Quatrième et fin de tête à tête générationnel
— Vois-tu, il y avait un philosophe paysan qui est décédé, Pierre Rabhi, il parlait d’une sobriété heureuse. La sagesse quand on se rend compte que tout va de mal en pis c’est de modifier sa trajectoire. Refuser cette évidence c’est se diriger vers de gros problèmes d’approvisionnement surtout pour les gens des villes.
À suivre
Il faut que tu saches et c’est une information qui devrait-être prioritaire dans les médias pour amener la population à réfléchir. Tous les habitants de la France, avec leurs modes de vie, ont consommé le 24 avril ce que la planète peut nous donner en un an. L’Espagne qui adopte un modèle de vie plus économique y arrivera le 4 juin. Si on inclut dans ce calcul tous les pays du monde, ce sont les pays pauvres qui permettent de ramener cette date vers le 20 juillet.
Mais dans tous les cas, notre amnésie et notre prétention d’être surpuissants, dominateurs de tous les éléments nous font oublier que nous sommes sur une planète finie et que nous vivons comme si les ressources de notre belle terre étaient inépuisables. Combien de temps cela peut durer ?
L’amnésie écologique a conduit à l’incompréhension de la vie, les cycles du respect ont été anéantis. Le maintien de la biodiversité n’est bientôt qu’un vieux souvenir. Tout va être uniformisé, quand je pense que je ne voulais pas aller au service militaire, car l’uniforme m’embêtait et je n’étais pas tout seul. L’uniformisation des goûts, des parfums, des modes c’est bien factuel et c’est bien pire qu’une année d’armée.
— Tu ne voulais pas faire ton service militaire? Moi j’ai de la chance je ne vais pas y aller et de toute façon je ne veux jamais faire la guerre, je ne veux pas tuer des gens comme moi qui n’ont rien fait.
— Je ne peux que te soutenir dans ta réflexion et voici une citation d’un écrivain français qui a tout son sens surtout en cette période de folie de certains dirigeants. Paul Valéry, mort en 1945, disait ceci : la guerre, un massacre de gens qui ne se connaissent pas au profit de gens qui se connaissent et ne se massacre pas.
— Mais alors pourquoi continue-t-on à faire des guerres ?
— Car les humains sont imbus d’eux-mêmes, particulièrement les dirigeants, les milliardaires, ils ne respectent pas la vie d’autrui et encore moins celle de la nature. Ils sont responsables des guerres, mais aussi de violences terribles et moins visibles, la faim dans le monde. Pour moi les humains sont des pollueurs pilleurs ils torturent la nature et elle reste généreuse avec nous en fruits sauvages telles que les myrtilles, les fraises des bois, les mûres, les framboises…
— Mais tu te trompes, à la télé j’ai entendu parler de pollueur-payeur.
— Certes c’est ce dont on parle, mais on est loin du reflet de la réalité. Au même moment où nous discutons en écoutant l’agréable chant de la huppe on apprend que dans les Vosges l’entreprise Nestlé, à enterrer l’équivalent de 140 piscines olympiques de déchets, proche de ces société d’embouteillage de Vittel et Contrexéville, avec des quantités inquiétantes de microplastiques qui se décomposent. Le groupe tarde à concrétiser ses promesses d’assainissement du terrain, alors pollueur oui! payeur, je ne crois pas. L’argent ne suffira pas pour réparer cette pollution et ces conséquences. Je repose la question, est-ce cela le modernisme ? Que fait donc l’IA dans de telles situations et combien de personnes sont malades face à cette pollution ? Au sujet de l’IA que de très nombreux humains utilisent comme une technique miraculeuse, elle a consommé en 2025 autant d’eau que toute l’industrie de l’eau en bouteille et pendant ce temps dans certains pays des gens sont privés d’eau potable. Il est temps que chaque humain se pose la question du modernisme.
— Papy tu me fais peur avec tes histoires.
— Vois-tu mon garçon, tu ne dois pas avoir peur car l’amour est toujours plus fort que la peur. Tout le monde, en dehors de quelques fous, est d’accord pour dire que la terre est une planète magnifique, ce qui est vrai, mais peu de monde l’aime.
