Récit de nos différents voyages à vélos. Episode 6

Nous repartons sillonner les routes du Rhin Romantique ( voir épisode 1 ) et remontons en direction de Coblence en Allemagne. Cette fois-ci, nous avons pris de l’assurance et nous effectuons du bivouac sauvage. Certains restent mémorables comme celui où nous nous sommes retrouvé coincé entre une station d’épuration et la voie ferrée. Il n’y avait pas de mauvaise odeurs mais en contre partie il y eu beaucoup de trains et particulièrement des trains de marchandises qui à leur passage provoque un vacarme incroyable.

La traversée de cette partie du Rhin reste toujours aussi exceptionnelle et pour changer nous avons du beau temps. Nous traversons un village où des affiches annoncent une soirée du Rhin en feu avec fête du vin dans le village de Braubach tout proche de Loreley, cette manifestation à lieu le soir même.

Nous avions entendu parler de ces soirées pyrotechniques qui enflamment le Rhin comme un moment à vivre absolument.

Nous ne sommes pas sur la bonne rive, donc nous revenons un peu sur nos pas pour trouver un bac qui nous permet de franchir le fleuve.

Puis nous filons comme des flèches jusqu’au village et plus particulièrement vers le camping pour nous installer, car nous voulons pleinement profiter de la fête. Arrivé à celui-ci la gérante qui parle français nous annonce que c’est complet ici et dans les environs. Nous lui expliquons le voyage que nous venons d’effectuer avec nos vélos et disons qu’il ne nous faut pas un grand espace. On insiste, on baratine presque on supplie et elle nous trouve un tout petit espace entre une flèche de caravane et le grillage du camping.

La tente montée nous partons randonner et gravir cette colline qui surplombe le Rhin afin de découvrir le fleuve et ses méandres en prenant de la hauteur. Mais avant de grimper nous allons faire un coucou à Loreley.

La montée en petits lacets très raide nous élève au dessus du fleuve, plus ça monte et plus nous enlevons les couches de vêtements. Enfin le sommet et la vue est incroyable ; nous dominons les villages, leurs châteaux et celui qui trône au centre, le Rhin.

. C’est somptueux !! Nous continuons notre promenade traversons des villages haut perchés et des points de vues.  De nombreux stand pour servir saucisses et bière sont en pleine effervescence afin d’être prêt pour l’arrivée du public. Des personnes s’installent déjà à des places stratégiques pour profiter pleinement du spectacle.

La descente est très agréable au milieu du vignoble avec toujours le Rhin en toile de fond.

Arrivée à Braubach les festivités débutent des orchestres donnent le ton pour l’ambiance de ce soir. La bière commence à couler dans les différents barnum et après une telle randonnée une bonne pinte nous fera du bien.

Avec Loreley en haut à gauche

Nous retournons à notre campement une douche et nous sommes prêt pour la fête. Nous rejoignons le centre du village où les viticulteurs dans leur cours intérieures invitent à la dégustation. Il est impossible de ne pas se laisser tenter et découvrir les vins du Rhin.

Cette fois-ci la fête bat son plein, des orchestres à chaque coin de rues, des bancs et des tables pour s’installer boire et manger dans une ambiance des plus festives. Nous nous retrouvons attablés avec les Allemands, bouteille de vin et bien sur une wurst avec salade de kartoffeln.

Dans ces moments, la langue n’est plus une barrière car c’est le rire, le chant et la fête des êtres humains.

C’est dans cette ambiance de bombance que la nuit arrive doucement. Dès que la pénombre est bien installée voici que toutes les lumières s’éteignent et les orchestres s’arrêtent. Il est temps de rejoindre la rive du fleuve.

Et là, le spectacle est incroyable:

la circulation fluviale a été interrompu et sur toute la largeur du Rhin (+ de 100 mètres) et sur une longueur d’environ 500 mètres, il y a des bateaux de toutes sortes, de toutes tailles avec des guirlandes et des lumières. C’est impressionnant !

