Tour des massifs.Transition Alpes/ Pyrénées.

En cette période où nous clôturons une année et en abordons une nouvelle, je veux vous partager cette symbolique que Pierre Rabhi racontait dans ces conférences. Celle-ci devrait faire réfléchir chaque Être humain; du président de la République au chômeur et de l’ouvrier au PDG d’une multinationale.

En ramenant la création du monde à 24 heures cela fait une minute trente que l’homme est sur terre.

La terre, l’Univers fonctionne très bien sans nous depuis 23 heures 58 minutes et 30 secondes.

Et nous nous croyons tout puissant, nous croyons tout maîtriser, nous disons et répétons à tours de bras  » il faut sauver la planète « .

Elle n’a pas besoin de nous, peut être qu’avec cette crise sanitaire la planète justement à envie de nous ramener à plus d’humilité. Nous rappeler que le virus c’est nous et notre première démarche est d’avoir du respect envers cette merveille qui fonctionne sans nous depuis des milliards d’années. Avoir du respect pour nos semblables quelques soit sa place sociale ou sa couleur de peau.

Voilà mon souhait pour cette année 2022, que le respect et la courtoisie retrouvent le coeur de tous les Hommes.

Belle et heureuse année pleine de rêves et d’émerveillement,

car celui-ci permet de rester jeune !

Revenons à notre voyage, Nice plus bruyante que Menton et une foule, la tornade d’une foule. Ce n’est pas possible de continuer dans ces conditions, il est nécessaire de trouver une issue de secours qui nous éloigne de cette tourmente.  Nous prenons la carte et constatons que depuis Canne la Bocca une petite route quitte cette côte, sûrement très belle au printemps, mais pour nous invivable en cette mi-juillet.

Nous décidons de prendre le train jusqu’à Cannes, nous nous dirigeons vers la gare.

Pour une gare de grande ville, il n’y pas d’escalator, ni d’ascenseur mais des escaliers avec une vingtaine de marches pour rejoindre le quai de départ du train.

Cela nous impose de démonter les sacoches, descendre les escaliers avec celles-ci, remonter les même escaliers, descendre les vélos, raccrocher les sacoches, parcourir cinquante mètres dans le souterrain. Redémonter les sacoches, monter l’escalier une première fois avec celles-ci, puis chercher le vélo et à nouveau gravir l’escalier pour raccrocher les sacoches et tout cela dans des mouvements de gens énervés ou inattentifs. Nous nous disons qu’il nous paraît plus simple de grimper l’Izoard!

Nous avons de l’énergie à revendre, car nous sommes dans l’enthousiasme de quitter cette fourmilière d’individus alors ces quelques mouvements avec nos sacoches et vélos n’entament en rien notre moral. 

Voici le train, il est bondé ! Des gens vont descendre et nous pourrons tirer notre épingle du jeu. C’est sans compter qu’ils sont tout autant à se bousculer pour monter et comme l’on ne glisserait pas une épingle à cheveux dans cette marée humaine, nous restons sur le quai. Dépités, presque des larmes aux yeux nous voyons passer devant nous les deux  feux rouges de queue du train.

Bon ce n’est pas grave nous avons toute la vie devant nous, nous prendrons le suivant oui mais…il ne part pas du même quai!

Alors rebelote on démonte, on porte, on remonte, on pousse, on redémonte, on reporte, et on remonte et on attend le coeur plein d’espoir de pouvoir accéder à l’intérieur d’un wagon.

Une chose nous rassure : il y a un peu moins de monde sur le quai que précédemment. Voici le convoi ferroviaire, les gens se précipitent hors des voitures comme si on venait de leur annoncer une alerte à la bombe. Cette fois-ci nous sommes devenu des guerriers prêt à affronter des meutes de bestiaux sauvages et c’est prestement avant que les impatients du quai ne réagissent que nous nous jetons dans l’antre du wagon acceptant les vélos. Il y a un peu moins de monde dans cette fournée, on pourrait glisser une aiguille à tricoter au lieu d’une épingle à cheveux dans ce que l’on peut imaginer une boîte de sardine roulante.

Enfin, l’essentiel nous quittons la ville pour des lieux plus enchanteurs.

Depuis les fenêtres du train nous pouvons admirer la grande bleue. Les routes que nous longeons sont surchargées de véhicules. Qu’aurions-nous représenté avec nos vélos dans cette meute de véhicules?

Enfin Canne la Bocca, nous descendons du serpent en métal et premier beau moment : le marche pied est au niveau du quai! Deuxième instant génial nous redonnant joie bonheur et gaieté : le quai est au niveau de la route.

Tout va bien, nous remontons sur les engins que nous chérissons en l’occurrence nos vélos et partons dans l’arrière pays provençal.

Nous passons pas loin de Grâce et dans cette région qui relie la mer et la montagne, les routes épousent la forme du terrain des préalpes. Nous voici montant, grimpant, suant par des températures de prêt de 40 °c, mais peu importe nous réalisons notre souhait ; nous éloigner du tumulte et coûte que coûte retrouver la nature et le calme.

Nous franchissons le col de St Arnould et 655 mètres d’altitude, ce n’est pas puisque nous avons quitté la route des grandes Alpes que nous abandonnons les déclivités et les cols.

Un canal bienfaiteur se présente à nous pour nous y baigner et rafraîchir notre corps qui en a bien besoin.

Et nous repartons en direction du coeur de cette Provence aux coteaux de vignes et de lavandes où la garrigue fleure bon.

Ces paysages colorés qui ont charmés Cézanne, Van Gogh…Nous arrivons dans cette Provence pittoresque de Pagnol, Raimu et Fernandel.

