Comment se peut-il que des hommes politiques ou des milliardaires transforment notre société avancée en un décombre ?
Que ce soit les conditions de travail qui conduisent les salariés à la dépression, au suicide ou adicte d’une drogue quelconque.
Que ce soit l’éducation nationale qui n’est plus que l’ombre d’elle-même, malgré les efforts que fournissent les enseignants.
Que ce soit les hôpitaux où les soignants et les médecins sont au bout du rouleau par un manque de moyen. Démoralisés, cela devient compliqué de soigner correctement, tout est à faire dans l’urgence.
Que ce soit tous les services publics qui étaient le fleuron du pays il y a encore peu et qui aujourd’hui en sont la honte.
Certains franchouillards vont stigmatiser les immigrés, pourtant ils ont participé par deux fois à la libération de la France (visitez le mémorial de Sigolsheim en Alsace et comptez le nombre de tombes musulmanes). Ils ont été les chevilles ouvrières de la modernisation du pays dans les 60/70. L’étroitesse d’esprit, le chauvinisme, la beaufitude rendent les nationalistes totalement amnésiques. Que dis-je, l’histoire est un répulsif puissant pour ses énergumènes.
D’autres s’en prendront aux chômeurs ou allocataires de quelques droits. Ces droits sont semblables aux miettes que le seigneur de l’époque féodale lançait au cul-de-jatte vautré dans un recoin alors que lui menait ripaille.
Pendant ce temps, certains que je ne daigne pas nommer, se prélassent dans des villas en bord de la mer, empruntent leur jet privé pour se rendre sur une île paradisiaque où l’on préfère ne pas savoir ce qui s’y passe. Ils ne renoncent pas à une croisière avec leur yacht où par hélicoptère, ils se font livrer un repas afin de se sustenter de caviar, foie gras, champagne, etc.
Les marionnettes politiques vont monter au créneau pour asséner au peuple qu’il ne travaille pas assez, leur dire que le moment est venu de se restreindre. Que la retraite et la protection sociale sont des luxes d’une autre période et qu’il est temps de mettre fin au syndicat. Ils insistent en faisant miroiter que vous bénéficiez tous de salaires ou de retraites mirobolantes, ainsi vous devez participer aux efforts de l’État et donc les impôts augmentent. S’il vous reste quelques pièces jaunes, une cagnotte pour reboiser la forêt de Fontainebleau est créée, le Diois, l’Aude, les Landes et autres régions monsieur le président ne les connaît pas, car loin du seuil de l’Élysée, elles sont.
Votre train de vie agréable, votre bonne santé, c’est une provocation pour ce multimilliardaire qui détient soit les médias ou un nombre incalculable de supermarchés dans lesquels vous dépensez vos derniers deniers. Lui chaque matin, il prend le risque de glisser sur son parquet ciré par une femme de ménage, si possible de couleur, pour la payer le moins possible ou peut-être subit-elle encore un droit de cuissage ?
Jean Ferrat ne se trompait lorsqu’en 1985 dans la chanson « la porte à droite » de son album « Je ne suis qu’un cri » disait :
« dois-je l’avouer ces propos me renversent
Quand je vais boire un verre au café du commerce
Parfois je crois voir sur du papier jauni
La photo de Pétain dans mon verre de Vichy.»
Comment des êtres humains qui a priori sont constitués comme moi : quelques millions de cellules, une circulation sanguine, un système digestif et un procédé d’élimination des déchets identique pour tous, peuvent adopter un tel mépris ? On sait que certains ont le cul bordé de nouilles, je n’ai encore jamais entendu parler de trou de balle en or, ou perlé de diamants.
Encore que, dans ce monde de fou, tout peut arriver.
Mais comment des humains peuvent-avoir une telle arrogance, une insolence, un dédain pour d’autres ? Voilà une question qui me torturait.
C’est à ce moment qu’avec ma tapette à mouches je me vois écraser l’un de ces diptères nommé moustiques avant qu’il me dévore pendant la nuit.
Je frappe sans aucun état d’âme !
Une courte hallucination et je vois ces milliardaires, ces dirigeants avec une tapette géante écraser sans aucun état d’âme, des ouvriers, des paysans, des écologistes, des gauchistes, cette population qui tente de voler leurs profits.
C’est violent pour ma petite tête, mais cela me parait évident. Ces énergumènes qui engrangent des millions d’euros sont sans états d’âme, ils assassinent, comme moi j’écrase avec satisfaction mon moustique.
Lui ne sucera pas mon sang, mais eux vont nous sucer et nous vider de toute énergie, voire de notre vie.
L’humain qui n’a plus d’états d’âme envers un autre humain, envers l’un de ces frères puisque nous sommes tous identiques dans le fonctionnement biologique, n’est plus un humain.
Certains disent que le monde de demain sera dirigé par des robots. Ne sont-ils pas déjà là ? Ne seraient-ils pas des robots, ces hommes sans cœur, ces brutes aux rires sadiques qui du haut de leur trône observent le développement du cancer ou d’autres maladies suite aux résidus de produits nocifs dans l’air, dans l’eau, dans l’alimentation ?
Alors je préfère rester humain, avoir des émotions, des scrupules, une intégrité.
Mon bonheur est dans l’émotion de ce rouge-gorge qui nous rend visite quotidiennement et dans notre sobriété de vie, de bienveillance de l’autre, de respect de la nature qui nous conduit à des états d’âme.