Subitement une déflagration et le ciel s’illumine, les bateaux éteignent leurs illuminations. Le ciel est couvert nous sommes enveloppé par une nuit très sombre. Cette fois ci le feu d’artifice déclenché depuis le château de Braubach ne s’arrête plus, les scintillement du feu ne sont pas éteint que déjà le suivant illumine le ciel. Ce dernier ne doit pas apprécier, prend-il cela pour de la défiance? En tout cas voilà que tombe sur tout les spectateurs une pluie violente, mais le show pyrotechnique ne s’arrête point et c’est tellement majestueux que personne ne pense à quitter les lieux.

De nombreux allemand ont fait  comme nous, ou c’est nous qui les avons imités mais personne n’a les mains vides . C’est à dire que pour tenir le coup nous avons une bouteille de vin et bien entendu deux verres. Vu l’importance de l’averse il faut rapidement vider son verre au risque d’avoir beaucoup d’eau dans le vin.

Le feu d’artifice partant du château n’a pas le temps de s’arrêter qu’un deuxième  feu est tiré depuis un bateau. Le ciel est en feu c’est absolument magnifique. Et celui-ci se termine qu’un troisième feu est tiré depuis le château situé sur la rive opposée. Toujours aussi beau mais ne voilà pas que le bruit dû au lancement des feux d’artifices s’amplifie. Le festival pyrotechnique est tiré depuis les trois lieux, c’est absolument incroyable le  claquement des explosions suivi d’un embrasement de la voûte céleste. Où porter notre regard ?? Les étoiles factices scintillent de toute part, du bleu, du jaune, du rouge, du blanc… Certes il y aussi du rouge dans nos verres peut être qu’il nous permet de voir plus d’étoiles qu’il y en à  ????

C’est impressionnant ces myriades d’étoiles qui s’envolent dans les cieux de tous les côté. Oui ! C’est bien vrai le Rhin est en feu !

Subitement tout s’arrête, la nuit nous enveloppe et uni les cornes de brumes des bateaux s’élèvent depuis le fleuve, signalant la fin du spectacle. Cet instant est bouleversant et à ce moment la foule est prise d’une émotion qui va se libérer dans de puissant applaudissements.

La pluie abondante ne nous a pas abandonnée mais le spectacle étant si grandiose et prenant que nous en avions oublier la tristesse du ciel qui s’épanche sur nos têtes.

La majorité de la foule se précipite dans leurs maisons ou leurs voitures pour se retrouver au sec, les plus téméraires ou les plus fêtard comme nous vont encore soutenir les barnum restant courageusement ouvert. Quoi de mieux pour clôturer une telle soirée ou pour créer le bouquet final du spectacle pyrotechnique qu’un verre de crémant avec une wurst….

Il est temps de retrouver nos duvets, alors vaillamment nous prenons la direction du camping, les gouttes de pluie cingle notre visage. Nous marchons d’un bon pas et nous voyons bien les lumières du camping mais nous ne trouvons plus l’entrée. A force de marcher nous ne voyons plus de camping. A ce moment nous comprenons que nous avons dû aller trop loin, mais surtout que tout ces étoiles dans le ciel nous ont éblouis et remplis le coeur d’explosion de joie… peut-être que les pintes et verres devin absorbés ont aussi leurs responsabilité.

Le villagen a retrouvé son calme et les orchestres se sont tus depuis quelques temps quand nous trouvons enfin l’entrée du camping et notre chère petite tente. Ouf  ! Bon moi je m’endors bien mais l’estomac de Laetitia n’a pas apprécié le dernier verre et voilà qu’il lui fait quelques misères…🤮🥴

Le lendemain pas le temps de s’apitoyer sur notre état de fatigue, nos destriers à deux roues  hennissent d’impatience. Nous voici repartis nous disons au-revoir à Loreley en passant devant sa statue et nous parvenons au village de Rudelsheim. Pour les cyclistes une  » umleitung  » (déviation) s’impose et en Allemagne hors de questions de ne pas la respecter. Simplement que cette déviation nous amène à avoir un temps d’arrêt car elle part sur notre gauche et là se dresse une route dont la verticalité nous semble impossible d’escalader. Mais que faire ??

