Portugal à vélo : derniers tour de roues, l’Algarve

Afin de profiter du lever de sa majesté le roi soleil, il faut être matinal. A l’horizon, les changements de couleurs sont extraordinaires et dans ce moment d’émerveillement les mots sont inutiles.

La route est vallonnée et s’élève de bosse en bosse. Après le vignoble et les vergers nous retrouvons les grands espaces d’élevage.

De retour dans la montagne, il y a régulièrement  des fontaines bien rénovées, nous profitons d’une eau presque fraîche.

Dès le matin, la chaleur est très présente, nous allons avoir une journée caniculaire. Nous filons sur Mertola et un panneau de bienvenue nous annonce une ville fort intéressante.

Nous passons de mignons villages blancs, longeons un barrage avec une belle plage, traversons pâtures et forêts d’eucalyptus. La route dont le revêtement est très mauvais ressemble à des montagnes russes. Nous amorçons une grande descente quand sur la gauche un panneau nous indique un point de vue. Nous empruntons cette piste sur une distance de plus de deux kilomètres et nous dominons la ville de Mertola, son château

et le fleuve Guadianna.

Les efforts fournis sur cette piste en mauvais état sont récompensé, maintenant il ne reste plus qu’à la parcourir dans le sens inverse.

La ville de Mertola est très animée, beaucoup de touristes par contre pour ce ravitailler que des mini supérette dans le centre. Nous allons au « mercado » et là nous vous conseillons de prendre l’allée de droite, car la commerçante vend d’exquises olives et des pâtisseries maison, un régal😋. Et en plus elle parle français et anglais.

La chaleur augmente et nous n’avons pas le temps de visiter cette ville qui fut romaine, capitale d’un royaume arabe, premier siège de l’ordre de St Jacques et posséda le port le plus au nord sur le Guadianna pour transporter des minerais. Il nous faudra y revenir pour prendre le temps de la visite de ce musée vivant.

Notre ravitaillement effectué, nous empruntons la nationale 122 en direction d’Alcoutim. Après le passage sur le fleuve, une montée nous attend avec des raidillons à 7%, là n’est pas vraiment le problème, mais il y a une forte circulation et il est midi donc il fait très chaud. Nous sommes à 38 kilomètres d’Alcoutim après 7 kilomètres nous abandonnons cette route bien trop dangereuse. Un très mauvais revêtement et ce ne sont plus des automobilistes qui nous doublent, mais des chauffards.

Laetitia a repéré une petite route qui va raccourcir notre itinéraire, mais nous permettre d’éviter cette dangereuse nationale .

Il fait vraiment très chaud et au premier village nous posons pied à terre. Des maisons fermées un petit jardinet, un banc cela va faire l’affaire pour notre dîner et la pause sieste de l’après-midi.

Il nous faut pas grand chose pour nous satisfaire et qu’est-ce qu’elle dort bien!!!

Impossible de rouler avant 17h30 car le thermomètre dépasse largement les 40° C en plein soleil.

Nous repartons et nous suivons la route du pain

nous sommes entourés de champ de céréales qui furent moissonnés il y a un bon mois et la couleur ambiante est le jaune paille.

Après une belle descente rafraîchissante à plus de 40 km/h nous franchissons un pont.

Ici en hiver il y a une rivière avec un flux impétueux dans lesquels saute la truite vagabonde, en été cela devient une ravine asséché, désertifiée qui pourrait nous faire croire que l’eau est absente de ce lieu depuis des lustres.

Et pourtant…

Ce soir notre bivouac ne sera pas en hauteur mais dans la clairière d’une forêt de jeunes pins.

Après une journée de vélo où nos jambes sont fortement sollicités, elles ont besoin d’un minimum d’attention. Ce que nous leur apportons avec un massage, ici une crème délassante, ce que nous préférons c’est l’huile d’arnica.

Encore une nuit à la belle étoile, nous bénéficions d’un coucher de soleil et d’un lever de lune. Belle journée 73 kilomètres et 882 mètres de D+.

