Mutisme face à l’horreur




Nous vivons la violence au quotidien de loin ou de proche, les guerres se multiplient, un esclavagisme moderne s’installe dans tous les pays, le mépris de la femme en Afghanistan est épouvantable, les mots sont inénarrables pour parler du génocide à Gaza et encore tant d’autres horreurs.

À cela s’ajoute l’hypocrisie, le manque de courage des hommes politiques qui pour des intérêts financiers, refusent de dénoncer assassinat, massacre, extermination de peuples mené par d’autres pays.

Il y a encore peu de temps, lors de la guerre du Kosovo, certains responsables ont été arrêtés et jugés devant la cour internationale de justice de La Haye. En ce XXI ème siècle, les dirigeants ont perdu toute valeur humaine.

Ce qui personnellement me fait frissonner le plus c’est que les mêmes personnages, sans appréhension, organisent ou participent à des commémorations en disant que nous devons tirer des leçons de l’histoire.

Mais avant de vous partager les mots d’un homme : Elie Wiesel, qui m’ont profondément touché, voici en résumé de son histoire.

Elie Wiesel est né en Roumanie de confession juive. Ses journées sont douces entre la chaleur d’une famille aimante et l’étude de textes religieux, jusqu’au jour où les nazis arrivent. Lui et sa famille furent entassés dans des wagons à bestiaux et déportés vers les camps de la mort. À leur arrivée, la main d’un garde envoya sa mère et sa sœur vers la gauche, il ne les revit plus jamais. Il est devenu un numéro tatoué sur sa peau. Il observa son père dépérir lentement et finalement mourir sur la couchette à côté de lui.

Elie écrira plus tard : je n’ai pas pleuré, et cela me faisait souffrir de ne pas pouvoir pleurer. Mais je n’avais plus de larmes.

Lorsque la guerre prit fin, Elie resta silencieux et garda enfermées dans son cœur les horreurs qu’il avait connues.

François Mauriac perçut la douleur dans ses yeux et lui dit qu’il avait un devoir moral de parler pour tous ceux réduits au silence dans les cendres.

Le résultat en fut un livre : La Nuit, publié aux éditions de Minuit.

En 1986, il reçut le prix Nobel de la paix, voici les mots de ce discours :

« J’ai juré de ne jamais me taire chaque fois et partout où des êtres humains endurent la souffrance et l’humiliation. Nous devons toujours prendre parti. La neutralité aide l’oppresseur, jamais la victime. Le silence encourage le bourreau, jamais le tourmenté. « .

Ces mots devraient faire vibrer tous les édifices de la république, mais ne voilà-t-il pas qu’ils se taisent face à la violence terrible, indicible du Moyen-Orient ou de l’esclavagisme des enfants au Congo. Pire encore, ils laissent un état génocidaire participer à une fête culturelle, l’eurovision.

C’est la honte pour le pays des droits de l’Homme. Alors je parle avec mes moyens en diffusant ces mots sur mon blog en espérant qu’ils toucheront vos cœurs.

Je terminerais par les paroles d’une chanson de Jacques Brel, Le diable, sortie en 1954. À écouter ou réécouter attentivement.

« On traite les braves de fous

Et les poètes de nigauds

Mais dans les journaux de partout

Tous les salauds ont leur photo

Ça fait mal aux honnêtes gens

Et rire les malhonnêtes gens

Ça va, ça va, ça va, ça va. »

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