Edgar Morin, 104 ans, vient de décéder. Ce n’est pas un scoop, tous les médias et les réseaux sociaux en parlent. Sociologue et agitateur d’idées, résistant au nazisme, communiste de guerre, dissident du stalinisme, sociologue du temps présent et prophète des temps futurs.
Quel que soit l’âge, déranger, dire la vérité, ce n’est pas facile. C’est ce chemin de la résistance qu’il a choisie tout au long de son existence tout en étant d’obédience juive, il a dénoncé le génocide de Gaza.
Il disait « je ne suis pas de ceux qui ont une carrière, mais de ceux qui ont une vie. »
Ce grand homme mérite bien ce petit éloge qui n’est pas en relation direct avec ma réflexion. Quoi que ? C’est vous qui en déciderez à la fin de mon article. Dans mon entourage j’entends bon nombre de personnes qui disent c’est exceptionnel, 104 ans et pas malade, quelle chance et si seulement je pouvais finir comme ça.
Avec celle qui m’accompagne au quotidien, nous aimons échanger nos avis, parfois nous pousser dans les retranchements, ou encore jouer à l’avocat du diable. Donc lors de l’un de nos échanges me vient à l’idée : est-ce que nous, femmes, hommes, jeunes, moins jeunes, humains de toute religion ou culture, n’avons-nous pas transformé ce qui devrait être normal en exceptionnel et ce qui devrait être exceptionnel en normal ?
Mourir à plus de 90 ans de ce que l’on nomme la belle mort, le cœur est fatigué, le corps physique est abandonné, car l’âme a fait son travail et part pour une nouvelle aventure ; N’est-ce pas cela la normalité ? Et pourtant c’est de plus en plus exceptionnel.
Toutes ces maladies, que personne n’ignore et rien ne sert de citer leur interminable liste, n’abrègent-elles pas la vie trop tôt ? Qui plus est dans de grandes souffrances pour le malade et la famille. N’est-ce pas cela qui devrait-être exceptionnel ? Et pourtant c’est quotidien, on s’y fait, c’est normal.
Est-ce normal dans une société où la médecine est capable de réaliser des soins incroyables dans certains domaines, elle se retrouve dépourvue dans d’autres ?
La maladie s’est tellement invitée comme résident inévitable dans nos vies que le décès d’enfants, ou de parents avant d’être atteint par l’usure du temps de vie est devenu normal.
Combien de fois ai-je entendu « et bien oui c’est comme ça, c’est malheureux, mais on n’y peut rien ! « .
Et voilà l’exceptionnel transformé en normalité.
Et pour d’autres qui s’éteignent sereinement après 90 ans de vie riche et palpitante, on s’exclame : quelle chance, c’est exceptionnel.
Nous sommes démunis face à ces maladies. La question qui me vient ; comment peut-on faire ? Certains répondront, c’est comme ça, c’est la vie !
Justement, et les si l’existence pouvait être différente puisque certain nous montre que c’est possible.
Est-ce que cela vient d’une qualité de vie ? D’une certaine prévention par l’alimentation ? Sans critiquer la médecine, mais ne devrait-elle pas être plutôt préventive que curative ?
N’y aurait-il pas une autre solution, un certain sage tel Hippocrate ne nous donnait-il pas la direction en disant :
L’homme doit harmoniser l’esprit et le corps, la marche est le meilleur remède pour l’humain.
La santé ne vient pas toujours de la médecine. Très souvent, elle est due à la paix de l’esprit, du cœur, et de l’âme. La santé vient du rire, de la légèreté et de l’amour.
C’est la nature qui guérit le malade.
Quand on pense que ces conseils ont plus de 2000 ans !
Cela me rappelle une anecdote personnelle. Enfant en hiver j’avais un rhume, voire même un état grippal, je devais ingurgiter une tisane au goût d’herbe, faire des inhalations de synthol et après cela par un beau soleil et un bon moins dix degrés, mon père m’emmenait pour une marche dans la nature en me disant « rien de tel pour guérir « .
Il n’est pas question pour moi d’aller me prélasser dans le bon vieux temps, mais peut-être de s’interroger ; qu’avant nous fait du bon sens ?
Concernant Edgar Morin, on ne peut pas dire qu’il a eu une vie facile et pourtant ? Était-ce tout simplement son regard et son espoir qui l’ont porté ?
Alors je me suis replongé dans l’un des écrits de cet illustre homme, un dialogue entre Stéphane Hessel et Edgar Morin, ce dernier dit ceci : « Nous avons su garder nos aspirations d’adolescent, nous sommes animés par le souci permanent du destin de l’humanité. Ce souci du destin humain est resté le mien toute ma vie. «
Et il complétait : « Il y a moins de désordre dans la nature que dans l’humanité. «
Cette nature ne serait-elle pas la source d’un vieillissement heureux ?
