Depuis plusieurs années, je possède une montre digitale avec de nombreuses applications particulièrement pour les activités sportives ou la fréquence cardiaque.
Avec le temps, le bracelet de cette montre s’est cassé, c’est un bracelet spécifique de la marque Suunto que l’on ne trouve nulle part ailleurs. Renseignement pris sur le site, ce type de bracelet n’est plus fabriqué.
Consommation oblige d’un système qui ne respecte rien, si ce n’est fabriquer, vendre, jeter, fabriquer, vendre et jeter…cycle infernal qui éreinte la terre et maltraite des humains dont de nombreux enfants.
Après un certain nombre de subterfuges pour trouver une solution dont seule l’intelligence de ma charmante épouse est capable, rien à faire la montre peut juste rester posée sur une table de nuit, ou alors dans le fond d’une poche, ce n’est pas le plus pratique.
Cet incident m’amène à repenser à une montre aux couleurs de l’équipe des All Blacks, noire avec l’emblème de la plume. Laetitia, ma compagne de vie, me l’a offerte il y a maintenant plus de 10 ans. À cette époque, nous regardions la coupe du monde de rugby gagnée par la Nouvelle Zélande.
J’ouvre un tiroir et je retrouve celle-ci qui m’attend avec un air inutile, car bien entendu la pile qui permet son fonctionnement est vide depuis belle lurette quand au bracelet il est dans un état pitoyable.
Il suffit de se rendre dans une bijouterie pour trouver le nécessaire afin de lui redonner une deuxième vie. Le bijoutier est étonné par l’ancienneté de la tocante, il a encore le matériel pour lui rendre sa beauté et son énergie. Bracelet en cuir pour son élégance et pile neuve pour son utilité.
C’est à ce moment que je prends conscience d’un certain fonctionnement de mon cerveau.
Avant quand on me demandait l’heure, grande facilité, pas de réflexion nécessaire « il est 17 h 17 ». A présent, soit je donne une heure approximative, car l’aiguille des minutes se situe entre le 15 et le 20 et selon mon choix, mon humeur je dis il est « 17 h 15 ou 17 h 20 « soit je donne l’heure précise cela me demande en une fraction de seconde certes, mais cela me demande quand même une concentration et observation pour énoncer à mon amour « 17 h 17 « .
Je réalise comment avec des objets modernes qui peuvent paraître insignifiants, on fait moins fonctionner notre attention.
JAprès plusieurs essais, je peux faire comme je veux si je souhaite donner l’heure précise à la minute je suis obligé de forcer mon attention ce qui signifie que je fais fonctionner mon cerveau.
Je m’assieds et m’interpelle, cela fait déjà quelque temps que je trouve que nombreux de mes semblables se jettent dans la gueule du loup de ce modernisme qui nous prive du sens de l’effort, nous rend paresseux et nous coupe l’herbe sous les pieds pour faire fonctionner notre sens critique, notre attention et notre réflexion.
Je veux prendre en exemple la voiture, ce qui peut énerver un certain nombre de personnes qui me lisent, mais on n’est pas toujours là pour faire plaisir. D’autre part, je me suis toujours refusé à me faire enfermer dans le moule. Ce comportement me valut nombre de critiques et même d’être considéré comme faisant partie d’une secte de la part du maire de mon village. J’affirme que ce n’est pas toujours facile de faire le choix de vivre à contre sens des autres. Essayez donc de conduire à contre sens, personne ne va s’y engager, car l’accident est une évidence.
Nous voici au cœur de ce dont je veux parler : la sacro-sainte voiture. Tout d’abord des boutons pour baisser les fenêtres, puis les vitesses automatiques, certes c’est une facilité j’ai testé. Mais être obligé de passer les vitesses implique une écoute des régimes du moteur. Je fais donc fonctionner mon attention, mon écoute et donc mon cerveau.
Combien de personnes aujourd’hui, arrêtées à un stop, ont des difficultés à évaluer la distance et la vitesse de la voiture qui à la priorité, d’où un certain nombre d’accidents. Les insultes fusent, car l’automobiliste prioritaire est vexé que l’un de ses compères ait eu l’outrecuidance de lui passer sous le nez. S’ils étaient à l’arrêt, peut-être bien qu’un coup de poing sur le nez de l’irrespectueux se serait propulsé.
Aujourd’hui, je suis étonné devant les propos d’un vendeur de voitures de ma connaissance qui vante l’automatisme total de la voiture, plus rien à faire, elle reste sur la bonne voie, s’arrête d’elle-même, etc., le chauffeur ravi de ce genre de véhicule est heureux de pouvoir pendant son déplacement regarder une série Netflix. Que dire du paysage qui n’est pas observé, de l’architecture ignorée des maisons dans les bourgades traversées ? Est-ce que la voiture va détecter le chevreuil qui est prêt à bondir sur la route alors qu’il n’échappe pas à la vue de l’automobiliste vigilant ?
La conduite d’un véhicule demande attention, réflexion et fait fonctionner nos neurones et nos synapses.
Tout médecin fier de porter ce titre nous expliquera que le cerveau est un muscle et que tout l’intérêt est de le faire fonctionner. D’autres vous diront même de manger des oléagineux, car cela le maintient en forme.
Ayant connaissance de tout cela, je suis fier de ma montre qui m’impose la réflexion. Sur les entre faits je me rends compte que j’abandonne de plus en plus mon portable et je me sens d’autant mieux me protégeant de toutes les informations nocives ou encore de vidéos absurdes qui envahissent l’humain de peur ou le prive d’un temps précieux pour développer la curiosité qui l’enrichit.
Mais alors qu’en ait-il de cette intelligence artificielle, ne souhaitant pas être le dernier des Mohicans j’écoute des conférences de scientifiques tels Aurélien Barrau qui dit que le nom d’intelligence artificielle est une usurpation, car c’est juste un perroquet. Puis j’entends Philippe Guillemant qui tient les mêmes propos et parle à la limite d’intelligence algorithmique. Inventeur lui-même d’IA dans la fin des années 90, il prône d’utiliser cet ustensile avec parcimonie et dans l’une de ses conférences informes que ce n’est pas une intelligence, car derrière le système se trouvent des personnes qui vont utiliser cela pour manipuler l’ensemble de l’humanité. Il parle de dictature numérique. Pourquoi les humains sont-ils irrésistiblement attiré tel un aimant par un outil manipulateur qui élimine toute réflexion, analyse, esprit critique ? Serait-ce une certaine paresse ? Serait-ce une séduction, car lui-même ne sait plus s’émerveiller devant un cerisier en fleur qui va donner une abondance de fruits ? De toute façon, où est l’intelligence de ces machines ? Ressentent-elle des sentiments tels que l’extase devant un paysage ou une œuvre d’art ? Permet-elle une faculté d’adaptation qui amène à faire des choix ?
Je n’en dirais pas plus sur cet outil dont je me méfie et je terminerai par une réflexion de l’un de ces scientifiques : “avant une mise sur le marché d’une nouveauté technologique la seule et unique question que l’on devrait avoir qu’est-ce que cela apporte pour améliorer la qualité de vie des humains.”
Ce n’est pas L’IA qui vous fera apprécier un opéra, une pièce de théâtre, une valse de Vienne de Strauss.
Et si l’on mettait face à face l’IA et L’AI ?
Intelligence artificielle face à l’amour inconditionnel !!!
Qu’en pensez-vous ?
Lien pour écouter une interview de Philippe Guillement ayant pour thème » L’IA nous aide à descendre dans l’abîme !