Andalousie à vélo : La Sierra Nevada étape 2

Fin du suspense, la réalisation d’un défi ! Mais allons-nous y arriver ?

Je commence cette publication par la soirée d’hier. Ce n’est pas logique mais c’est bien dans nos habitudes. Alors hier au soir nous avons bénéficié d’un coruscant coucher de soleil, c’est toujours un instant de grand contentement.

Nous profitons de ces couleurs et la douceur de la soirée nous a permis d’appercevoir un bouquetin ibérique. Le soleil continue sa lente descente.

Les lumières des villes s’allument lentement et cela créé une ambiance particulière.

Nous sommes seul dans l’immensité de cette montagne et là bas se mène une vie trépidante,

mystérieuse. En tout cas, dès le soleil disparu on sent bien que nous sommes en altitude car la fraîcheur nous enveloppe. Nous partons nous blottir dans nos duvets, car demain il nous faut avoir la patate !!!

Mais remontons un peu le temps afin que je vous compte une histoire ! Et comme beaucoup d’histoires, elle commence par..

Il était une fois, un couple nommé Laetitia et Pascal. Ils ont décidé et sont parvenus à rejoindre les deux extrêmes Nord et Sud de l’Europe à vélo. En se dirigeant vers Tarifa ils longèrent la Sierra Nevada, mais en décembre, elle est recouverte de neige. La grande dame sait leur faire de l’oeil avec ces sommets tout blanc. Laetitia s’intéresse un peu plus à dame montagne et découvre qu’elle possède la plus haute route d’Europe. Il nous en faut pas plus pour que ce projet se mette dans une case de notre cerveau, dans « les dossiers à réaliser ».

Là dessus arrive le confinement et l’écriture de mon livre, tout nos projets sont chamboulé et comme nous passons l’été au Portugal, la case Sierra Nevada se fait entendre. Et l’on y pense et l’on en parle entre nous. On s’informe et on rêve.

C’est décidé nous nous lançons le défi de monter au sommet de cette route avec nos vélos chargés. Pour nous un défi reste un secret et on en parle que lorsqu’il est réalisé, sauf exception.

Début septembre, le livre est clôturé c’est le moment de partir. Nous quittons notre base Portugaise l’Ecopark et direction la Sierra Nevada.

C’est comme cela que ce matin nous nous réveillons alors que le jour n’est pas levé sur les pentes du Pico Veletta.

Nous parlons de tout sauf de ce sommet qui nous provoque, il ne faudrait pas attirer sa colère. Ce n’est qu’après les premiers coups de pédales que l’on peut dire si l’on se sent bien. Mais nous sommes liés tout les deux par la même détermination «  RÉUSSIR « .

Nous avons bien dormi ce qui est important, les lueurs du jour illuminent l’horizon qui est la crête des montagnes, moment solennel quand on sait que notre objectif est de leur rendre visite.

Pour un bon bivouac il faut savoir faire des efforts et quitter les sentiers battus.

Cette fois-ci, les choses sérieuses commencent, de suite nous nous retrouvons sur une pente de 6%. Les muscles encore endormi se rebellent un peu mais le rythme se met en place et tout va bien.

Voici déjà l’altitude 1750.

Le soleil levant illumine les vallées, c’est somptueux, cela nous gonfle d’énergie.

A tel point que nous ne sentons pas notre vaillance. En ce dimanche il est pas tout à fait 9 heures et beaucoup d’Espagnol sur la route, nous pensions que c’était le jour de la grasse matinée… Cette circulation nous gêne par le bruit que procure le véhicule. Enfin notre ascension se passe bien et voici les…

2000 mètres d’altitude

La chaleur commence à se faire sentir, important bien s’abreuver et manger de temps en temps ; ce matin pour nous c’est banane.

La haute montagne apparaît et c’est un moment magique qui nous ennivre.

Nous arrivons en pleine forme

A…

Laetitia ignore qu’elle montre le sommet où nous nous rendons. Le plus haut tout la haut.

Les 2500 arrive juste au-dessus d’une station de ski, jamais très esthétique et un grand parking. Pas content.

Pas contre il y a un parking et à partir d’ici, la route est interdite aux véhicules. Nous sommes les rois de la montagne en cohabitation avec les randonneurs. Ça redonne geaité aux sourire.

Une vierge surveille la vallée, pour cette journée que nous avons choisi avec une météo très favorable son panorama est extraordinaire.

C’est à partir de cet endroit que le fête commence pour nous.