— Mais je ne sais pas comment faire ?
— Donner de l’amour, c’est avoir du respect, de la bienveillance envers la terre. C’est aussi savoir dire merci chaque fois que tu récoltes des fruits, des légumes, etc. L’humain dans ce monde moderne ne donne rien, au contraire, il prend, il vole, il oppresse en créant des mines, des forages, en épandant des tonnes de produits chimiques toujours plus puissants et lâchant dans l’atmosphère des tonnes de produits irrespirables et on s’étonne de ce qui se passe : la transformation d’une terre luxuriante en désert.
— Papy je comprends mieux pourquoi tu parles de pollueur-payeur, mais je suis découragé qu’allons nous devenir ?
— Dans la vie, on doit toujours garder de l’espoir, toi avec des milliers, des millions d’autres jeunes vous pouvez changer les choses. Vous êtes l’espoir car vous savez et de ce fait vous pouvez transformer l’avenir en vous posant cette question : qu’est-ce que je donne à la nature en retour? Ne jamais oublier que les petits gestes peuvent parfois avoir des répercussions insoupçonnées, c’est ce que l’on nomme l’effet domino.
— Je ne comprends pas ce que les dominos viennent faire dans notre histoire.
— Tu t’es déjà amusé à mettre des dominos debout et quand tu as terminé tu fais tomber le premier et c’est toute la file ou la pyramide qui s’effondre.
— Oui bien évidemment.
— Dans la vie c’est pareil ton petit geste va agir sauf que tu ne le vois pas tout de suite à l’inverse des dominos. Alors c’est pour cela que la première des choses est de respecter la vie, celle qui nous entoure, nous en soucier, être plein de bienveillance, d’admiration, de contemplation et d’émerveillement.
— Tu aimes ta maman à ce que je sache, ton papa ou encore ton frère, tu ne veux pas le faire de mal ?
— Bien sûr que non et même toi papy je t’aime même si je ne te comprends pas toujours.
Le vieux pour éviter le sanglot, rit en passant sa main dans les cheveux du gamin.
— Vois-tu, l’amour doit nous mener sans effort au respect et à cette philosophie de sobriété heureuse. Vivre dans la simplicité, abandonner la surconsommation, le déplacement inutile, c’est non seulement protéger cette merveilleuse vie de la nature qui nous nourrit depuis des millions d’années, mais aussi protéger des vies humaines d’enfants esclaves modernes de ce système abject. Dans la nature, il est un être dont on ne peut se priver.
— Un être ? Tu veux parler des lutins ou des fées ?
— Tu y serais presque, car si les lutins ou les fées ont des dons incroyables, celui dont je veux te parler à lui des dons exceptionnels. Sans lui toute la nature se déséquilibre, cela fait environ 380 millions d’années qu’il est sur terre : c’est l’arbre.
— Ce n’est pas un être vivant ?
— Détrompe-toi, mais je t’en parlerais une autre fois, car leurs histoires sont passionnantes et j’en aurais encore pour longtemps, il nous faut rentrer la fraîcheur se fait sentir, car le jour décline, retiens bien ceci :
L’arbre nous protège des sécheresses, des érosions, des éboulements, des avalanches et des inondations. Son rôle est primordial c’est la raison pour laquelle il communique avec la flore et la faune, il nous comprend quand on à de la douceur pour lui.
Pour obtenir de belles plantes et de beaux arbres, il faut les aimer. Ce n’est pas seulement la qualité de la terre ou des engrais qui les font bien pousser, mais c’est tout l’amour qu’on leur porte qui les rend beaux, prospères et vigoureux, aime la nature, elle te le rendra par l’abondance !
Réfute l’amnésie écologique, n’oublie pas, rien n’est plus beau que la vie, tout le monde est d’accord sur ce sujet sauf les fous. C’est la terre et les arbres qui nous donnent la vie et nous passons notre temps à les détruire.
L’enfant se lève, prend son grand-père par la main et se dirige vers un jeune amandier pour lui faire sa déclaration d’amour. En y regardant bien, le jeune arbre a frémi au son de la voix de l’enfant. Certains diront c’est le vent oui, mais…