syndrome d’épuisement professionnel.🤢
Un certain nombre de ceux-ci, en quête de douceur, de chaleur intérieure, se rendent devant l’extraordinaire sapin de Noël de la place Kléber à Strasbourg.

Ils font face à celui qui fut roi dans sa forêt et qui a accepté d’être coupé, bucheronné, pour ravir leurs cœurs et enthousiasmer leurs âmes.
Ces femmes et ces hommes qui entendent, mais n’écoutent plus, regardent, mais ne voient plus, respirent, mais ne sentent plus, n’arrivent à faire qu’une chose encore et encore rouspéter, rouscailler, se conforter dans la déception et l’insatisfaction.
Leurs ronchonnements parviennent jusqu’au firmament : mais qu’est-ce donc ces feuilles qui, emportées par le vent, sont venues s’accrocher dans le sapin et enlaidissent l’instant qui devait-être gracieux ?
Les voici agacés et énervés, car c’est moche et cela n’a pas de sens.
Et puis, il y a ceux qui quoi que l’on fasse auront toujours la critique facile, esprit révolté contre tout changement, fermé à l’ouverture d’un autre possible.
Ces femmes et ces hommes ont perdu tout sens de la curiosité, de la recherche, de la compréhension, de la poésie. Ils portent un jugement sévère au lieu de chercher à comprendre.
En observant, ils découvriraient au pied de ce sapin une pile de livres factices et avec un minimum d’intérêt, ils se poseraient une question : tiens! des livres, mais pourquoi ? 📙📘📗
Alors ils apprendraient que cette année, Strasbourg est la capitale mondiale du livre.
Mais savent-ils encore ce qu’est un livre ?
Ils comprendraient que ces feuilles dans l’arbre de Noël, symbole de paix et de joie, se sont des pages avec des messages. Ils arriveraient à lire les mots écrits : aventure, espoir, tendresse, imagination, mais au fait en connaissent-ils encore le sens ?
Mes yeux s’élèvent vers les cieux avec une requête: décembre, mois des miracles et des cadeaux et si…
Je ne me fais aucune illusion sur de grands évènements miraculeux où tout d’un coup le Monde serait en paix. Je fouille au plus profond de ma mémoire, âgée de 71 ans j’ai toujours entendu des vœux de paix, de cesser le feu, etc., qui furent vain.
… si, Saint-Nicolas, Père Noël, petit Jésus qui que tu sois, comme les flocons de neige distribue, des étoiles de lenteur, de calme, de sérénité, d’ouverture d’esprit, de créativité, de tolérance, d’intelligence.
Que ces femmes et ces hommes comprennent que le changement s’induira doucement, mais sûrement grâce à leur transformation intérieure.
Au XIII ème siècle Rûmî poète, théologien et mystique persan nous disait : « hier, j’étais intelligent et je voulais changer le monde. Aujourd’hui, je suis sage et je me change moi-même.»
Je citerais le Petit Prince, vous savez cette histoire écrite par Antoine de Saint Exupéry :

« On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux. »
Alors magiciens, fées, vous qui en décembre parcourez le ciel en traîneau, éparpillez une pluie de flocons. Répondez aux vœux du Petit Prince, illuminer le cœur d’un nombre de plus en plus important de ces femmes et de ces hommes afin qu’ils découvrent que le bonheur est dans leur cœur, que la beauté est tout autour d’eux, que la poésie est une œuvre d’art de notre vie qui nous ouvre les yeux vers la contemplation et l’émerveillement.