Possédons-nous un capital santé ?

Episode 16

Fin épisode 15

— Les expressions suivantes, une fois n’est pas coutume, font l’unanimité : la santé n’a pas de prix, il n’a rien de plus beau que la santé, quand la santé va tout va, etc. Mais que font les humains surtout dans nos sociétés occidentales pour préserver ce merveilleux capital santé ?

À suivre…

Épisode 16

— Il est vrai que cela parfois m’affole. Par exemple, un homme donne son approbation à ces expressions, mais une fois dans son véhicule, il agit à l’inverse, roule trop vite ou discute au téléphone et perd sa santé ou sa vie sur le bord d’une route. Madame va absorber des hamburgers, des sodas et ses mignons bambins dont la couleur des lèvres, rouge ou bleu fluo, dénonce les merveilleux bonbons chimiques ingurgités. Le café, les sucres ou la cigarette vont être utilisés en surabondance, le corps addict en tombera malade et le médecin dépité devant le délabrement de cet organisme dira à son patient « je vais faire de mon mieux ». Très diplomate, il ne dira pas, mais pensera : « il vous reste surtout les yeux pour pleurer ».

— Après ton inventaire, ce qui me désole c’est que l’on ne cesse de nous répéter l’Homme, l’être vivant le plus intelligent.

— Et pourtant comme moi, tu vois des individus qui ont conscience de l’importance d’entretenir correctement leur véhicule, mais la santé est négligée, inscrite aux abonnées absentes. 

— Comprend que le véhicule a un coût bien réel, très élevé souvent acquis grâce à un crédit qui signifie, un effort financier. Alors effectivement, il veut revendre sa voiture, elle doit-être en bon état. Ou encore si l’idée est de le garder le plus longtemps possible il y a nécessité de la bichonner.

— Mais le corps physique n’est rien d’autre que notre véhicule terrestre et il va nous accompagner bien plus longtemps que n’importe quelle voiture. Après les belles expressions sur la santé dont nous parlions, je me pose des questions : quelle valeur les humains donnent-ils à celle-ci ? À leur vie ? À eux même ?

— Certes, mais la prévention n’est pas dans notre culture et quand je tombe malade je suis prise en charge par un dévoué médecin, des infirmiers prévenants, etc., et en plus je suis remboursée. N’est-ce pas deux belles raisons qui font oublier que la bonne santé tant qu’on la possède, il faut l’entretenir ?

— Il y a aussi un autre élément, certainement plus puissant dans la culture masculine que chez vous, les femmes. Ce sont ces formules que l’on entend déjà enfants. Tu es un homme, tu serres les dents, tu ne vas pas faire ta chochotte, etc. Cette dureté envers soi-même provoque des situations irréversibles. La personne arrive chez le médecin, c’est trop tard le mal à évoluer. C’est ce qui est arrivé à mon père, il a serré les dents pendant un certain temps. Quand le cancer fut découvert, la médecine n’avait qu’une solution, la morphine pour qu’il meure sans trop de douleur.

— Je vais donc en déduire que nous les femmes avons une avance sur vous en termes d’intelligences, nous ne cherchons pas à rouler les mécaniques, nous serons plus vigilantes à notre santé et à notre beauté.

— Tu sais très bien ma chère que je suis en accord avec Jean Ferrat quand il chante « La femme est l’avenir de l’homme. » Mais que veux-tu, dès la création c’est la femme qui faute il s’ensuit des millénaires où on nous a inculqué dès la naissance notre supériorité. C’est un long travail que de libérer nos mémoires cellulaires emprisonnées dans ces doctrines. Mais tu noteras que j’apprécie énormément ta précieuse féminité et ta réflexion sur une vie plus spirituelle, car là aussi je dois reconnaître mesdames que vous avez une sacrée avance sur les hommes.

— Je ne vais pas considérer tes propos comme des flagorneries, mais bien au contraire comme un éloge que j’accepte avec amour. Je remercie avec une immense gratitude ta clairvoyance et je te donne ma main pour poursuivre ce chemin de vie. On discute, on discute, mais toi dans tout cela avec ton intelligence, comment agis-tu pour ta santé ?

— Nous y voici, je me suis intéressé à ce capital santé, il m’a conduit à la philosophie de la médecine chinoise qui est basée sur la prévention. De fil en aiguille, j’ai écouté des conférences, lu des revues portant sur l’intérêt de préserver ce capital ou l’abîmer le moins possible. C’est une nécessité incontournable pour éviter non seulement une maladie nommée bénigne, mais aussi des maladies plus graves, voire incurables. J’ai compris qu’il fallait que je mette les « chances » de mon côté et perdre le moins de points possible sur mon permis santé.

