La nuit du réveillon est passée, certains ont la gueule de bois, d’autres feux d’artifices et flonflon évanouis pensent déjà à la galette, enfin il y a ceux qui obligatoirement ont retrouvé le chemin du travail.
La routine a repris ses droits, même si de temps en temps on se lance plus par tradition que par intention : une bonne année, une bonne santé sachant de toute manière que pas grand chose ne va changer.
Certains vont s’exclamer : mais ne soit pas pessimiste ! Je répondrai, je veux bien, mais j’aime rester réaliste et je sais bien comment j’ai vécu cette période dans les années passées.
Oui, c’est possible de croire en une année où la vie sourit, mais le premier commandement est de sourire à la vie.

Le deuxième commandement est peut-être de savoir faire un bilan en s’obligeant à regarder le positif (il y en a toujours) de l’an écoulé pour se donner les forces d’avancer la tête haute.
Quant au troisième, il faut savoir prendre le taureau par les cornes et aborder chaque journée avec pugnacité, persévérance et joie.
C’est bien de cette manière que Laetitia et moi-même débutons ces premières journées.

Si le froid de la nuit nous a cloués sur place pour passer un troisième bivouac, le ciel d’azur où brille l’astre sublime qui nous illumine nous force à repartir sur le sentier du bord de mer.
À contempler et écarquiller nos yeux d’émerveillement comme un enfant, devant le vert et le bleu de l’océan qui s’unit avec le ciel.

À détailler ces roches qui, dans leurs plissements, leurs saignées de couleurs différentes, sont un livre ouvert sur la vie de la terre que nous avons sûrement du mal à saisir.
Alors dans l’incompréhension, car nous ne sommes pas géologues, nous admirons.

Nous gardons sûrement la plus belle chose, le silence et nous observons.
Se faisant cela permet à notre cerveau de s’amuser avec des paréidolies et c’est l’image d’un crocodile qui nous apparaît avec sur le dos son chevalier.

Enfin, même si nous sommes loin de tout clocher de village dans notre inconscient sonne les douzes coups pour nous enseigner qu’il est midi.
La vie fait bien les choses, le génie place sur notre chemin un banc et une table.
Nous voici certainement dans l’un des meilleurs restaurants avec terrasse et vue directe sur l’océan qui dans la douceur de ses vagues nous salue.
Point de serveur en livrée ou le standing d’un palace, seulement nous, avec notre simplicité et notre amour de ce lieu. Tout cela vaut n’importe quel luxe.
Une bouteille millésimée de 2022 pour ce 2 janvier, ces multiples de 2 signifient que nous avons une grande capacité à unir, comprendre et réconcilier les autres.

Enfin pour le moment nous sommes unis l’un à l’autre pour une belle année 2025.
La nature nous récompense, car le temps de cette pause dans le calme et la discrétion nous voyons un spectacle « oiselesque ».
Voici pêle-mêle le goéland qui fait des arabesques, le fou de bassan qui nous impressionne dans ces plongeons, les cormorans qui passent comme une escadrille prête au combat, le balbuzard des roseaux dont la blancheur de son plastron lance des reflets durant son vol plané, enfin c’est un vol d’huitrier pie qui se déplace en rasant l’eau de l’océan.
Plus proche de nous, se posent, pour attaquer un trognon de pomme, la bergeronnette, le rouge-gorge, le tarier pâtre ou encore la fauvette orphée.
Enfin, l’extase nous gagne devant la cigogne qui se repose sur son nid.

Nous sommes empreints d’un vertige d’enthousiasme pour la nature, pour la vie.
L’hôtel de grand luxe, que dis-je le palace, c’est ici qu’il se trouve.

Milliardaires vous pouvez vous bâfrer de mets que nous ne pouvons point nous payer, je vous plains, car vous êtes aveugles de la beauté ce qui d’ailleurs vous rend inhumain.
Après cet exquis moment, nous repartons avec un objectif précis, mais avant de l’atteindre il est impossible de passer sans apprécier et contempler ces minuscules fleurs du Genévrier de Phénicie.


Et oui en ce deuxième jour de l’année nous cédons à la tradition et c’est dans la tenue d’Eve et d’Adam que nous prenons notre bain dans les vagues de l’océan.

En définitive, l’eau n’est pas aussi froide que l’on pourrait penser et je me complais dans cet élément salvateur plus d’un quart d’heure.

Enfin, le soleil tire sa révérence en se cachant dans les nuages et nous repartons vers notre camp de base.

