Récit de nos différents voyages à vélos. Episode 2

Le froid, la neige, la pluie auront-ils raisons de notre persévérance ?

Chers lectrices et lecteurs il est important pour moi de vous préciser que pour raconter ces voyages je ne me plonge pas dans mes anciens blog ou les carnets de voyages écrit par Laetitia. Je recherche ce qui m’a marqué, ce qui est caché dans ma boîte à souvenirs crânienne. Cela rend le texte plus prenant, car c’est le coeur qui parle du souvenir. Je reste dans de la spontanéité.

Alors je souhaite que cela vous intéresse vous amuse ou pourquoi pas vous captive !

Au printemps 2016, nous décidons de partir pour une quinzaine de jour. L’objectif est de suivre la Saare qui prend sa source sur  les flancs du Donon, montagne proche de chez nous et se jette dans la Moselle. Puis longer ce fleuve jusqu’à son estuaire avec le Rhin à Koblenz et de revisiter le Rhin Romantique qui nous a tant touché.

Les semaines précédentes, le printemps s’installe, les fruitiers fleurissent, les oiseaux chantent à tue tête et préparent leurs nids, les fleurs des champs éclosent la somnolence de l’hiver prend fin. L’éveil de la nature se fait sentir de toute part et réjouit les coeurs des humains qui laissent le doux soleil caresser leur visages émerveillés de ces panels de couleurs et de senteurs.

Nous avons un stagiaire sur la ferme, c’est le moment idéal pour partir faire un petit tour de vélo. Dégourdir les articulations, réveiller les muscles.

Nous sommes fin avril et nous enfourchons nos destriers, prêt à gravir le col de Prayé suivi du col du Donon. Nous avons oublier la côte de Bondorf ( lire épisode 1), ou du moins nous nous sommes entraîner dans les cols avec nos vélos de route dès que la météo était clémente.

Nous arrivons au col de Prayé 785 mètres d’altitude et ne voilà pas que des petits flocons de neige virevoltent. Une petite giboulée d’altitude ce n’est pas bien grave et nous sommes plus émus par le cerf et sa horde de biches qui se sauvent à notre approche.

Voici ensuite, le col du Donon 728 mètres, le vent qui souffle dans ce couloir entre les département de Moselle, Bas-Rhin et Vosges n’est vraiment pas chaud. Peu après ce col nous sommes pris dans une tempête de neige/grésille 🌨️ mais nous persévérons et nous nous lançons dans la descente pour retrouver la Sarre. Le froid engourdi les doigts de Laetitia, elle s’arrête dans une chapelle pour les réchauffer au dessus des bougies. 🥶 J’en allume un maximum pour gagner en efficacité, nous ne laisserons point l’obole,  j’espère que le divin ne m’en tiendra pas rigueur et ne m’enverra pas en enfer ! 👹 Il a du comprendre puisque son intelligence est suprême que c’était pour la bonne cause et nos préoccupations étaient autres.

Nous continuons encore un peu et dès que nous trouvons un coin abrité du vent nous montons la tente, nous nous enfilons dans les duvets et une fois que notre corps est ragaillardi nous nous faisons chauffer une bonne soupe.

Le matin, la température à l’intérieur de notre cocon est de zéro degrés..

  et il a encore neigé dans la nuit. La tente est recouverte de cette super ouate qui doit nous protéger un peu du froid.

Nous sommes convaincu que tout va se rétablir lors de notre passage dans l’Alsace bossue et que la magie du printemps transformera les flocons en pétales de fleurs des cerisiers ou pommiers emportées par le vent.

Nous repartons et nous avons bien raison car quelques rayons de soleil se glissent entre les nuages. Pas encore assez puissants pour remonter la température mais suffisant pour nous remonter le moral. 🌥️

Nous voici aux portes de la ville de Sarrebourg où nous prendrons même un peu de temps pour jouer aux touristes.

Après un casse croute nous repartons, le soleil ne parvient pas à trouer la masse nuageuse et il fait toujours aussi froid. Nous nous arrêterons sous une tonnelle pour absorber un café bien chaud et manger quelques sucreries. Les arbres fruitiers sont en fleurs mais celles-ci doivent être comme nous frigorifiées et par ce temps les abeilles ne vont pas faire leur boulot de polinisateurs.

