Tour de France à vélo des massifs : les Alpes, le Cormet de Roselend et le Géant !

Les flancs du Cormet de Roselend se présentent à nous, en sa compagnie nous allons frôler les 2000 mètres, exactement 1967 mètres. Nous rentrons dans le vif du sujet , s’en suivront d’autres cols à plus de 2000 mètres. Nous commençons par des gorges, c’est une route étroite avec peu de circulation qui se faufile entre les falaises et nous entendons fréquemment des pierres dégringoler.

Devant nous 20 kilomètres de montée avec une pente moyenne de 6% et maximum 9,6%, lui n’ont plus n’est pas très régulier. Je pourrais dire c’est une montée en deux parties une première nous hisse jusqu’au col du Méraillet,

où nous découvrons le Lac de Roselend. Nous dominons la cime des arbres et cela nous offre une belle vue ? Non ! Une vue qui nous fait frissonner par son immensité.

Ici une légère descente sur un kilomètre et demi puis la route se redresse, le paysage s’ouvre sur de grandes prairies dans lesquelles gambadent un peu partout les marmottes, lançant leur sifflement strident ; s’y trouve également des torrents impétueux qui à la fonte des neiges dévalent à flanc de montagne.

Voilà ce que j’écrivais à l’époque :


 » Combien de temps allons nous mettre ?
Peu importe
Le soleil se lève sur les sommets.
Seule obligation
Ecouter notre corps
Pour gérer l’effort.
A cette heure matinale
Moto, camping car,
Tout véhicule pétaradant
Dont le cyclo voyageur se méfie
Sont encore bien rare.
Nous montons paisiblement
Au son des cloches des vaches
L’orchestre du ruisseau
Où l’eau saute de roche en roche
Cette chorale est intensifiée par les cascades .
C’est un geai qui surprit
S’envole avec son cri strident
Les fleurs aux nuances multiples accompagnés des rhodo
Nous encourage par leur couleur vivent.
Enfin le cri des marmottes
Accueil notre arrivée au sommet
3 heures de montée dans l’effort
Quel bonheur d’entendre
Près de soi le souffle de la personne aimée
Qui avance au même rythme
Encore un coup de rein
Tous les pics et sommets avoisinants
Apportent la touche finale. Au bonheur du cyclorandoneur « 

Voici le Cormet et pourquoi pas col comme les autres ?

Cormet vient du latin Cullen signifiant sommet, voilà les explications que je suis arrivé à grappiller pour comprendre ce mot.

Notre arrivée suscite de l’intérêt et de l’étonnement et avant que nous partions au milieu des fleurs pour déguster un bon morceaux de fromage avec de belles tranches de pains, il nous faut raconter notre montée, notre projet. Nous voyons les regards et les visages se transformer en étonnement, admiration et grand respect. Cela se termine fréquemment par les mêmes mots :  » vous en avez du courage « . Je reviendrais sur cette phrase que nous allons entendre des centaines de fois.

Pour l’instant nous abordons la descente sur Bourg Saint Maurice et notre regard scrute, cherche dans les sommets environnant celui qui nous attend demain.

Nous voici dans cette petite ville de montagne dans la vallée de la Tarentaise, qui se repose sur les bords de l’Isère. Mais en cette soirée je crois que cela nous importe peu. Nous faisons tamponner notre passeport à l’Office du tourisme, ravitaillement limité au repas du soir, car il n’est pas questions de charger le sac cuisine vu ce qui nous attend demain. Nous sortons de la ville et trouvons une prairie un peu à l’écart pour notre bivouac. Repas bien local Reblochon fondue sur des pommes de terre.


Demain, nous abordons le géant le col de l’Iseran et ses 2770 mètres, le plus haut col de notre périple. Il est difficile de définir notre état en cette soirée. Inquiet ? Pas vraiment. Fébrile sûrement un peu ! Obsédé par le nom de ce géant de ce roi des Alpes sûrement.

Mais je me remémore Gandhi qui disait :  » Celui qui veut gravir la montagne, ne doit pas se laisser impressionner par la hauteur « 

Nous savons que nous avons 48 kilomètres de montée, que le pourcentage moyen est de 4 % et la pente maximum de 6,9%, ces chiffres n’ont rien d’effarant.

