Récit de nos différents voyages à vélos. Episode 3

Après cette merveilleuse aventure de l’écriture et de la parution de mon livre je reprend les récits rétrospectifs de nos premiers voyages.

Nous voici au mois de juillet 2016 et nous avons un salarié sur la ferme. Nombreux sont ceux qui rouspètent après les charges mais nous voyons cela comme un investissement qui nous permet de nous libérer du temps, d’améliorer notre qualité de vie et avec ce temps nous projetons un voyage à vélo de plus d’un mois.

Nous souhaitons recommencer cette itinérance que nous avons dû arrêter au printemps, mais nous en modifions le parcours à partir de Koblenz.

Comme nous retrouvons les sources de la Sarre, nous vient l’idée d’effectuer:

Un voyage autour de l’eau.

Pas pour faire du bruit dans les médias, ou pour une cause écologiste ;  juste pour nous faire plaisir

Nous portons un grand respect pour l’eau car l’eau c’est la vie. Tant de personnes l’ont oublié, la gaspille comme si c’était normal, qu’à tout jamais elle coule du mur !!!

Beaucoup on perdu conscience qu’au moment où on laisse couler de l’eau interminablement et inutilement pour diverses raisons sur le même bateau terre, d’autres cherchent en vain un peu d’eau qui ne sera même pas potable.

Mais l’eau nous propose des visions de beauté à l’état pur, que ce soit des cascades, un lac où le soleil se mire… L’eau coule sur terre comme la vie doit couler en nous.

L’eau, c’est aussi la force.

Que ce soit par la lenteur et la patience gouttes après gouttes, elle finie par tout traverser ou alors c’est par la puissance avec les vagues et les tsunamis.

Lors de ce voyage nous allons découvrir l’eau sous des aspects très différents.

Nous retrouvons les cols de Prayé et du Donon, mais sous des températures très agréables et la descente sera cette fois-ci un grand plaisir ( pour ceux qui ne nous aurait pas suivi depuis le début aller voir l’épisode 2 ).

Nous prendrons du temps pour admirer la source de la Sarre. Je vois toujours un peu de magie dans ce filet d’eau qui sort de terre et va devenir au fil des affluents, puissant. Après de nombreux kilomètres il va se retrouver dans les océans, s’évaporer, retomber sur terre et recommencer le cycle. Cette eau peut devenir neige, glace, salée, passer des mois sous terre, au sud, au nord peu importe, depuis des millénaires elle est là et nous les humains n’avons plus de considération pour elle.

En peu de temps cette résurgence devient un torrent de montagne impétueux puis petit à petit il se transforme en une rivière qui s’élargit et coule paisiblement dans la campagne. Elle se faufile dans l’Alsace bossue, au pied de collines aux nombreux arbres fruitiers qui malgré le printemps tumultueux croulent sous les pommes, mirabelles ou quetsches. Des vaches ruminent paisiblement, regardent les canards se chamailler alors que le héron calme et stoïque attend qu’un poisson se présente. Nous sommes dans la douce France, bercée de tendre insouciance…

Défilent sur notre route de nombreuses villes et villages ayant la consonnance de la rivière. Saarebourg, Sarraltrof, Sarrewerden, Sarre-Union, Sarralbe et Sarreguemines … La ville où nous avions interrompu notre voyage au printemps, mais c’est incroyable car ici il fait à nouveau froid, ou disons pas très chaud. Mais pas au point de reprendre le train…

Et nous passons la frontière, bienvenue en Allemagne. La Sarre s’élargit et les Allemands ont conservé un trafic fluvial même sur des rivières de moyennes importances. Nous verrons  quelques péniches transporter sable, gravier ou charbon. Elles sont lilliputiennes face à celles qui naviguent sur le Rhin.

Nous voici à la confluence de la Sarre et de la Moselle, elle aussi vient des Vosges et si la première prend sa source dans les Vosges central, la seconde la prend dans les Vosges du Sud au col de Bussang.

Elle a déjà arrosé trois belles villes, Épinal, Nancy et Metz. C’est donc un fleuve au moment où la Sarre rencontre la Moselle. Les eaux s’unissent paisiblement, pas de tourbillon, pas de contre courant et ensemble les voici parties pour de nouveaux horizons.

Une très belle voie cyclable longe la Moselle et nous traversons de typiques villages de vignerons où l’on sent l’ambiance et la fête prête à sauter à la moindre occasion tel les bouchons de crémants. D’ailleurs inévitablement, nous en avons rencontré une et encore plus inévitablement nous avons posé nos vélos pour déguster un verre de vin de Moselle, très agréable, mais nous avons arrêté avant de rouler sous la table… nous devons rouler avec nos bicyclettes !

Les coteaux aux pentes raides descendent vers le fleuve et comme le long du Rhin pour monter dans les vignes, il y a des rails avec un petit chariot.

Pendant plusieurs jours, nous flanons au rythme du fleuve et effectuons quelques beaux bivouac avec des feux de bois, des lapins courants dans tous les sens et bien sûr pour se laver rien de mieux qu’une baignade. Les péniches sont plus nombreuses et plus importantes, ainsi que des bateaux croisières.

