L’irrespect envers l’environnement s’accélère. L’épuisement des ressources en eau avec entre autres les datacenters ou l’agriculture intensive. Certain pays d’Amérique du sud connaissent des pénuries d’eau Une réduction accélérée des terres agricoles et nourricières avec des constructions incessantes, encore les datacenter, mais aussi les autoroutes, les zones commerciales ou industrielles, la construction d’habitats modernes avec des matériaux énergétiquement nocifs, des aménagements de zones de loisirs, etc.. À cela s’ajoutent les nombreuses constructions de mines pour une spoliation des ressources naturelles.
Le peu de terres cultivables est asphyxié, car arrosé de multiples produits chimiques et bientôt l’arrivée des nouveaux OGM, les NGT. L’humain est un pollueur-pilleur.
Le dérèglement climatique s’accélère, c’est la planète qui se rebelle et insuffle à l’humain de retrouver la bienveillance qui est en lui.
Nombreux se demandent comment faire, et d’autres ont perdu espoir d’un changement possible.
Connaissez-vous Pierre Rabhi ?
Il est décédé en 2021, agriculteur, pionnier de l’agro-écologie, romancier, penseur. Il fut inspiré par le mouvement anthroposophique dont est issue l’agriculture biodynamique.
Son histoire est plus méconnue, il est né d’une famille musulmane dans le sud de l’Algérie. Sa mère décède alors qu’il a quatre ans, son père forgeron, musicien et poète le confie à l’âge de cinq ans à un couple de Français. Ce couple l’aidera à effectuer des études. Suite à la guerre d’Algérie en 1950, il quitte son pays natal et arrive à Paris où il travaille comme ouvrier. Jeune marié, il rêve avec son épouse de nature et d’agriculture. Suite à des rencontres, on leur conseille de s’installer en Ardèche où ils vont devenir paysans et ils se lancent dans l’élevage caprin.
Ils achètent une ferme dans la montagne, ce lieu les comble de silence, d’air pur et de mystère.
Il constate qu’au champ comme à l’usine, l’Homme est invité à accepter une forme d’asservissement, avec comme seule fin, faire tourner la machine économique.
Seul le choix de la modération de nos besoins et de nos désirs permet de rompre avec cet ordre appelé mondialisation.
Sa préoccupation est de remettre la nature au cœur de sa vie afin de retrouver légèreté, joie et saveur. La solution est la sobriété heureuse avec cette réflexion et sa philosophie, il nous guide en direction du chemin juste à emprunter qui redonne espoir.
Je vois bien qu’autour de moi c’est une expression qui fait sourire, sûrement mal comprise ou alors considérée comme une douce utopie.
Et pourtant tout ce qui se passe sur la planète nous démontre que nous n’avons pas d’autres choix que de changer nos habitudes, sauf si on est des adeptes de l’adage « après moi le déluge ».
La sobriété heureuse ce fut pour moi un long cheminement de compréhension et d’acceptation. C’est une modification de sa vie, mais le plus compliqué c’est que l’on se met à vivre à contre-courant, on sort du troupeau, par exemple en éliminant la compagnie de la télévision, en transformant le sens du confort.
Avec mon épouse, on s’est mis à renoncer au superflu et nous nous sommes rendu compte que l’on savourait mieux l’essentiel.
Certes, ces valeurs superflues et essentielles sont différentes d’un individu à l’autre, ce qui est important c’est déjà de s’interroger personnellement sur ses besoins réels.
Personne n’ignore que nous sommes dans un monde fini et de ce fait les ressources s’épuisent. ? N’est-il pas plus intelligent d’anticiper, plutôt que de jouer à l’autruche et d’attendre une réalité difficilement supportable, le manque avec les restrictions et de ce fait la perte de liberté.
J’affirme que moins de consommation ou une consommation réfléchie vont apporter plus de liberté, de liens et de joie. C’est une démarche qui transforme le quotidien en source de bonheur. Il faut aussi prendre conscience que l’acte d’achat va bien au-delà d’un échange d’argent pour un objet. Il ne faut point oublier que l’objet dont on fait l’acquisition est fabriqué grâce aux ressources issues de la terre avec fréquemment un taux de pollution du sol et de l’eau, une exploitation humaine, souvent des enfants qui travaillent dans des conditions où leur vie n’a guère de valeur. Il n’y a pas lieu de se culpabiliser, mais d’avoir conscience de ces états de fait, avec une once d’humanité cela doit limiter les achats compulsifs.

Depuis 10 ans, nous avons tout vendu ou donné, il nous reste deux vélos, deux sacs à dos et deux tentes, cela est complété par un fourgon aménagé, une caravane et depuis un an un terrain de 6000 m2.
Cette vie dans la simplicité, proche de la nature nous ravit et nous enrichit et ce que j’ai envie de partager c’est que nous n’avons aucun sentiment de privation. Bien au contraire, c’est la liberté, l’émerveillement qui l’emporte sur le besoin de l’avoir.
Pourquoi acquérir un terrain ? C’est encore possédé ! Deux raisons à cela : l’importance d’avoir un lieu où l’on remet la nature au centre de notre vie. Protéger une parcelle de terre dans cette société du béton, alors que dans le monde agricole on ne compte plus les tonnes de produits chimiques déversés. Créer un îlot d’émerveillement, de contemplation.

Pierre Rabhi disait : la terre nourrit les plantes, les plantes nourrissent les animaux et les humains, mais qui va nourrir la terre ?
Et bien, notre manière de nourir la terre c’est de s’en occuper, de l’aimer de la bichonner. C’est remettre en état un verger à l’abandon, entretenir des buissons, laisser l’herbe mûrir, soigner les arbres et la terre va nous nourrir
Il faut se réveiller et sortir de la croissance infinie, inaugurer une nouvelle éthique « la sobriété heureuse. «
Pierre Rabhi disait :
« La sobriété heureuse c’est renoncer au superflu pour mieux savourer l’essentiel. »
« Sobriété heureuse, vivre mieux avec moins. »