Notre objectif est en face de nous. La route à un revêtement déplorable et ce n’est que le début, la pente devient agressive s’élevant entre 7 et 9 % .

Je repère une curiosité au bord de la route : une borne… myriamétrique! Le myriamètre est une ancienne mesure tombée en désuétude en France. Son usage existe t-il encore en Espagne ? Elle indique une mesure de 4 fois 10 000 m, soit 40 km, vraisemblablement la distance depuis Grenade.

Si nous sommes satisfait d’avoir vu cette borne ; nous sommes déçu de l’absence de panneau nous indiquant les 3000 mètres.

Mais nous devons les avoir passé car le souffle est difficile et on oxygène mal nos muscles qui commencent à faire souffrir. Mes molets on tendance à se tétaniser.

A partir de là c’est le moral, la motivation qui prend le relais. D’abord je réconforte Laetitia qui était sur le point d’arrêter, mais j’ai su utiliser les mots juste qui réveil sa fierté.

Car il faut aussi de la fierté pour mener les destriers sur une route où régulièrement nous mettons pied à terre pour pousser, il est impossible de rouler. Cela casse le rythme et remet une couche sur la fatigue et le moral.

C’est une bataille avec nous même qui est engagé et moi aussi par moment voyant l’état de la route ; je me dis  » a quoi bon, c’est déjà bien ce que l’on à fait « .

Dans ces cas là, le sommet parait toujours proche mais les lacets de la route fond en sorte que l’on s’en approche plus lentement que l’escargot.

Et voici encore une brèche pour le découragement ! Mais allons nous y arriver ? Allons nous gagner notre défi ?

Dans ces moments de doute, d’incertitude et de douleur je pense à ces femmes,ces hommes qui courent des Ultra trail de 170 km, à ces alpinistes qui se battent pour atteindre un sommet de plus de 8000. Eux aussi ont des passages à vide et ils se battent avec eux même, car nous savons tous la même chose, le plus beau moment c’est la réalisation, la concrétisation du défi.

Mais voila en plus que de vilains nuages montent à une vitesse extraordinaire. Est-ce la goutte qui fait déborder le vase et on s’arrête là ? Car pousser ces lourds vélos créé une douleur quasi insupportable dans les bras. La volonté est là, je monterais avec mon vélo même si je ne pédale plus. Même si j’avance par saut de puces de 100 mètres, c’est décidé j’y parviendrai.

La piste se transforme en sentier terreux et rocailleux avec une inclinaison de plus de 10%. Nous sommes à 300 mètres du sommet, Laetitia laissera son vélo là et continuera sans lui. Je jette mes forces dans une ultime bataille je pousse encore sur 150 mètres mais cette fois ci c’est la montagne qui me dit stop. Le sentier n’est plus qu’un amoncellement de roches, il faudrait que je porte le vélo, il pèse prêt de 40 kg s’en est trop.

Enfin je suis à 150 mètres du sommet le défi est gagner.

Nous sommes combler quand au sommet nous posons au point géodésique à 3394 mètres d’altitude.

Une victoire sur nous même, il n’y a rien de plus beau et ce sont des sanglots de joie et d’émotion qui s’évadent lors de notre étreinte

Pico Veleta 3394 mètres

La vue est grandiose,

Ce pic est un ancien volcan et nous dominons la caldeira,

Je retrouve mon vélo, personne n’a eu le courage de me le prendre, et nous allons casser le croute.

Le dernier kilomètre est impraticable a vélo, sauf pour de bons vtt.

Petit bilan chiffré:

  • Depuis la barrière il reste 11 kilomètres d’après mon compteur
  • 32 kilomètres de parcouru en tout
  • 1717 mètres de dénivelé positif
  • vitesse moyenne 6,79 km/h.
  • Les trois derniers kilomètres furent effectué à 4/5 km/h, il nous aura fallu 3 heures pour les parcourir. Avec quelques pauses.

Je vous raconterai la descente musclée demain..

2 commentaires sur « Andalousie à vélo : La Sierra Nevada étape 2 »

  1. Un exploit ! Bravo, j’ai mal aux jambes à vous lire, à vous voir pousser vos vélos si chargés, sur cette route défoncée. Je sais que vous avez dû en baver à tout point de vue. Votre joie et vos larmes au sommet sont les justes récompenses d’un effort énorme. Nous les partageons et vous admirons pour vos idées de balade et votre abnégation. Compliments !
    Thierry

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