Par contre la longueur nous laisse perplexe, car nous savons que la fatigue s’accumule, nous savons aussi qu’au-delà de 2000 mètres quand on fournit un effort la respiration peut-être plus compliquée.

Voilà ce que nous savons. Nous ne savons pas comment nous allons tenir le coup sur la longueur et comment notre organisme va réagir au delà des 2000.

Êtres conscient de tout cela nous permet de rester calme et serein et de nous organiser. Demain debout à 4h00 car nous n’avons aucune idée du temps que nous allons mettre pour avaler ces 48 kilomètres.

Le réveil sonne, il fait encore nuit noire. Petit déjeuner et nous plions nos bagages, a l’inverse des autres jours c’est nous qui réveillons les oiseaux ce matin, mais ils ne nous en tiennent pas rigueur et nous stimule avec leurs chants.

Nous sommes serein et l’ambition d’arriver au sommet de ce col majestueux est bien ancrée en nous.

4h50

L’idée que nous pourrions abandonné, faire demi tour ne nous effleure même pas. Nous sommes obsédé par cette montée que je connais presque par coeur après avoir regardée le profil maintes et maintes fois sur internet. Nous sommes enthousiaste et empressé de monter sur nos vélo pour commencer la lutte, car nous savons que nous allons souffrir.

Il est 5h30, c’est parti! Nous donnons les premiers coups de pédales pas question d’aller trop vite, de perdre des forces dans une exubérance inutile.

Concentrés et heureux de réaliser ce défi, nous partons dans le jour qui commence à se lever en silence et sous l’acclamation d’un concert oiselesque.

Les sommets alentours sont illuminé par le soleil. Les neufs premiers kilomètres sont tranquilles et permettent un bon échauffement, les 14 suivants la pente est en moyenne de 6% et nous l’avalons tranquillement, le paysage est sublime, ce lever du jour est un son et lumière offert par la montagne. Nous passons des tunnels, des paravalanche et la pente se calme un peu sur six kilomètres et nous voici à Val d’Isère… 9h30

Nous nous octroyons une pause casse croute et un moineau vient se poser sur notre sac cuisine non pas pour nous voler de la nourriture mais nous féliciter et nous encourager. Je vois en lui le messager de tous ces oiseaux qui nous ont vu partir à l’aube ce matin et qui nous félicitait, nous ont ovationné. Il est venu nous dire : « vous êtes sur la bonne voie, vous allez gagner votre pari personnel. Nous, le monde des volatiles nous le savons. »

Merci moineau !

La route à la sortie de Val d’Isère une longue ligne droite en pente douce.

Il nous reste 18 kilomètres, la pente va rester sur une moyenne de 6%, mais nous commençons à ressentir un manque de préparation. Le muscle du grand fessier ou Gland gluteal se met à nous brûler cela devient insupportable et tous les 3 kilomètres nous posons pied à terre pendant quelques minutes pour le calmer. Les muscles des cuisses, dans une moindre mesure se rappelle à notre souvenir.

Nous profitons des ces pauses pour admirer le paysage qui est grandiose.

Et repartons plus déterminés que jamais.

Nous y arriverons par saut de puce c’est certain, mais maintenant que nous passons le pont St Charles à 2054 mètres nous savons que nous tenons le bon bout. Il nous reste 12 kilomètres et 720 mètres de dénivelé. Mon compteur oscille entre 6 et 8 km/h.

Nous avons droit à des pouces levé, des signes de la main des nombreux camping car et motards. Quand nous arrivons dans un virage en épingle à cheveux nous ne prenons pas la corde pour éviter une pente très sévère et nous nous portons au milieu de la route, voire carrément sur notre gauche pour passer ce virage sur sa partie la plus douce. Les chauffeurs de véhicules à moteurs sont compréhensifs et s’arrêtent pour nous laisser la voie de libre, aucun n’aura l’outrecuidance de nous klaxonner. Quand aux cyclistes sur leur vélo de route qui nous doublent ils ont toujours un mot sympathique, certains restent à notre hauteur pendant quelques tours de roues pour discuter un peu.

Ces paysages nous font oublier notre douleur.