Nous continuons en espérant trouver un camping pour ce soir ou pourquoi pas un hébergement chez l’habitant.

Le ciel s’assombrit et cette fois, il déploie sa colère, car c’est une pluie froide et violente qui s’abat sur notre échine. 🌧️ Qu’une solution continuer jusqu’à Saaralbe où nous espérons trouver de quoi nous mettre au chaud. Par ce temps où même pas un chien n’a envie de sortir il n’y a plus personnes dans les rues. Dans la ville de Saaralbe, Laetitia se renseigne à la mairie pour des possibilités d’hébergement. Vu la saison rien n’est ouvert et ce qui nous est proposé est de retourner sur nos pas pendant environ cinq kilomètres pour trouver le seul hôtel qui peut nous accueillir, du moins on le souhaite très fort.

Nous prenons cette solution de replis et avec bravoure affrontons une météo qui est digne des journées d’automne les plus maussades. Mais nous espérons qu’au bout de ce chemin pénible un lieu chaleureux nous attend. Arrivés à l’hôtel nous sommes trempé comme des soupes et à la réception rapidement autour de nous se créé une magnifique flac d’eau. Nous nous excusons des traces d’eau que laisse notre passage, mais je pense que la jeune femme au charmant sourire qui nous accueille à tellement pitié de nous qu’elle nous excuse tout.

Très vite elle nous redonne de l’enthousiasme la première bonne nouvelle va être suivi de deux autres:

  •  il y a une chambre de libre
  • Il y a un petit endroit pour abrité les vélos
  • Et ils font à manger ce soir.

Une fois dans la chambre nous mettons le chauffage à fond, étendons partout où c’est possible vêtements et tente. L’humidité s’évapore et transforme la pièce en zona, bain turc, hamam…

Bientôt on ne se voit plus entre nous. Nous sommes heureux comme tout car après la mauvaise après midi ; nous sommes au sec, au chaud et nous allons bien manger. Une douche très chaude, nous enfilons des vêtements secs et rapidement les frissons qui nous faisaient trembler comme la feuille d’automne emportée par le vent nous abandonnent et notre corps retrouve une température qui lui redonne vie.

L’heure du souper sonne, nous descendons dans la salle à manger et notre estomac gémit à tel point que l’on craint d’apeurer les clients présent. Nous dévorons tout ce que l’on nous présente et nous ne buvons point d’eau, nous en avons assez vu pour aujourd’hui. Notre repas sera arrosé de bière et vin rouge. Nous avons besoin de nous reconstituer et d’un remontant efficace.

Retour dans la chambre l’humidité est toujours présente mais au toucher les affaires commence à sécher. Je crois que de toute ma vie je n’ai jamais dormi dans une chambre où il faisait tellement chaud. En d’autres temps je n’aurais pas fermé l’oeil de la nuit mais là, pas de problème.


Le matin, toutes nos affaires sont sèches, nous prenons notre petit déjeuner dans la chambre, allumons notre réchaud et faisons notre café. Assez de dépense hier au soir.

J’ouvre la fenêtre pour tester la température rien de nouveau de ce côté là. Le ciel est gris, il ne pleut pas, il ne neige pas, mais la température doit toujours être proche du négatif. ☃️

Il nous en faut plus pour nous arrêter, tout est sec, nous sommes bien couvert, nous avons repris force et calories tout va bien.

Nous voici sur une voie cyclable entre la Sarre et son canal, facile c’est tout plat. Avec la vitesse le ressentie est négatif et même si nous ralentissons le rythme, le fond de l’air reste très froid. Nos extrémités appel au secours, nous nous arrêtons, tapons des pieds, sautillons, nous frottons les mains cela ravive la circulation et réchauffe légèrement mais rapidement après quelques tours de roues nos extrémités se retrouvent dans un congélateur.

