Tour de France à vélo des massifs : la route des grandes Alpes

Nous quittons ce promontoire les yeux ravie du paysage matinale que nous offre le lac Léman et les montagnes. Il nous tarde d’arriver à Thonon les Bains, au kilomètre zéro de la route des grandes Alpes.

Nous longeons le lac et la circulation étant calme, nous avons le temps de profiter du panorama car il faut bien se rendre à l’évidence ce lieu est exceptionnel ;

la grandeur du lac lui donne une puissance identique à une mer, les montagnes qui l’enveloppe et le domine, précédées sur les contre fort par le vignoble confère un prestige à ce lieu.

Nous franchissons la frontière franco suisse sans problème, voici Thonon et c’est le coeur battant que nous passons le panneau d’entrée de l’agglomération, car maintenant pour nous c’est une aventure qui débute.

Les cols que nous avons passé jusqu’à maintenant sont la risée de ces Dieu de la route qui font souffrir chaque année cyclistes amateurs ou professionnels. Ils ont déjà joué plus d’un tour, mis en échec les plus malins et des grand champions. Alors nous, qui sommes nous avec notre manque d’entraînement dans cette arène et me concernant encore un bonne dizaine de kg de surpoids. A ce moment je me dis que nous devons avoir un grain de folie, même un gros grain, c’est un peu comme si on montait sur un ring de boxe face à Mohamed Ali en pensant le vaincre. 🤔

Nous ferons une pause d’une journée à Thonon pour nous préparer psychologiquement. Un tour à l’Office du tourisme qui propose une exposition sur la route des grandes Alpes et la vente  de souvenirs et de tenue de cycliste.

Nous en profitons aussi pour prendre chacun notre carte de contrôle à faire tamponner dans des offices du tourisme tout au long de la route.

Pour nous gorger de vaillance nous allons manger dans un restaurant trouver lors de nos flânerie en ville, au nom évocateur pour nous  » le tandem « .


Cette fois- ci c’est parti, les premiers coups de pédales sont données sur la  D 902   très circulante et voici l’entame des lacets du col des Gets situé à une altitude de 1172 mètres. Ils se monte facilement et c’est plutôt les camion du BTP qui vont nous faire souffrir que le pourcentage. Laetitia a faillit se faire renverser par un semi remorque transportant une pelle mécanique. Aujourd’hui, nous nous en souvenons encore et elle ne doit son salut qu’à son réflexe,  grimper sur le talus du bas côté.

Alors on se fait une montagne de ces cols Alpestre mais quel est donc cette plaisanterie, un pourcentage moyen de 3,74% avec une pente maximum de 6%. On se marre🤣🤣.

Nous descendons sur Taninges où nous prenons un peu de repos car il fait très chaud. Le col de Châtillon 741metres au dessus du niveau de la mer sépare les vallées du Giffre et de l’Arve. Il ne faut pas se fier à sa faible altitude et son versant court de 3 kilomètres 700 il propose une pente en moyenne de 5%. Franchit ce dernier, nous abordons une sacrée descente sur Cluses ; à l’entrée de cette agglomération un ravitaillement en fromage locaux tel que abondance et beaufort est le bienvenue.

A partir de Scionzier nous abordons la montée du col de la Colombière. Celui-ci a un profil un peu plus sérieux que le col des Gets.

Notre idée est de gravir une première partie du col ce soir, il est trop tard pour arriver au sommet. Ce col est déjà un peu plus ambitieux de part sa hauteur 1613 mètres mais aussi sa pente une moyenne de 6,8% pour le passage le plus pentu à 10,2%. Le rire que nous avions au sommet du col du Gets se transforme en grimace.

Pour ce soir nous passons les 9 premiers kilomètres, il y eu bien des passages à 8% mais enfin cela ne fut pas effrayant.

Repos au Reposoir c’est un nom prédestiné pour le repos du guerrier… de la route ! C’est le long de la chapelle que nous montons notre tente.


Au matin la bataille commence…il nous reste 7 kilomètres jusqu’au sommet et nous n’avons guère le temps de nous échauffer car le premier kilomètres est effectué sur une pente de 6%. Les 6 autres restant ne nous firent point de cadeaux car nous passons de 8% puis 9% pour terminer par un 10,2%.

Cela réveille et les kilomètres à 8 et 9% furent difficile à avaler quand au dernier à un peu plus de 10% nous eûmes du mal à le digérer. Notre premier contrôle de classe de débutant est bien réussi nous obtenons la moyenne et avons le droit d’aller découvrir les grands frères de plus de 2000 mètres, cela nous donne confiance quand nous portons notre regard sur les cimes lointaines.