Je me souviens d’un monsieur qui avait les cheveux plus gris que les miens qui me fit cette réflexion :  » félicitations, moi déjà j’en chie avec mon vélo léger, alors vous bravo ! « 

Je me souvient lui avoir rétorqué :  » oui mais vous montez plus vite et sans effectuer d’arrêt, alors chapeau! « 

Cet homme je ne l’ai jamais revu, je ne connais pas son prénom mais le souvenir est ancré en moi et de ces moments notre coeur en déborde.

Quand l’homme vit sa passion, quand il est bien avec lui même et ce qu’il fait, tombe alors toutes les barrières sociales, toute la haine et c’est la solidarité et le respect qui se met en place.

De pause en pause, de contemplation en émerveillement nous arrivons au col de l’Iseran 2770 mètres d’altitude, 48 kilomètres de montée en 5h10 sans les poses.

Nous sommes fier et heureux !!! Nous ne sommes pas du genre à vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué, mais nous pensons que notre défi incroyable nous allons le gagner. La seule chose qui pourrait nous arrêter, c’est l’accumulation de la fatigue qui engendre souvent des problèmes de santé et particulièrement tandineux.

Avant de crier victoire, il nous reste encore 5 cols à plus de 2000 mètres, alors on verra.

Nous profitons un peu du sommet même si il ne fait pas très chaud, il y a encore de la neige un peu partout, nous sommes le 24 juin et le col est seulement ouvert et dégagé depuis le 10.

Le col franchi, la descente est très pentue et il faut être vigilant pour ne pas se laisser emporter par la vitesse. Après 26 kilomètres de belle descente ne voilà pas que la route remonte! Légèrement 1% puis 5% et ceci sur deux kilomètres. Ce n’est pas long mais un calvaire. Les muscles sont fatigué de l’effort fourni et refroidi par la descente. En plus nous ne nous y attendions pas du tout donc la tête n’était pas prête à remettre l’effort d’une montée même sur une courte distance.

Nous voici au col de la Madeleine 1746 mètres, rien à voir avec l’autre col de la Madeleine dont l’altitude est de 1993 mètres aux pentes pentes terrible allant de 8% à 13%.

Elle en peut plus la madame !🤣

Enfin cette fois ci, c’est certain il n’y a plus que de la descente. Ce soir nous allons au camping pour une bonne douche et surtout nous voulons prendre une journée de repos avant d’aller rendre visite aux petits frères de l’Iseran. Depuis Thonon nous parcouru 299 kilomètres pour 6970 de D+ et pour cette journée 75 kilomètres pour 2000 de D+.

Alors pour ce soir Diots au Beaufort avec un vin de Savoie. Je sais ce n’est pas diététique pour des sportifs qui se mettent un tel défi mais nous sommes capable de réussir les deux. L’exploit physique et l’exploit gastronomique.

Rejoignez nous pour la suite et vivez avec nous une journée de repos.. qui n’en est pas une ! 🤔

Et il reste quelques 2000 à gravir alors on y va ????

7 commentaires sur « Tour de France à vélo des massifs : les Alpes, le Cormet de Roselend et le Géant ! »

  1. Quel exploit !!! Bravo. Moi j’ai eu la chance de pouvoir dévaler les pentes de ces cols en skis je pense donc bien pouvoir imaginer l’effort que cela demande de les monter à vélo, je crois que je préfère les skis… Merveilleuse rencontre avec le petit moineau qui est porteur d’un message encourageant.
    Curieuse de lire votre journée de repos.
    Bise

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    1. Salut Gabrielle,

      Sûrement plus facile de descendre en ski peut-être plus dangereux vu le monde. Les paysages souvent être différents mais tout aussi éblouissant !
      Il faut savoir écouter les messagers du ciel !
      A demain pour la journée de repos…
      Bises
      Pascal

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  2. Belle page de souvenirs, de muscles meurtris et de photos d’exploits. Oui, il faut être super-motivés comme vous l’êtes tous les deux pour tenir si longtemps sur un vélo si lourd, virage après virage. BON, ok il y a les paysages et les autres usagers de la route apparemment compréhensifs, mais tout de même: FAUT LE FAIRE NOM DE NOM !
    Bravo !
    Amitiés, Thierry

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    1. Merci Thierry, c’est vrai  » faut le faire  » et c’est sûrement pour cela que tout se monde qui fourmille sur les routes nous estime.
      Mais nous prenons aussi beaucoup de bonheur.
      Demain la suite…
      Amicalement
      Pascal

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