Ce fameux mètre carré revient dans la discussion quand une personne achète une maison.
Quelle surface à ton appartement ?
Combien l’as-tu payé ?
Pour celui qui est fort en calcul mental très vite, cela se conclut sur le prix du mètre carré.
Je ne peux avoir qu’une déduction, il est toujours trop cher. Pourquoi ?
Soit, l’on parle de quartier chic et nous sommes sur des prix exubérants, qui perdent sens. Ces prix existent dans le seul but que cette classe qui se croit supérieure puisse vivre en vase clos.
Soit l’on est sur des quartiers de classe moyenne ou les gens disent ça va je m’en sors bien, c’est un coin sympathique et calme. Mais les voici prisonniers pour le restant de leur vie des banques, des lois anti-sociale ou liberticide, car plus question de faire grève, de manifester, le salaire mensuel doit impérativement arriver. L’individu perd sa liberté qu’il a cru conquérir en devenant propriétaire. La crainte du licenciement, l’obligation de rembourser le crédit, rend l’Homme sage comme le mouton.
Enfin, qui ne rêve pas à l’accession à la propriété, n’est-ce pas une sensation de réussite ? Alors sont proposés des appartements ou maisons au prix du mètre carré attractif qui permet à des petites gens de devenir propriétaires avec joie. Atteindre ce rêve n’est qu’une grosse arnaque, car les malfaçons très vite apparaissent. Certes, il y a les garanties, mais de ce côté-là il y a toujours des nota bene qui n’ont pas été lus par l’acquéreur, ou alors c’est un problème d’artisans non disponible pour réparer. La malfaçon traine et s’aggrave, comme les gens se sont saignés jusqu’à l’os pour acheter pas question d’aller en justice.
J’ai l’exemple dans ma propre famille.
Ceux que l’on retrouve dans les villas en bord de mer ou sur des iles paradisiaques, dans de somptueux chalets en montagne et de gigantesques appartements dans les plus beaux quartiers des villes ce sont eux qui jouent sur le prix du mètre carré et mettent le gibet aux personnes des classes subalterne.
À ce moment je me pose une question, celle de la décence, ce mot d’ailleurs a-t-il encore un sens dans notre société ?
Les capitalistes milliardaires, les politiques voyous connaissent-ils encore l’existence d’un vocabulaire tels que bienveillance, compassion, intégrité ?
Comment peut-on se prélasser dans des villas de plusieurs milliards alors que dans le même instant rien que dans l’hexagone des enfants, des femmes, des hommes vivent dans des appartements bruyants et non isolés, sous des tentes ou dans leur voiture ?
Où est la décence quand on vit dans une telle opulence et que des personnes âgées dans les maisons de retraite vivent parfois à deux dans une pièce de quelques mètres carrés. Des malades dans les hôpitaux dorment dans les couloirs et ne reçoivent pas les soins adéquats par manque de personnel.
Ces ignominies sont défendues par les différents ministres qui vont nous expliquer qu’il est nécessaire de mener une politique de restriction des budgets.
Peut-être, il aurait été juste que le Cap Ferret brûle et que le village du Porge soit épargné.
Mais nous sommes dans un monde très étrange, nombreux comme nous vivent dans la nature aux rythmes des saisons de manière sobre et heureuse, on nous considère sauvages alors que nous protégeons la vie. A contrario, ceux qui vivent dans des châteaux des temps modernes et détruisent la biodiversité sont considérés comme civilisés.
Nous faisons la part du colibri en préservant quelques milliers de mètres carrés, en laissant les plantes s’épanouir, en donnant la chance à d’autres qui sont exterminés de retrouver leurs places. En gérant l’avancée de buisson afin que la fauvette, la mésange, le rouge-gorge et autres se sentent en sécurité. Que le geai ou la pie ibérique nous organisent un concert et que dire du bonheur du lézard, des geckos, des araignées et des fourmis.
Au fait, quelle valeur à ce mètre carré de terre ou toute cette vie est respectée ?
Quelle est la valeur d’une vision globale, l’humain, la faune, la flore, car les uns sans les autres que sommes-nous ?
Agissez, protéger la terre du béton ou de tous produits chimiques même si ce n’est que ce mètre carré tant malmené. Vous croyez que c’est inutile. Que nenni ! Nous sommes des centaines, des milliers, des millions à œuvrer et nous serons le petit caillou dans la godasse qui fait dérailler l’énorme machine du mépris.
Gandhi le disait mieux que moi.
« Quand je désespère, je me souviens que tout au long de l’histoire, la voix de la vérité et de l’amour a toujours triomphé ; il y a eu dans ce monde des tyrans et des assassins et pendant un moment ils peuvent sembler invincibles, mais à la fin ils tombent toujours »
Mahatma Gandhi.