Voici la dernière étape de notre escapade qui nous fait traverser la serra de Caldeirao. Nous sommes dans le monde des énergies renouvelables champs de panneaux solaires et éoliennes fraternisent.

Il y a une chose que je veux vous expliquer et dont peu de voyageur ne parle.

Voici un petit outil qui dans son emballage prend peu de place, il pèse 500 grammes.

C’est une pelle/pioche pliable

Elle peut être utile pour une journée de grosse pluie afin d’éviter que l’eau ne pénètre dans la tente. Elle nous est également utile chaque matin lorsque nous déposons notre oeuvre bénéfique pour la terre. Nous faisons avec notre pelle un trou dans lequel nous déposons notre aumône que nous recouvrons. Aucune trace, aucun désagrément pour d’autres promeneurs ou voyageurs.

Nous sommes souvent énervé contre ces gens qui font leur besoin n’importe où et non même pas l’idée de le cacher sous des pierres ou branchages. Nous avons vu des endroits transformés en WC mal odorant au milieu d’une nature superbe.

Pour conclure je parlerais de ces dames qui après leur pipi laisse trainer leur petit papier essuie-tout , de ceux là on en trouve beaucoup trop.

Sachant qu’il faut de un à trois mois pour leur dégradation. Laetitia le coince sous sa fourche et dès qu’elle voit une poubelle le jette. Ce sont les gestes simples qui sont important.

Sur cette route il est 11h30 il fait 33° et  la chaleur participe à l’émanation des effluves des parfums du ciste, du pin et de l’eucalyptus qui nous envoûte.

A Baranco do Velho, nous bouclons la boucle un regard sur les montagnes et il nous reste 10 kilomètres pour conclure.

Notre périple se termine, pour aujourd’hui nous avons parcourus 61 kilomètres pour 924 de D+.

Sur l’ensemble du périple nous avons effectué :

603 km

6432 m de D+

32h53 de vélos.

Nous sommes super content 😆😅.

Epilogue

C’est un immense bien-être que de se retrouver sur un vélo, la liberté :

  • s’arrêter où on veut
  • manger quand on le ressent
  • dormir quand on en a envie.
  • C’est un lien puissant avec la nature, le chant des oiseaux, les parfums des différentes plantes.
  • C’est une proximité avec le vie des sociétés romaine, maure, féodale et moderne.
  • C’est exister avec le tout et s’émerveiller.
  • C’est le plaisir de l’effort
  • être à l’écoute de son corps ne pas baisser les bras si cela devient pénible.
  • persévérer et s’arrêter avant d’être dans l’asphyxie ; de sorte qu’un basculement s’effectue sur cette ligne rouge et tout à coup apporte plaisir, force et démontre sa propre puissance, c’est une satisfaction jouissive.

Maintenant une semaine en famille ce n’est pas pour cela qu’il n’y aura rien sur le blog et après nous repartons pour un voyage à vélo en Espagne!💃🕺

A bientôt !!

3 commentaires sur « Portugal à vélo : derniers tour de roues, l’Algarve »

  1. Ah oui, un grand merci pour ce super reportage au jour le jour, toujours instructif, bourré de conseils utiles et de réflexions pertinentes, et surtout qui fait rêver.
    Vous avez trouvé le bon style dans ce blog, entre belles photos et petites phrases courtes et bien à propos.
    Encore merci et bonne continuation en Algarve !
    Amitiés Thierry

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    1. Merci Thierry pour tes commentaires, que nous avons toujours plaisir à lire. C’est encourageant d’avoir des lecteurs comme toi.
      C’est vrai que les distances, le dénivelé, la chaleur cela peut donner l’impression que nous sommes un peu fou ; mais le voyage à vélo même de courte durée nous donne une telle satisfaction que nous réalisons tout cela avec joie. Nous avons toujours la sagesse de nous arrêter lors des plus fortes chaleurs.
      A bientôt pour un autre voyage.
      Bien amicalement
      Pascal

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