Andalousie à vélo : on rejoint l’océan, étape 18

Que c’est bien agréable un petit déjeuner dans le calme face au ciel qui s’illumine.

Cela ne donne pas envie de se dépêcher, d’ailleurs quel sens cela à dans l’univers que de vouloir aller vite? Lorsque certain scientifiques définissent le temps de notre présence sur terre comme la vitesse d’un clignement d’oeil !

Alors on prend le temps.. Avez vous déjà observé les fourmis à la sortie de leur fourmilière ?

Enfin, nous partons et filons vers une bourgade où nous étions passé lors de notre traversée Européenne et qui nous avait plut. Nous passons d’une route tranquille à une route avec une circulation intense lors du contournement de Pilas puis retrouvons le calme et passons Villamanrique de la condesa.

Nous approchons du parc de Dodana, grande réserve naturelle. En attendant nous faisons quelques courses et admirons cette R6 des années 1970, comme neuve !👍

Ce matin, sur ces routes rectilignes et quasi plate nous avons un bon rythme et nous parcourons nos premiers 50 km à un peu plus de 21 km/h, malgré un petit vent de face. Nous avons la pêche !

Il y a de nombreux dos d’âne et bande rugueuse pour faire ralentir les automobilistes, mais vu la vitesse à laquelle ils nous doublent où nous croisent, nous ralentissons plus qu’eux. A croire que les gens au volant perdent toute leur intelligence et jouent à la roulette russe avec leur vie.

Encore une fois avec Laetitia nous nous demandons à quoi pensent les gens ?

Voici le but de notre matinée :

El Rocio

village où se passe le plus grand pèlerinage d’Espagne à la Pentecôte.

Une fois n’est pas coutume et nous pénétrons dans l’église où de nombreuses personnes viennent allumer un cierge. Que dire devant cette démonstration provocante de richesse quand on sait que Jésus chassait les marchands du temple. Ou alors je n’ai pas tout compris !!!

Ce village par tradition à ce pèlerinage n’asphalte pas ses rues

et pour le folklore on y croisent calèches et cavaliers.

Quand à nous, nous avons décidé de nous faire plaisir:

un salmorejo à l’amande et framboise

Queue de taureau à l’andalouse et boulettes de poulpe.

Voici quelques jours, je vous parlais de lessive et nous n’avons toujours rien fait alors cet après-midi : lessive à une fontaine de ce village

et avec le soleil qui brille de mille feu cela va vite sécher. Enfin on est partout chez nous, ne sommes nous pas des habitants de la planète ?

Quand je vois ces calèches, je ne peux oublier que moi aussi j’ai conduit des attelages en paire avec mes chevaux de trait Breton Koby et Kerben. Cependant, les plus beaux moments vécus avec mes chevaux, était lorsque je débardais dans des forêts où les bûcherons ne faisaient que de l’éclaircissement. C’était très technique car il fallait tirer la grume et se faufiler, voire jongler avec les autres arbres.

C’est là que la complicité homme/animal est nécessaire. Il faut se faire confiance mutuellement.

Deux annecdotes : un jour que je travaille dans une pente un peu raide, la grume accrochée, je donne l’ordre à mes chevaux d’avancer, ils ne bougent pas. Ce sont des chevaux qui obéissent au doigt et à l’œil. Je vais voir ce qui se passe, discute avec eux et ils secouent leur tête comme pour me montrer que par là où je veux passer c’est dangereux. Je change l’itinéraire en les remerciant et les voilà partis.

Une autre fois nous étions dans une forêt et il fallait qu’ils se faufilent entre des arbres. Quand on travaille en paire, les chevaux sont l’un a côté de l’autre. Là c’était impossible qu’il passe. Je me met devant eux et je leur explique comment ils doivent se décaler. Je leur demande d’avancer et systématiquement l’un se laisse glisser derrière l’autre.

Ce sont des moments époustouflant d’émotions, parfois les larmes me montaient aux yeux et je ne pouvais que leur faire un bisous sur le museau qu’ils me rendaient à grand coup de babine !


Pour l’instant revenons à nos vélos et notre linge qui a eu le temps de sécher pendant que Laetitia faisait la mise en page du post de ce jour et que j’écrivais déjà l’étape en cour.

Le moment est venu de repartir pour effectuer 15 kilomètres jusqu’à..

Matalascanas

15 kilomètres sur une route très circulante, un bruit incessant de pneu sur un revêtement granuleux et de moteur ronflant fort car c’est tout droit et chacun y vas de sa course de vitesse.

Nous aussi nous y allons avec notre vitesse de 25 km/h, mais nous ne faisons pas de bruit. Enfin le panneau d’entrée de la ville. OUF !!

Le nom de cette ville plaît beaucoup à Laetitia, elle trouve qu’il a une belle consonnance d’Espagne, de mer, de vacances et de danse. 💃

La mer nous y voilà, incroyable de se dire qu’il y a quelques jours nous étions sur un sommet à 3400 mètres d’altitude. Fou, tout ce que nous avons vécu depuis ce sommet de Mulhacén.

Je reste convaincu que c’est cela la richesse du voyage à vélo et de la liberté !

La mer et ce rocher qui était la torre de la Higuera, bastion militaire qui s’effondra lors du Grand tremblement de terre de Lisbonne en 1755.

Nous nous trouvons un coin de bivouac dans les dunes au milieu d’abrisseaux un peu piquants, nous sommes trop loin pour aller voir le coucher de soleil sur la mer.

Ce soir face à nous un dilemme, un souci ! Allons nous retrouver le Portugal en longeant la côte et profiter de la mer ou repartons nous dès demain vers l’intérieur des terres pour revenir par des petites serra ?

C’est un souci de riche voyageur !😂

Suivez nous à la prochaine étape pour connaître notre décision. Au moment où j’écris ces lignes rien n’est décidé…🤔

Nous sommes content de notre journée avec

71 km et 287 m de D+

A demain…

2 commentaires sur « Andalousie à vélo : on rejoint l’océan, étape 18 »

  1. Vous avez grand beau temps à voir vos photos. J’aime bien lire des anecdotes comme celles des attelages de chevaux pas si bêtes que ça finalement ! A moins que leur cocher n’ait une attention particulière qui les touche plus qu’un autre, qui sait ? Les photos des 2 plats typiquement andalous sont super-appétissantes, miam miam !
    Et la photo de la mer retrouvée et si belle, avec ce rayon de soleil vertical, est magnifique.
    Merci et bonne continuation, que ce soit par la côte ou ailleurs !
    Thierry

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    1. Effectivement grand beau et chaleur mais c’est ce que nous cherchons donc nous ne nous plaignons pas.
      J’ai eu tellement froid dans ma ferme dans les Vosges que je veux de la chaleur et du ciel bleu maintenant.
      Appétissant et délicieux !
      A bientôt pour la suite
      Pascal

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