Pas le choix il faut s’engager ! La route à un pourcentage qui nous donne des frissons, je m’engage la peur au ventre, Laetitia me suit son estomac d’émotion retrouve vite sa place. Les voitures qui descendent s’arrêtent en respect face à nos zigzaguement pour arriver à hisser nos montures quand à celles qui nous suivent aucune ne prétend nous doubler et encore moins klaxonner.

La déférence se ressent chez les chauffeurs et passagers des voitures que nous croisons et nous avons droit à des sourires et des pouces levés. Je ne sais plus la distance de cette côte mais je me rappelle comment mon coeur et mon souffle était satisfait lorsqu’à un croisement je posais pied à terre pour reprendre mes esprits. La route continue à monter avec un pourcentage un peu plus acceptable pour des cyclistes qui n’avaient qu’une ambition suivre des fleuves et évoluer sur de belles routes plates.

Nous voici arrivé au sommet après 4 kilomètres de montée. Nous sommes euphoriques d’avoir réussi cette ascension et nous rions de joie.

Nous venons de renverser, de briser toutes nos limitations mentales qui voulaient absolument nous faire croire que nous étions incapable de réussir à monter.

Ces convictions inscrites en nous qui nous disaient : les montées ce n’est pas pour nous et nous faisait presque croire que ceux qui s’aventurent sur de telles ascensions sont fous.

Nous sommes capables et merci à cette  » Umleitung  » qui nous ouvre de nouvelles portes.

Au sommet de cette coline se trouve le monument de Niederwalddenkmal. L’un des monuments les plus visités d’Allemagne, c’est vrai qu’il est majestueux et impressionnant. Sa construction commença en 1873 pour se terminer 7 ans plus tard et il commémore la réunification de l’Allemagne après la victoire sur la France de 1871 et l’annexion de l’Alsace et d’une partie de la Lorraine.

Après cette montée qui pour nous est un exploit et la visite de ce monument impressionnant, nous amorçons une belle descente, retrouvons le Rhin et filons sur Strasbourg.

Nous profitons des derniers bivouacs, du fleuve et d’une belle campagne. Arrivés à Strasbourg nous retrouvons l’un de mes fils dans un winstub au pied de la cathédrale. Après ce repas il est prévu que tranquillement nous rentrions chez nous.

Ce qui est formidable c’est quand dans le prévu et l’organisé vient ce faufiler l’imprévisible et la surprise.

Pendant le repas mon téléphone vibre et c’est ma fille qui me dit demain à Colmar apéritif et repas chez moi. Cela ne peut se refuser. Nous quittons Boris et au lieu de prendre la direction des Vosges nous retournons en Allemagne pour emprunter de belles pistes cyclables longeant le Rhin.

Un bivouac et nous voici à Colmar chez Pauline, c’est à ce moment que mon fils Laurent m’envoi un message demain repas chez nous à midi. Décidément mes enfants ne veulent pas que l’on rentre.

Encore une agape familiale et tranquillement nous prenons le chemin de notre demeure. Nous n’aurons effectué qu’un léger détour de 150 kilomètres. Mais quand on aime on ne compte pas.

Remontant le val de Villé où nous effectuerons notre dernier bivouac nous passons devant chez un viticulteur nous faisons l’acquisition d’une bonne bouteille de vin local qui nous fera passer une belle dernière nuit sous la tente.

Après 3800 kilomètres d’un voyage extraordinaire nous voici de retour chez nous.

Les chiens jappent de joie en remuant la queue,

les vaches meuglent en reconnaissant notre voix,

les chevaux hénissent en sentant notre odeur,

les poules caquettent pour nous souhaiter la bienvenue

et les oies cacardent pour orchestrer le tout.

Enfin c’est la fête dans la chaumière.

Après un mois et demi de voyage cela fait bizarre de retrouver cette vie de sédentaire et à partir de maintenant les questions vont nous assaillir. Nous allons avoir l’hiver pour méditer, rêvasser et préparer l’avenir …

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