L’amitié, d’un rouge-gorge,
Pour se loger,
il préfère l’originalité
au luxe des beaux quartiers
ce n’est pas un passionné
d’acrobaties aériennes
préférant sautiller au sol.
À partir d’une certaine hauteur
le vertige le surprend
ce qui ne surprend pas
le rapace pris par la fringale.
L’entrelacs d’un arbuste
son lieu de villégiature
le sauve du gourmand
qui rêvait de cet apéritif.
Un rival dans mon buisson
là, juste à deux ailes
jamais tranquille, se dit-il.
Cela le rend rouge de colère
sa gorge en feu se gonfle
évitant la rixe,
l’imprudent tourne les talons.
Les humains que nous sommes
sans bruit et gestes brusques
contemplons son plumage
aussi beau que son ramage
dans son bec point de fromage
nos flatteries sont très sages.
Le volatile se montre hardi
notre ami, devient.
S’approchant de plus en plus
tourne sa tête
dans tous les sens
ses yeux ronds nous regardent
il nous chante,
merci ! merci ! merci !
Vous avez créé
un paysage sauvage
de cette friche invivable
de vos miettes, je festoie.
On lui parle et de temps à autre
il nous fait une rapide courbette.
Nous sommes inquiets,
quand, le matin
il ne pointe pas
le bout de son bec.
Pour lui, le temps n’existe pas
jamais pressé, il virevolte,
s’approche, s’éloigne
saute de branche en branche
disparaît et revient
encore plus vite
il s’amuse de notre présence.
Pas de souci pour demain
pas de regret d’hier
pour lui ici et maintenant,
c’est la joie !



