Andalousie à vélo : La Sierra Nevada étape 4

Guadix l’Andalousie troglodyte, la terre refuge des vivants !

C’est un paysage atypique et étonnant qui domine la ville moderne. Dans les falaises d’argiles, se trouvent des façades blanchies à la chaux et des centaines de cheminée sorte de terre. Tel les champignons en cette période d’automne ou après des journées chaudes et orageuses, ils pointent leur chapeau au milieu des tapis de mousse.

Ce sont tout simplement des habitations, il en existe environ 7000 dans la vallée et 3500 sur Guadix.

C’est l’histoire qui se cache avec ces grottes et ne croyez pas que nous allons remonter à l’époque de nos ancêtres la famille Pierrafeu.

Les grottes les plus anciennes datent de la fin du X ème siècle début du XI ème. Les dynasties arabes et berbère sont en conflit et les grottes servent à protéger des biens, de la nourriture et du bétail.

Fin XII début XIII ème siècle, la reconquête chrétienne avance et de nombreux réfugiés musulman arrivent, des grottes sont construites pour les abriter.

C’est en 1492 qu’à lieu explosion de l’habitat des grottes, c’est la victoire des chrétiens et la fin du califat de Grenade. Les écrits de la capitulation donnent de nombreuses garanties aux Maures, mais elles ne seront pas respectées. Ils quittent la ville et vont construire et aménager leurs habitats dans les falaises d’argile.

Au 17 ème siècle les Maures sont définitivement expulsé d’Espagne et  ce sont les gens pauvres qui vinrent s’installer dans les grottes : paysans, artisants, gitans. Ces habitats peuvent atteindre jusqu’à douze pièces et sont bien souvent partagé avec les animaux.

C’est un enchevêtrement complexe de ruelles, d’escaliers qui se met en place où l’entrée d’une grotte maison peut-être sur le toit d’une autre.

Dans la première partie du XX ème siècle la moitié de la population de Guadix vit dans les grottes.

Dans les années 60 de plus en plus de grottes maisons sont délaissées pour le confort des nouvelles habitations.

De nombreux film vont être tourné en ce lieu tel Indiana Jones. Jusqu’au début des années 90 de nombreuses grottes sont abandonnées ou reste encore comme aujourd’hui, un habitat de gitans très pauvres.

Pour ceux qui aiment les chiffres, la population dans les cuevas en 1970 était de 45 888 habitants et en 1990, 28 256 habitants.

Mais comment vivaient les gens dans ces grottes maisons ?

L’électricité n’est arrivé qu’après les années 90, il en est de même pour l’eau courante.  Pour s’éclairer deux types de lampes à huile.

  • Une pour l’intérieur
  • Une lanterne pour l’extérieur

L’huile d’olive utilisée est une huile d’olive usagée qui a servi pour la cuisine ou la charcuterie.

La configuration était analogue pour chaque grotte suivant le schémat ci-dessous.

Il faut considérer qu’à droite et gauche des traits rouges ce sont des rajouts pour l’aménagement du centre d’interprétation

Les cuevas n’avaient jamais plus de trois pièces en profondeur, pour des raisons d’aération. Et elles se construisaient dans la largeur. Les pièces de vie se trouvaient vers les ouvertures. Dans le plan, la flèche rouge indique la salle à manger et la jaune la cuisine. Au delà de la flèche rouge les deux pièces sont des chambres à coucher.  Au-delà de la flèche jaune les pièces sont réservés au bétail: porcherie, bergerie ou chêvrerie.

La porcherie. Voyez-vous le cochon?

La flèche bleu indique le garde manger et pièces de rangement du matériel agricole, car cette grotte était habité par des paysans à partir des années 1920. L’eau était tiré d’un puit creusé dans la cour.

Pour la toilette, il y avait un broc et une cuvette. Quand aux besoins, ils étaient déposé dans la porcherie ou dans un pot de chambre puis mis avec le fumier. Chacun imagine à partir de là les conditions de vie et les odeurs.

