Je ne veux pas créer de polémique suite à ce qui s’est passé dans les Landes et l’abandon du village de Porge au profit du Cap Ferret.
Les habitants déposent une plainte et je souhaite que la justice ne subisse pas trop de pression afin d’établir la vérité.
Quand le rouleau compresseur des milliardaires est conduit par le président de la République et son équipe de bras cassés, les ministres, escortés par un groupe de vautours (n’est-ce pas une insulte envers ce rapace nécrophage magnifique), les députés et sénateurs, plus rien n’est étonnant.
J’ai quand même suffoqué, ceci n’est pas dû aux fumées de l’incendie, car habitant à quelques milliers de kilomètres, je suis en sécurité.
– Mais alors l’ami de quoi te plains-tu et même de quoi te mêle-tu, car tu ne me feras pas croire que ce qui t’asphyxie c’est la beauté des villas du Cap Ferret. Qui n’en rêve pas ? Certains seraient prêt à trahir toute leur famille pour avoir une villa de moitié que celle existant sur cette presqu’île.
– Je ne me plains pas, je mesure une réalité qui me pique les yeux plus agressivement que la fumée émise par ces incendies.
– Mais de quoi parles-tu ? Tu m’agaces à la fin avec ta manière de tourner autour du pot.
– Vois-tu un mètre carré en ce lieu magnifique à une valeur de 15 500 euros.
– Mais tu t’alarmes pour rien mon vieux, c’est un prix ridicule en comparaison à d’autres lieux.
– Je le sais bien, malheureusement, je cite le cap Ferret, car il vient de faire la une. à Connais-tu l’Ille-sur-Têt dans les Pyrénées Orientales ?
—Euh…non !
— Voici ce que titrait france info:
“ C’est un feu hors normes “. Les pompiers, les habitants sont sidérés après le passage de l’incendie. Des milliers d’habitants évacués.
Et pourtant peu de gens sont informés car à proximité ne sont pas mis en danger des villas de milliardaires. Deux poids deux mesures.
C’est comme pour le mètre carré, mais avant de parler valeur, as-tu une idée de ce que représente un mètre carré ?
Réponse inaudible.
— Tu installes une chaise et tu as juste la place pour t’asseoir et étendre un peu tes jambes. Voilà ce que peut se payer un smicard en un an de travail avec ces 17 735 euros nets. Ces milliardaires en possèdent des centaines voire des milliers, je me demande ce qui justifie une telle valeur ?
Lorsqu’ils mangent, rotent et pètent, ils sont identiques à moi. Ou alors leurs vents sont tellement puants, comme leur comportement quand l’odeur est emportée par le vent, il est nécessaire d’avoir de grande distance avec le voisinage.
Impossible pour ces gens de vivre en cité, car un seul de leur pèt déclenche l’état d’urgence et ce sont des milliers de personnes qu’il faut évacuées.
– Tu dis tout cela, car tu es conduit par la jalousie. L’argent n’a pas d’odeur et chacun rêve d’en posséder plus que de besoin.
– Bien au contraire, dans ce monde de mépris, les milliardaires donnent à l’argent une odeur nauséabonde, car quand on a plus que besoin et que l’on tire les manettes du monde pour en avoir plus au détriment de la santé, voire de la vie, on commet des crimes. Tout perd du sens et surtout le bon sens disparaît, le respect de l’humain se volatilise, la simplicité est enterrée.
Qu’est-ce qui fait qu’un mètre carré puisse avoir tant de valeur alors qu’il ne produit rien ? Le site ? Le climat ? Le voisinage ? Et voilà que le prix des terrains flambe.
Une première notion est complètement perdue c’est que nous sommes des humains issus de la même énergie et comme dernier être vivant arrivant, nous sommes tout juste des invités.
Non seulement nous sommes incompétents et nous nous comportons comme des malotrus. Nous considérons la terre comme notre ennemi, nous la bétonnons, l’étouffant sous des kilomètres de réseau bitumé. Une poignée de terre contient jusqu’à 10 milliards d’êtres vivants soit davantage que le nombre total d’humains sur la planète. Certes, ils sont microscopiques, mais leur rôle est primordial et si cette terre est fertile, si les feuilles mortes des arbres dans les forêts se transforment en humus, c’est grâce à eux.
Les pelleteuses de leur force creusent, les bulldozers de leur puissance poussent, des machines monstrueuses sondent et pour extraire les minerais des enfants sont utilisés sans plus de respect que ces machines qui triturent la terre. Une majorité de l’humanité à perdu la conscience que si nous existons c’est grâce au travail de cette multitude de vie depuis des milliards d’années. Sans cela nous serions rien, d’ailleurs nous ne sommes pas grand-chose.
Que sommes-nous devant le feu ?
Que sommes-nous devant un raz de marée ?
Que sommes-nous devant l’éboulement de rocher d’une montagne ?
Que sommes-nous devant la force des inondations ?
Que sommes-nous face à la puissance de l’orage, de la foudre ou des grêlons ?
Que sommes-nous devant la grâce d’une fleur qui est comestible ?
Mais nous nous octroyons le droit de donner une valeur à cette terre qui nous accueille et en abondance nous offre nourriture, bois, pierre, matière précieuse, etc.
La valeur d’un mètre carré de terre est définie selon des principes économiques, mais si l’on réfléchit plus loin que le bout de son nez, le mètre carré qui a de la valeur c’est celui qui me donne des pommes de terre, des tomates, des haricots ou des oignons. Le mètre carré quand il nourrit des êtres humains, là il a de la valeur. L’Homme avec sa prétention, son intelligence, met les valeurs dans l’avoir, la prestance, le tape à l’œil, le fictif, la destruction de la vie que tout cela provoque a une valeur de zéro.
La valeur d’un mètre carré de terre peut aussi être dans l’achat d’un terrain dont on ne va rien faire, enfin je me trompe, un terrain où l’on va laisser la nature libre et s’épanouir. Pas la moindre trace de béton, de pavé, de produits chimiques peut-être juste une petite touche pour aider à un équilibre.
L’humain avec son argent pense pouvoir tout acheter. Explique-moi comment tu vas acheter le vent, la rosée, le chant du torrent dans la montagne.
Comment vas-tu acheter les paréidolies que t’offrent des roches, le vol du vautour, la danse des papillons ? Avec leurs couleurs, ils enflamment pacifiquement la moindre parcelle d’herbe.
Humain donne une valeur à tout cela !
La valeur juste est de vivre dans la sobriété. De renoncer à un certain modernisme ou confort qui n’a pas de sens. Et si le but de la vie c’était de ne pas se faciliter les choses ? D’avoir encore la joie de la satisfaction personnelle après un effort ?
Renoncer aux biens matériels et se consacrer à la nature ne serait-il pas là le véritable luxe ?
Ne serait-ce pas à ce moment que le mètre carré protégé, valorisé dans le respect, prend toute sa valeur ?
Devant la folie des projets de constructions gigantesques, autoroute, usine de saumon, mine d’uranium, grand canal Paris mer du Nord, datacenter, etc, n’aurions nous pas une responsabilité ? Que chacun protège de ce désastre ne serait-ce qu’un petit mètre carré. Mieux vaut cela que rien, non ?
A suivre…