La descente nous mène au Grand Bornant où se tient un marché très animé. Un arrêt bien utile car notre regard croise de belles saucisses de campagnes entrain de se faire griller non pas au soleil mais sur un barbecue, celle-ci nous font un sacré clin d’oeil il serait indécent de ne pas y répondre ! L’estomac est déjà dans les talons et c’est heureux que sur des chaises devant la mairie nous nous sustentons.

Cette fois ci devant nous s’élève le col des Aravis, en passant par le col de St Jean de Sixt 956 mètres

Quand nous arrivons à ce col il nous reste 9 kilomètres jusqu’au Aravis et nous en avons déjà parcouru 9, ce qui va nous faire le plus souffrir c’est la chaleur.

Le col des Aravis le point le plus bas de la chaîne des Aravis, nous passons de la Haute-Savoie à la Savoie. Peu de monde quelques cabanes de souvenirs et surtout des vendeurs de peau de vaches. Sur un banc nous admirons les falaises qui domine le col et qui prennent des formes de visages.

Dans la descente à la sortie d’un virage le Mont Blanc est face à nous, on croirait pouvoir le toucher et faire glisser le bout des doigts sur la neige et le glacier.

C’est la dernière fois dans ce périple que nous admireront le toit de l’Europe. Au milieu d’une prairie aux milles senteurs nous nous asseyons, contemplons et nous émerveillons. Le temps dans ces moments s’arrête.

Avant Flumet nous piquons un petit roupillon et nous baignons dans un torent de montagne bien frais qui nous revigore et nous offre un efficace massage de part la force du courant. Bivouac proche du village où il ne faut pas oublier de faire tamponner nos cartes.

Pour cette 3 ème journée Alpestre nous abordons le col des Saisies, 15 kilomètres de montée au pied du col un panneau annonce une pente moyenne de 5% avec un passage à 11% rien d’effrayant. Pourtant ce fut une ascension difficile qui nous fit souffrir. J’aime les pentes régulières même si le pourcentage peut être élevé, il suffit de prendre un rythme dans ce col impossible. On passe de 10%  à 2%, au 9 ème kilomètre il y a même une descente sur un kilomètre et demi environ pour reprendre sur une grimpette de 10% qui passe à 4% , 1,3% et on repique un 8% juste avant d’arriver.

Je ne sais si ces chiffres vous donnent la sensation de ce que nous avons vécus mais ce fut difficile pour tous les deux. Nous arrivons dans un village créé de toute pièce pour le ski, il n’y a pas de grands immeubles et les architectes ont gardé l’idée des constructions locales, avec des châlet en bois et en pierre, mais cela nous paraît sur fait et nous ne traînons pas.

Après une belle descente nous arrivons à Beaufort, nous passons un peu de temps à l’Office du tourisme, car nous profitons du wifi. L’après midi, la chaleur et le temps lourd nous empêche de remonter sur nos vélos. Nous allons jusqu’au plan d’eau de Marcot pour une sieste,une baignade et notre bivouac ; histoire de récupérer et de se préparer pour le lendemain, les choses sérieuses vont commencer.

C’est la haute montagne qui se présente à nous…

Pour l’instant

nous avons parcouru

170 kilomètres pour 3558 m de D+

5 commentaires sur « Tour de France à vélo des massifs : la route des grandes Alpes »

  1. Salut Thierry,

    Oui quand la motivation est là on gravi les montagnes, les plus hautes et les plus belles. C’est un cadeau exceptionnel et c’est avec une joie intense que je me remémore ce voyage grâce aux notes de Laetitia et aux photos que j’ai prises.
    Je suis heureux de le partager car pour nous ce fut exceptionnel, nous avons découvert nos capacités, notre force intérieure et c’est ce qui nous a permis de partir à travers l’Europe.
    Bientôt la suite et les épisodes seront nombreux.
    Amicalement
    Pascal

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  2. Merci Gabrielle. Oscar Wilde disait : Les folies sont les seuls choses que l’on ne regrette jamais.
    Certainement nous avons été un peu fou mais quatre an après c’est un plaisir immense que de vous raconter ce périple incroyable.
    A bientôt

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  3. Quelle motivation il faut pour se lancer dans des aventures pareilles ! C’est un récit passionnant, précis et complet, plein d’observations utiles. Merci beaucoup aussi pour les photos. Bon ok, elles nous font un peu penser au Tour de France (sauf celle du torrent 😊), mais personne ne vous en voudra car vous méritez de vous shooter à l’adrénaline du succès.
    La suite !…
    Amitiés, Thierry

    Aimé par 1 personne

  4. Vous êtes fantastiques , je vous admire 🤩 J’ai beaucoup aimé la comparaison de votre expérience avec celle de monter sur un ring pour combattre Mohamed Ali 😊
    Et bien sûr toujours de très belles photos…
    Au plaisir de vous lire .

    Aimé par 1 personne

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