A partir des années 2000, les grottes retrouvent une nouvelle vie, le confort y est amélioré et pour les habitants de la région, c’est en vogue d’avoir comme deuxième résidence « une grotte ». Ces dernières années nombreuses sont  celles qui sont réhabilité pour résidence touristique. Des architectes creusent de nouvelles cavités pour des habitats luxueux.

Nous avons loué une grotte pendant 4 jours. Notre avis :

La température y est quasi constante toute l’année. Mais cela manque de lumière et d’air.

La lumière artificielle est nécessaire toute la journée, et pour nous cela n’est pas agréable.

Ma première nuit en ce lieu fut horrible car je manquait d’air. J’ai fini la nuit sur le canapé avec la porte ouverte. Mais d’après la guide du centre d’interprétation c’est tout à fait normal.

La ville de Guadix est très riche historiquement puisque sont actuellement découvert des vestiges romains dont un théâtre. Nous n’avons pas pu visiter l’Alcazaba qui date du XI ème siècle, il est en restauration.

La cathédrale de l’incarnation est un bâtiment massif en grès rouge du XVI ème siècle.

Il fallu plus de cent ans pour sa construction, on y retrouve les styles gothique, Renaissance et baroque.

Elle est le repère, car quelque soit le lieu de la ville où l’on se trouve on arrive à l’apercevoir.

Autour de la cathédrale, ruelles, escaliers usés par le temps, passerelles,

places plaisantes avec des bâtisses aux façades bourgeoises manquant parfois d’entretien.

Le palacio de Penaflor à retenue notre attention avec son balcon angulaire en bois.

La place de la mairie est charmante et l’ajutamento est un beau bâtiment.

Sur cette place il est agréable de manger ou boire une bière, étant en zone piétonne le lieu est calme, paisible, idéal pour s’y attarder. Les restaurants proposent pour 12 euros des menus avec trois plats. Nous conseillons le « Liceo Accitano ».

Cette ville mérite un arrêt, surtout par l’originalité de ces maisons grottes ce que nous regrettons c’est une ville où les services municipaux font peu d’entretien de nettoyage et il est regrettable de voir tant de déchets au sol ou bien au niveau des miradors respirer des odeurs pas très agréables.

Mirador qui offre une perspective exceptionnelle sur la ville

Notre séjour se termine, le beau temps dans les montagnes est de retour et demain nous repartons avec nos vélos et certainement des paysages grandioses. Nous aborderons un col à plus de 2000 mètres qui regorge certainement de choses auxquelles nous ne nous attendons pas nous mêmes.

En attendant Laetitia a réglée le problème des messages et normalement vous pouvez tous nous en envoyer.

Une autre bonne nouvelle la mise en page du livre est quasi terminée et Laetitia mon impresario bénévole à peut être bien trouvé un bon imprimeur. Bientôt vous allez pouvoir le toucher, le feuilleter, le sentir et admirer son livret de 8 pages photos en son centre…🤩

4 commentaires sur « Andalousie à vélo : La Sierra Nevada étape 4 »

  1. Curieux endroit que vous avez parfaitement décrit, c’était intéressant et très instructif. Vos photos – comme toujours – sont bien accompagnées des commentaires que vous devez trouver sur place. Merci pour prendre du temps, et sans doute beaucoup, pour remplir ce blog.
    Vite la suite !
    Amitiés, Thierry

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    1. Encore merci Thierry pour tes éloges. Effectivement nous recherchons toujours des informations sur place. Dans le cas présent le centre d’interprétation est une mine d’or.
      La suite retour dans le nature et la montagne !
      Amitiés Pascal

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  2. Bonjour Laetitia & Pascal,
    Encore un magnifique reportage, très instructif et avec de magnifiques photos en prime.
    J’attends chaque jour la suite avec impatience.
    Merci pour ce partage.
    Bises.
    Gabrielle

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    1. Salut Gabrielle,

      Merci pour les compliments et heureux de ton impatience à découvrir nos aventures.
      Mais je transmet ce que nous vivons et nous sommes tellement bien dans ce que nous faisons que cela doit se ressentir.
      Bises de nous deux
      Pascal

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