Andalousie à vélo : on quitte la Sierra Nevada, étape 15

La nuit la circulation était inexistante et nous avons bien dormi, mais dès 6 heures camions et voitures ont repris leur ballet.

Nous profitons d’un lever de soleil coruscant, idéal pour une méditation. C’est en pleine forme que nous chevauchons nos vélos pour 1 km d’ascension et nous voici

Au mirador  » La Lastra « 

Vue impressionnante sur le système de culture locale et de quoi comprendre nos difficultés pour les bivouacs.

En face de nous, deux sommets jumeaux El Terril 1129 mètres et El Penón de Algamitas 1100 mètres.

Une descente et nous voici à El Saucejo, ici l’olive est reine et si les vergers ne suffisaient pas pour nous en convaincre, un panier géant nous accueille à l’entrée du bourg.

Cependant, il n’y a pas que des olives, la culture de porcs en bâtiment est partout et dans ce village l’odeur est pestilentielle. La population doit être habituée..

Nous empruntons la route touristique A 406 qui pour faire honneur à notre forme physique, nous propose une réception de qualité :

4 kilomètres de montées à une moyenne de 7% et dans les virages des passages à 12.

Nous sommes dans une petite descente et devant nous la route qui s’élève comme un serpent. Elle se poursuit sous la flèche.

Comme fréquemment, au sommet c’est une merveilleuse récompense et pendant plusieurs kilomètres nous roulons sur un balcon.

L’émerveillement, la rêverie, l’envol vers les crêtes lointaines…

Après ce temps de contemplation, une descente nous mène à Morón de la Frontiera. De loin la ville nous présente son château sur un éperon.

Nous sommes prêt pour visiter et découvrir ! Nous suivons la signalétique  » château arabe « , mais face à nous la  route qui y mène est fermée par un important portail. Nous contournons le château par un chemin de terre, laissons nos vélos, grimpons un sentier pour arriver au niveau des tours du château, effectivement l’accès est interdit.

Pourtant il y a eu une rénovation et maintenant tout est à l’abandon. Nous sommes déçu, mais nous avons fréquemment constaté en Espagne la mise en place de grosses infrastructures financées en partie par l’Europe où tout tombe en désuétude. L’Espagne à connue une grosse période difficile de corruption est-ce les séquelles ? Enfin nous aurons bénéficier d’un panorama sur la ville.

Dans cette ville, nous avons plusieurs objectifs :

  • Tout d’abord trouver une laverie, car il est nécessaire de faire une importante lessive.
  • Un second trouver du gaz pour notre réchaud
  • un troisième éventuellement de l’huile d’arnica pour masser nos jambes.

Le troisième se présente facilement à nous, Laetitia qui parle de mieux en mieux l’Espagnol  ramène l’information comme quoi dans cette ville, il n’y a pas de laverie automatique.

La mairie

Quand au gaz Laetitia fait quelques bazars dans le centre ville, mais elle ne trouve que de très anciens modèles. Nous avons bien deux adapteurs mais pas pour les très vieux modèles.

Cette ville n’est pas très propre, des poubelles débordants de leurs détritus, le personnel est- il en grève ?

Il nous faut faire encore quelques courses alimentaires. Nous passons trop de temps dans cette ville où les gens sont marqués par la vie, des visages tristes et ceux en surcharges pondérales sont nombreux. Nous passons dans ces milieux pour des extravagants.

Dans tout nos périples, nous constatons toujours la même chose quand l’on se retrouve dans une ville plus populaire et ouvrière les gens se respectent moins et les lieux sont sales. Pourquoi quand on a moins d’aisance financière faut-il se laisser aller ? N’est ce pas un mal de notre siècle ? Nous ne venons pas de famille riche mais dans notre éducation la propreté et le respect de soi furent toujours des règles.

Nous trouvons un petit bout de pelouse propre pour prendre notre repas et tout proche un robinet qui nous permet de laver au moins un t-shirt et un short chacun.

Vers 16 h nous sommes content de quitter cette ville et son barouf. Nous partons sur la route touristique A 8126, très peu de circulation et voici que la terre prend des couleurs et des formes particulières.

Un peu plus loin nous sommes aise  de retrouver de la verdure, un peu de forêt.

Niché voici le village de Coripe

Dans la traversée de cette agglomération, nous voyons un panneau  » via Verde  » ce qui équivaut aux voies vertes en France. A la terrasse d’un café nous regardons où celle-ci peut nous mener. Intéressant elle redescend sur Puerto Serrano où nous devions passer.  Tant pis nous quittons la route touristique, mais  plusieurs points nous attirent:

  • On se retrouve loin des véhicules
  • Emprunter le trajet que faisait un train, sûrement à vapeur.
  • De franchir des viaducs
  • De passer des tunnels.
  • De parcourir en vélo ce qu’aucun autre véhicule ne pourra effectuer.
Vue sur la via Verde

À la sortie du village nous restons figé quelques temps devant un vol de vautours se laissant portés par le vent ou les courants. C’est fascinant et cela donne envie dans faire autant.

Voici la via Verde et son premier tunnel

Bien éclairé

Le second sera plus court

Il est presque 19 heures,nous décidons de bivouaquer le long de cet ancien chemin ferré, car nous savons que nous retrouverons le grand silence de la nuit. Une petite plateforme va faire notre affaire et le paysage est ouvert.

Après nos 82 km et 1077 de D+, rien de tel qu’un bon massage à l’huile d’arnica. Tous les soirs,  nous bichonons nos jambes. Vu le travail qu’elles effectuent en une journée elles méritent bien cela et nous le rendent en efficacité le lendemain.

Encore des surprises aujourd’hui ! En aurons-nous d’autres demain ?

A suivre !

Un commentaire sur « Andalousie à vélo : on quitte la Sierra Nevada, étape 15 »

  1. C’est intéressant de vous lire, car vos commentaires sur les patelins que vous découvrez montrent bien qu’il n’est pas toujours facile de se réapprovisionner quand on fait du cyclotourisme comme vous. Il en est de même quand on randonne au long cours, il est de plus en plus compliqué de trouver une épicerie ou une boulangerie dans les campagnes. La désertification est une réalité ! Et la crise sanitaire n’a rien arrangé hélas.
    Bravo pour vos efforts en tout cas !
    Thierry

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