Il était une fois, dans les montagnes Vosgiennes, un animal étrange portant le nom de darou ou dahu, il avait deux pattes gauche plus courtes que celles de droite. Cela lui permettait de tenir en équilibre sur les pentes raides et de marcher facilement à flancs de montagne, l’inconvénient, il était obligé de se déplacer toujours dans la même direction. Impossible pour lui de faire demi-tour!
Fort en colère de sa situation et sûrement puni par une sorcière, il affolait les enfants par des cris terribles pour se venger de cet handicap.
Il était maintenant, en ce XXIème siècle, un lever de soleil sur la plaine d’Alsace qui nous envoûte.
Des sommets se découpent alors que l’horizon est en feu, des nuages sombres tentent de voiler l’effervescence du moment.

Mais que se passe-t-il ? Le malin se serait-il infiltré sur cette photo? Il tente de nous effrayer avec ces deux yeux qui ri sournoisement au milieu d’un visage d’ange.

Mais nous ne sommes pas des pleutres et maintenant le soleil a retrouvé sa place dans un ciel azur qu’il illumine.
Nous profitons de la douceur de l’air, car l’air de rien nous sommes à 1000 mètres d’altitude et les rayons du soleil sont féeriques.

La forme de certains arbres devrait nous alerter des phénomènes paranormaux qui se passent dans ce milieu.

Nous voici à la tourbière du Devin. Le devin, celui qui sait lire dans les pensées grâce à des dons occultes, la splendeur du cirque de cet ancien lac glaciaire nous subjuguent et nous perdons toute précaution.

La forêt légèrement sombre où les sapins droits comme des i se dressent au milieu d’un tapis de mousse, tout cela est favorable à la vie des nains ou lutins. L’arche des racines de cet arbre ! Cela ne fait pas l’ombre d’un doute, c’est l’entrée du monde féerique !


Point d’erreur de notre part, voici leur lieu de palabres, à notre arrivée ils ont dû se sauver et dans la précipitation l’un deux a cassé son dossier.

Fripounet et Marisette nous rassurent.

– Arrête-toi auteur « tu nous parle d’un temps que les moins de 40 ans ne connaissent pas » .
– Arrêter ?! Comment peut-on ! Alors que nous sommes téléportés dans une époque où les forêts étaient hantées. Pour preuve, qui d’autres qu’un géant ou un être original accrocherait son pot au lait en hauteur dans un arbre ?

Ou alors une sorcière sur son balai ?
Une voix rauque se fait entendre, nous sursautons.
– Ho, ho ! Que faites-vous là, espèce de malandrins ?!
Personne autour de nous, qu’est-ce ? Une hallucination auditive ?!
– Ha, ha, ha ! Vous cherchez, regardez bien, je suis là tout prêt.
– Stupéfaction ! Un arbre s’adresse à nous,

– Ne soyez pas craintif ou inquiet, je vois tout, je sais tout, mais si ma pensée va plus vite que le vent pour parler avec mes amis de la forêt, je suis bien statique. Je suis la chandelle animée, l’un des gardiens de cette forêt enchantée où tout peut arriver selon ma volonté, je n’en dirai pas plus.
Nous n’en revenons pas, son sourire est à nouveau figé et son regard est absent, pourtant il nous a bien parlé.
Invoquons la dame blanche qui vivait, parait-il, dans un somptueux château dans le fond du lac Blanc tout proche, c’était une fée bienveillante et protectrice.
Mais comment faire ?
Donnons nous la main, fermons les yeux et pensons très fort a une très belle fée qui du bout de sa baguette magique nous enveloppe d’étoiles protectrices.
Rouvrons les yeux, ceux-ci s’écarquillent, l’arbre a disparu et c’est un ours qui nous fait face, son regard est attiré par une étoile filante lancée par la dame blanche, profitons-en pour nous retirer en silence.

Mais d’où provient ce tak, tak, tak et ce tsilip, comme un grincement métallique. Encore un arbre qui nous joue un tour ? Chut regarde, c’est le grand tétras qui se prépare pour sa parade nuptiale. Ne le dérangeons pas.

Après ses émotions, un sourire et une pause avec un champignon hallucinogène, rien de tel pour poursuivre notre chemin.

– Sauvons nous! ce sanglier vise le champignon pour s’en régaler.

– Ouf ! La vie me parait plus paisible ici, des poules caquettent, parmi cette faune elles sont inconscientes ou protégées par quelques êtres bizarres.

– Tu l’avais bien dit voici la hutte des nains, éloignons nous avec prudence un sort peut nous guetter.
– Mais non cette cabane est charmante avec ces petites fenêtres aux volets bleu et balconnière rouge, je suis curieuse je vais me signaler, crois-tu qu’ils me feront visiter ?

– Hum hum
– Toc, toc, toc, il n’y a personne, je tire la chevillette et la bobinette cherra, mais c’est coquet et propret j’aimerais visiter, dommage que je sois si grande qui pourrait m’envoyer un sort afin que je rapetisse.

– Ne dis donc point de sottise et vois qui nous surveille dans cet arbre. Des diablotins. Occupés avec leur furet, ils ne nous ont pas vus.

Mais où es-tu ? Ma parole, tu es toi aussi ensorcelée ! N’as-tu rien de plus intelligent à faire que de jouer à cache-cache avec du goupil. Sais-tu qu’il n’y a pas plus rusé que lui ?

Heureusement, le brame proche interrompt ce jeu absurde, à son cri rauque tout le monde est pétrifié.

Salut le gardien du lieu, tu t’es grimé, mais nous te reconnaissons et malgré quelques peurs, sache que nous nous sommes bien amusés.

Son sourire dégage une forte sympathie et avec le murmure du vent il nous susurre :
Vous voyez les êtres de la forêt, nous ne sommes pas bien méchant un peu taquin. Mais n’oubliez pas de nous respecter quand vous venez flâner. Une grande famille nous formons et quand vous respirer nos énergies, votre sérénité vous retrouver.