Direction la Sierra Nevada à vélo! Étape 2

Ce matin, de suite la route n’est pas sympathique avec nous, elle s’élève sur des pentes de 6 à 7% pour redescendre et remontée. Enfin une grande descente sur Mertola où nous passons au-dessus du Rio Guadiana. Après le pont, nous avons plus de deux kilomètres de montée avec des passages à plus de 10%.

Et là, que m’arrive t-il ?

Dans le jargon cycliste on dit  » je n’ai plus de jambes « . Pourtant elles sont bien là, accrochées à mon bassin, mais elles ne trouvent pas le rythme et sont molles comme du coton. Toujours dans le jargon; je mouline, je mouline, car je n’ai pas de force pour appuyer fort sur les pédales. Cela va être une matinée de difficultés, 😖.

Un peu de récupération dans les descentes, mais chaque montée et elles sont nombreuses sous un soleil ardent, deviennent pénibles. Je grimace, tire la langue, prend de grandes bouffées d’air, mais rien n’y fait. 🤤

Dans ces cas là, c’est la volonté qui doit prendre le dessus et sûrement aussi un peu de fierté, je ne pose pas pied a terre. Nous devons être en Espagne pour midi.

Moi qui caracole le plus souvent en tête cela à un avantage de je peux admirer le popotin de Laëtitia !🧐

Pas de danger que je la double et encore moins que je fasse un excès de vitesse !

Je pourrais invoquer une excuse facile:

« je n’ai plus l’âge de faire le clown sur les routes, contentes toi de longer les fleuves ».

Je balaie d’un revers de la main cette idée absurde et j’analyse plutôt les erreurs que j’ai pu commettre pour en arriver à  » pédaler avec les oreilles « 👂.

Hier il a fait très chaud et je pense ne pas m’être assez hydraté. De plus j’ai commis l’erreur de rouler torse nu ce qui m’a déshydraté encore plus. Cette nuit je n’ai pas bien dormi et une bonne nuit est essentielle pour la récupération. Dernier point pour notre bivouac nous étions légèrement en pente et j’ai réalisé un peu trop tard que je devais relever mes jambes.

Il faut toujours tirer leçon de ce qui nous arrive et ne pas s’abreuver des excuses trop faciles.

Se retrouver avec une absence de force c’est très bien, car cela oblige d’être encore plus à l’écoute de son corps:

  • La respiration
  • La soif
  • Le rythme
  • La transpiration.

Toute ma concentration est porté sur le moindre signe et accentue le respect envers ce corps auquel je demande de me mener jusqu’à notre objectif : le passage de la frontière.

Laetitia avec amour s’arrête et me dit  » repose toi « , pas question c’est la seule chose à faire pour ne pas repartir. Continuer même à un rythme lent, mais continuer.

Et pourtant, elle accepterait même que l’on s’arrête là pour la journée que je me requinque pour ne reprendre la route que demain.

La vie c’est savoir persévérer et repousser ces limites.

D’ailleurs voici la frontière Espagnole,

marquée par la traversée d’une rivière où l’eau est retenue par endroit. Pour sortir de ce canyon plusieurs kilomètres de montée avec un passage à 14%.

Le corps est capable d’exploits, combien de grands explorateurs nous l’on démontré. Moi aussi à un autre niveau, je trouve les forces pour me hisser avec mon vélo au delà de cette rampe. Et je parcoure encore les 7 kilomètres vallonnés pour arriver au premier village où la place du bastion avec ces arbres va nous accueillir.

Pour ce midi :

  • Une bonne plâtré de pâtes
  • Une bonne hydratation
  • Un peu de repos  » je me refait la cerise « 
  • Et l’après midi, la machine est remise en route.

Si je raconte cela, ce n’est pas pour me glosser ou attendre des félicitations. C’est un partage pour vous montrer que ce n’est pas si terrible que de se dépasser, de repousser ses limites. Il suffit de trouver votre domaine de prédilection. S’en suit une grande satisfaction , goûtez y !

Confucius disait : « Choisissez un travail que vous aimez et vous n’aurez pas  travailler un seul jour. »

Notre route longe à présent les parcelles d’élevages de moutons, chèvres et porcs. Quand on a été éleveur de porcs Gascon ( le nom français donné au porc Ibérique), il est impossible de ne pas s’arrêter et de tailler une bavette !

Le soir, nous nous trouvons un coin superbe pour notre bivouac

et nous avalons un nouveau un plat de pâtes!

La nuit arrive, Laetitia allongée et moi écrivant ce texte, ne voilà pas que nous entendons un bruit ressemblant au brame du cerf.

Nous nous arrêtons, tendons l’oreille et oui c’est bien le roi de la forêt qui brame.

Ce son guttural est toujours impressionnant, émouvant quand il résonne dans la nuit.

Quoi de plus magnifique: installé sous la voûte d’une myriade d’étoiles avec une voie lactée que nous discernons parfaitement et ce cerf qui brame pour défier ces congénères et garder son cheptel de biches.

Et si c’était cela le bonheur , la joie de vivre ? Du moins nous n’en demandons pas plus. Si! nous redemandons du brame et une voûte céleste exceptionnelle pour toutes les nuits de notre voyage.

Nous sommes gourmand de l’émerveillement 🤩

Lorsque nous étions dans les Vosges, nous avons passé de longs moments la nuit à écouter les cerfs et nous avons même eu la chance d’entendre dans le cadre de leur joute, le choc de leurs bois.

Maintenant la nuit est bien noire, le cerf ne dormira pas, car au matin nous l’entendons encore, mais nos paupières sont lourdes.

Nous avons parcouru 88 km pour 1172 de D+. Alors bonne nuit et beaux rêves.😴

En cadeau:

3 commentaires sur « Direction la Sierra Nevada à vélo! Étape 2 »

  1. Belle illustration des exigences imposées par un sport d’endurance, qui plus est dans les conditions de chaleur et de dénivélé que vous vivez. Le coup de pompe, la déshydratation, cela arrive parfois et c’est en effet pénible de n’avoir plus de jus dans les jambes. Tu l’expliques bien Pascal !
    Sinon, on a bien chaud pour vous au passage de la frontière, le paysage est comme on dit, un peu pelé.
    Bonne continuation, on a hâte de voir du vert sur vos photos.
    Amitiés, Thierry

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    1. Salut Thierry,

      Pour revenir à ton avant-dernier message, effectivement je pense que le jour où je ne bouge plus c’est que le mot fin c’est écrit sur ma vie.
      Mais encore tant de projet dans la tête…
      Nous aussi nous attendons la verdure!
      Bien amicalement et au plaisirs de te lire.

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