Nous ne voyons point le temps passer dans ce paysage bucolique et avec la lenteur du fleuve et des péniches nous  vagabondons. Voici déjà Koblenz et la confluence de la Moselle et du roi le Rhin , cette rencontre est digne de ce fleuve majestueux. Les eaux se mélangent avec ardeur, vigueur, bouillonnent, dans mon imaginaire c’est l’ouverture de la cavalerie légère de Franz von Suppé qui rythme cette union. Quand l’orchestre termine,  le Rhin continue son cours vers le nord avec fougue.

C’est très agréable de suivre ces fleuves car les voies cyclables sont non seulement faciles, mais aussi très bien balisées. Nous allons traverser de nombreuses grandes villes Bonn, Cologne Leverkusen, Düsseldorf, Duisbourg. Les voies cyclables restent loin des centres et passent dans d’immense parcs cela nous satisfait pleinement. Nous faisons une exception pour visiter la cathédrale de Cologne. C’est formidable nous n’avons pas la sensation de pédaler dans l’une des zones les plus habités et industrielle d’Allemagne le Land de la Ruhr.

Nous trouvons toujours de quoi installer notre tente. Quand nous retrouvons la campagne nous profitons de coucher et lever de soleil sur le fleuve, vu sa largeur les Allemands on construit peu de pont et grâce aux bacs nous faisons du saute mouton d’une rive à l’autre, il en sera de même aux Pays-Bas.  Nous aimons observer les péniches, soit elles se laissent porter par le courant ou moteur rugissant se battent contre celui-ci.  A force de côtoyer le Rhin il y a une union, presque une complicité qui se passe entre lui et nous.

Tout à coup l’écriture n’est plus la même, le parler et l’accent s’est modifier. Nous sommes aux Pays-Bas. A partir d’ici nous abordons le delta du Rhin qui est un assemblage d’eau et de canaux. l’Escaut est tout proche, la Meuse ou Maas partage son cour et le delta avec le Rhin. Ce delta est fractionné par de nombreux bras et c’est le plus important que nous suivons.

Nous pourrions nous ecriyez : que d’eau, que d’eau ! Comme le fit Mac- Mahon à la vue des inondations de Toulouse. Mais nous préférons dire de la bière, de la bière pour arroser l’arrivée dans ce pays, ce que nous faisons à la première terrasse que nous croisons.. Le fleuve s’élargit encore, son envergure devient impressionnante. Et nous nous rapprochons de Rotterdam.

Le ciel au loin devient très sombre et le vent de la mer proche nous envoie de gros nuages. En contre bas de la piste un champ enherbé avec des restes de paille, endroit idéal pour notre bivouac. Rapidement les nuages lâchent leur surplus d’eau en de magnifiques grosses gouttes de pluie qui fond des flocs, clocs et plocs sur le toit de la tente.

Le lendemain le ciel reste très noir et laisse s’abattre sur nous larmes, sanglots et bien plus encore. Nous obligeant à rester la journée à l’abri. Nous avons ce qu’il nous faut pour nous occuper, lecture, jeux de cartes…

Ce répit d’une journée va nous permettre de traverser Rotterdam un dimanche et c’est très bien car du coup la ville est sans encombrement et très peu de camions

Mais avant cela voici pour nous un grand événement ! Pour la première fois nous passons avec nos vélos chargés 1000 kilomètres !✌️Nous sommes tout excité. Pour marquer l’événement nous écrivons au sol 1000 avec des herbes. Puis repartons enthousiaste, dépassons Rotterdam et dormirons dans un parc, ce qui le matin inquiéte un peu un jardinier qui ne dit rien mais nous surveille du coin de l’oeil.👀

Dans peu de temps nous arrivons sur un lieu dont je rêvais depuis des années : Hoek van Holland. C’est ici que le Rhin mélange son cours aux flots de la mer.

Nous y sommes, un vent de gueux, une pluie bretonne voilà comment me remercie le fleuve pour qui je voue une admiration. Mais ne dit on pas : mariage pluvieux, mariage heureux ! C’est ici que le Rhin se marie avec la mer. S’unissent les eaux du fleuve, de la mer et du ciel l’on ne pouvait souhaiter plus belle fête.

De l’eau argenté à perte de vue portant d’énormes navires se dirigeant vers le port ou partant pour de lointain pays. Sur la rive opposée on distingue dans la brume des bras immenses qui bougent aux ralentis, non ce n’est pas un quelconque horrible monstre qui sort des eaux ce sont les grues qui inlassablement décharges les navires.

La pluie mais surtout le vent qui soulève le sable et qui vient cinglée notre visage vont avoir rapidement raison de nous et nous repartons ; nous reprenons la piste cyclable pour d’autres aventures car notre voyage est loin d’être fini…

2 commentaires sur « Récit de nos différents voyages à vélos. Episode 3 »

  1. Belle description d’une grande région pas spécialement courue pour ses attraits touristiques. Mais vous en parlez bien, et vos mots donnent envie d’aller voir ce qui s’y cache… Merci de ces souvenirs et témoignages, ils sentent le « vécu » !
    Amitiés
    Thierry

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    1. Salut Thierry,

      Effectivement région peu connu et heureusement il en reste encore pas mal.
      Alors même à vélo et surtout à vélo sortons des sentiers connus, des euroveloroutes et partons découvrir…. Du moins nous c’est ce que nous aimons et toi et nombreux de nos lecteurs c’est ce que vous aimez.
      Amicalement
      Pascal

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