— Mais je crois qu’un jour une citation est venue percuter tes esgourdes elle résonnait d’autant mieux que ton âge avançait. C’est le peintre Henri Matisse qui disait : 

 « On ne peut pas s’empêcher de vieillir. Mais on peut s’empêcher de devenir vieux. »

— Il est vrai qu’arrive un âge où on peut se sentir démuni, car que faire contre les cheveux qui blanchissent et les rides qui se creusent ? Encore que, une toison blanche avec les rides du rire, cela a du charme. Cette citation m’a fait comprendre qu’il était hors de question que je devienne un « ta mal ou »  ! Et c’est bien ensemble ma chère que nous avons décidé de prendre des mesures. Tout d’abord alimentaire.

— Ce ne fut pas simple, car parler régime à un gourmand gourmet le mental se cabre et sonne la révolte. Heureusement, la sagesse a trouvé les mots pour l’amadouer.

—  Toi mon égérie attentionnée tu n’utilises pas le bon mot, il n’est pas question de parler de régime, notre idée n’est pas de nous priver, mais d’avoir une alimentation la mieux équilibrée possible. Nous aimons tout et certains doivent déjà s’exclamer, cela va être impossible pour eux ! Et bien pas du tout, bien au contraire, comme il n’est pas question de priver nos papilles, nous adoptons une règle intelligente, profitons de tout, mais sans abus. À cela, nous ajoutons des compléments qui ne demandent pas d’effort, car nous sommes convaincus de leurs bienfaits, donc de leur nécessité. Une gousse d’ail crue chaque jour, il n’y a pas meilleur antioxydant. Une cuillère d’huile d’olive avant un repas, porteuse d’acides gras insaturés. Des légumes en accompagnement des plats en respectant la saisonnalité et boycottant les fraises ou tomates en hiver.

— Durant l’hiver pour renforcer notre système immunitaire nous prenons ce que nous nommons notre bombe : un mélange d’ail et gingembre macéré dans du miel. Pour le plaisir, nous choisirons de bons vins de préférence bio, mais cela ne doit pas nous faire oublier de boire beaucoup d’eau. Voilà nos principes, nous avons encore quelques petits trucs et surtout nous investissons, je dis bien nous investissons et ne créons pas de dépense supplémentaire comme nous disent certains dans des compléments alimentaires. Un seul exemple, vous avez peur pour votre prostate, prenez des gélules à base d’huile de pépin de courge.

— Il ne faut pas oublier l’activité sportive et j’aime une expression de l’aventurier Mike Horn : « l’entraînement commence quand ça fait mal ». Effectivement, notre mental veut parfois trop nous protéger et il nous dirige vers la paresse. Dès que l’on fait souffrir le corps dans une activité physique, ou lors d’un jeûne alors que l’on ressent un peu la faim, il nous guide vers l’abandon. Il trouve des arguments puissants pour nous éloigner de l’effort et de la persévérance nécessaires, afin d’atteindre la victoire sur soi. Marche, footing, vélo, musculation et assouplissement sont obligatoires pour garder un corps souple et des réflexes. Mais n’oublions pas pour le cerveau l’art, la lecture et la musique classique, car il est prouvé qu’elle calme surtout avant de se coucher. Développons la curiosité, la contemplation, la cohérence cardiaque, une douche froide régulièrement et nous en avons déjà parlé, la méditation, la pensée positive et la bienveillance, voilà les actions qui permettent de vieillir heureux. Il est important d’avoir une vie sentimentale, cultivée d’amour, la tendresse, la passion pour celle ou celui qui est à nos côtés dans la vie.

— Je voulais dire un mot sur l’émerveillement, la contemplation. Pas plus tard que dans ce mois de février 2025 sur un petit sentier nous admirons une rivière de pâquerettes ou encore la tortuosité d’un caroubier qui démontre sa force. L’émerveillement ce n’est pas de tomber en extase devant le plus beau paysage du monde notifié sur les réseaux sociaux ou les brochures. La richesse de l’émerveillement c’est de voir la beauté au-delà du regard, s’émerveiller devant la simplicité, c’est cela qui conduit à la connaissance. 

— À t’écouter, je vais tomber en émerveillement devant toi ! 

— C’est ça moque toi !

— Mais pas du tout, puisque l’émerveillement c’est l’art de rester jeune et ça développe un intérieur favorable à la beauté. Je te vois encore plus belle !

— Je participe a tes côtés avec joie à toutes ces procédures, mais il me vient quand même une question : pourquoi celle qui était à tes côtés et qui était elle aussi respectueuse de son corps, attentive à son alimentation et loin de tout excès, décède à 45 ans d’un cancer ? Comment est-ce possible ? Je me sens presque obligée de te provoquer en te demandant : ne serait-ce pas une bêtise ce capital santé ?

À suivre…

Une rivière de pâquerettes
Le caroubier tortueux

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