Nous voici à Sarreguemines, ville frontalière. En posant mes pieds au sol j’ai la sensation qu’ils vont se briser comme du verre. Quand aux mains je ne sais pas si elles existent encore. Nous sommes tous les deux dans la même situation : transit !🧊

Cette fois-ci l’idée d’abandonner nous traverse. Ici c’est encore facile, car il y a des trains pour Strasbourg, une fois en Allemagne tout sera plus compliqué. Et puis on a tellement froid que l’on ne profite de rien, même le plaisir de faire du vélo est en train de nous quitter. Nous nous disons aussi que continuer par ce froid c’est mettre notre santé en danger.  La mort dans l’âme nous décidons d’arrêter notre voyage ici.

Nous prenons la direction de la gare et nous avons même du mal à marcher pour pénétrer dans le hall. Et là nous attend une très mauvaise nouvelle, en gros sur le cadran d’affichage il est écrit :

Journée de grève tous les trains sont annulés.

On voit un agent de la SNCF et on lui demande si vraiment pas un train ne roule car de par  mon expérience de cheminot je sais que dans ces périodes de grand bazar, il peut quand même y avoir un train qui n’est pas affiché. Et c’est effectivement le cas, l’agent nous annonce que dans dix minutes il y a un train en partance pour Strasbourg.

À ce moment le soleil absent du ciel se trouve sur notre visage. Nous sommes radieux.🌞

Les agents de la SNCF seront charmant et nous autoriserons à traverser les voies avec nos vélos chargés sous leur surveillance.  Nous voici dans un 🚂🚃 bien chaud qui nous amène à Strasbourg, la fin de notre tunnel glacial.

Mon fils qui est étudiant à un petit appartement, je le préviens de notre arrivée afin qu’ils nous héberge jusqu’au lendemain et qu’il cherche à manger nous avons besoin de calories.

Nous nous gavons de🥨, saucisses de Strasbourg 🌭charcuterie Alsacienne🥓 et salade de pomme de terre accompagnée de quelques bonnes bières 🍻.

Mais le lendemain il faut reprendre nos vélos pour rentrer chez nous. Nous habitons à 75 kilomètres de Strasbourg. Le printemps à décidé de chasser l’hiver, le soleil brille légèrement et la température remonte doucement. A la sortie de Strasbourg en longeant le canal de la Bruche je peux antonner ce vieux refrain :🎼🎶

Le printemps chante dans les buissons ;
Saison charmante des floraisons !
Arborons la fleur élégante,
Au guidon de nos vélos (modification du rédacteur)

Nous remontons la vallée de la Bruche et nous passons le col du Hantz à 641 mètres entre deux haies d’honneur de neige qui nous félicite de notre persévérance.

Nous voici enfin de retour chez nous, un peu déçu d’avoir dû abandonner je n’aime pas trop cela, mais je pense que c’était la voie de la sagesse. Car les jours qui suivirent l’hiver poussa encore un dernier barrissement.

Nous avons aussi analysé pourquoi nous avons nous eu tellement froid et notre équipement était un peu juste:

Absence de surchaussure, de gants de soie pour doubler à l’intérieur des gants, de vêtements en laine mohair.

Mais de toute évidence, même avec ce matériel en plus, nous avons aussi conclu que le vélo et comme toutes les activités nature:

Avec le froid c’est pas terrible, mais avec la pluie c’est horrible!


Bilan de ces trois jours de vélos:

  • Nous nous en souvenons encore
  • Nous en rigolons toujours
  • Nous auront permis de voir que l’on pouvait pousser nos limites 👍
  • Et d’être ambitieux par apport à nous même.

Au prochain épisode, nous retrouvons la Sarre…

2 commentaires sur « Récit de nos différents voyages à vélos. Episode 2 »

  1. Brrrr… j’en ai froid rétrospectivement, il est en effet très pénible de rouler par grand froid mais avec l’humidité en plus, je n’aurai pas fait beaucoup de km. Tant mieux si vous n’avez pas attrapé froid, c’est la preuve que vos organismes commençaient à être prêts pour le grand départ vers le nord de l’Europe.
    Merci pour ce témoignage.
    Amitiés, Thierry

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    1. Salut Thierry,

      J’espère que nos témoignage peuvent servir à d’autres.
      Mais le froid et la pluie c’est terrible, c’est pour cela que lors de notre grand voyage nous avons toujours tenté de nous abrité dans des locations lors de grosses intempéries.
      Bien amicalement
      Pascal

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