Soulagés, nous retrouvons le calme et nous passerons une nuit à la belle étoile sur des terrasses d’oliviers abandonnés.

Nous visitons Tourtour, son implantation sur le haut d’une colline lui vaut le surnom de village dans le ciel. Construit sur le passage de sources un astucieux système de canaux alimente la ville et un moulin à huile en activité. Dans cette Provence nous pourrons observer la récolte de la lavande avec des engins ressemblant au moissoneuses pour les céréales.

Après quelques grimpettes, nous passons la Durance avec ses eaux glacières aux couleurs bien particulières.

Sur ces routes très vallonnées, nous avons du mal à nous habituer aux grosses chaleurs qui fatiguent plus vite l’organisme. Alors nous trouvons des lieux plus originaux les uns que les autres pour une sieste réparatrice, mais un corps fatigué peut se reposer n’importe où. Le confort n’est qu’une idée fabriquée par l’homme. Par exemple sur cette aire de repos situé au centre d’une épingle à cheveux,

là au centre d’un village sur un banc pas très moelleux…

A Gréoux les Bains, nous verrons des groupes folklorique provençaux. La musique et les costumes reflètent la joie de vivre de cette région.

Manosque en ce dimanche est bien calme voire même un peu triste. Nous observons de gros nuages d’orage se former au loin, mais les habitants n’ont pas l’air de s’inquiéter. Les parties de boules ne sont pas interrompues, des parents se promènent nonchalamment avec leur progéniture et les anciens jouent aux carte avec passion aux terrasses des cafés. Pourquoi s’inquiéter de ces quelques nuages qui ne grondent même pas alors que la population reste impassible.

Nous nous engageons donc dans la montée du col de la mort d’Imbert, ce nom en  hommage à Imbert de Forcalquier assassiné ici même en 1163.

Un col qui cache bien son jeu, 5 kilomètres, une moyenne de 4% mais quand même un passage à 12%. Avec un nom pareil nous aurions dû être méfiant et nous attendre à un traquenard au détour d’un virage, d’ailleurs ne serait-ce pas lui ce grondement de tonnerre qui se rapproche?

Nous sommes à mis pente, quelques belles grosses gouttes orageuses tombent en provoquant des flocs impressionnant sur l’abondant feuillage des arbres. Puis cela cesse, c’est un avertissement de ce que les cieux nous préparent. Le calme avant la tempête. Nous continuons notre facile ascension, nous apercevons le panneau du col dont l’altitude est de 591 mètres. Quand juste au dessus de nos têtes une déflagration déchire la tranquillité du lieu et nous secoue de craintes. Simultanément le vent se lève et un déluge nous tombe dessus.

Je crois bien que les gaulois avait raison de craindre que le ciel leur tombe sur la tête, car ce qui tombe en cet instant sur la notre n’est vraiment pas amusant. En ce lieu aucun abri, tant bien que mal nous nous serrons l’un contre l’autre sous quelques branches de conifères.  Il est impossible à la terre durcie par un soleil ardent qui dure depuis des mois d’absorber le volume et la force de l’eau qui tombe des cieux. Des ruisseaux, des torrents d’eau convergent vers le sommet de ce col, l’eau profitant de la pente de la route transforme celle-ci en rivière. Une bourrasque renverse nos vélos, la pluie redouble, le ciel est déchiré par les éclairs quand au tonnerre ce n’est plus qu’un long roulement de tambour.

Nos ponchos ne servent plus a rien et l’eau s’insinue partout pour ruisseler sur notre corps. Nous sommes penaud et devons avoir le regard d’un chien battu.

 Dans des moments comme ceux-ci le temps est long et la question que nous nous posons est simple: quand est-ce que cela va cesser ?

L’orage s’arrête brutalement comme il a commencé, il ne reste que le clapotis de l’eau qui ruisselle abondamment des flancs de la montagne.

Nous relevons nos vélos et descendons non pas sur une route mais dans un cours d’eau. Après quelques virages l’eau retrouve un chemin plus naturel que sont les ravines prévues pour l’accueillir. Un garage ouvert va nous permettre de nous abriter un peu des dernières gouttes retardataires et surtout d’oter nos habits mouillés, nous sécher et envelopper notre corps de vêtements secs, chose qu’il apprécie en se réchauffant.

Nous poursuivons notre descente et voici que le soleil content de la farce qu’il vient de nous faire se remet à briller de mille feux. Nous n’allons pas nous lamenter car non seulement cela va  sécher notre équipement mais aussi faire du bien à nos carcasses.

Nous trouvons une belle prairie ensoleillée pour tout sécher

Le lendemain tout va mieux et nous profitons du marché de Forcalquier, l’un des plus grands et plus beaux de Provence. Notre voyage continue dans cette Provence inondée de soleil et nous nous trouvons un bivouac originale mais surtout faisant honneur à nos sens olfactifs, nous nous installons à l’extrémité d’un champs de lavande où nous dormons à nouveau à la belle étoile.

Dormir sans toit, dans la douceur d’une nuit d’été c’est une expérience sensationnelle.

Avant de s’endormir inutile de compter les moutons, contempler la voûte céleste et sentir que l’on fait partie de cette infiniment grand est un agréable somnifère. C’est aussi prendre conscience que nous ne sommes peut-être pas grand chose, mais… et si nous avions un rôle dans cet immensité? Et si comme le dit la physique quantique, tout était relié ?

Cette douce réflexion abstraite fait cligner les yeux pour se fermer et regarder l’infiniment petit qui est au fond de nous.

Demain nous prenons la direction de Apt où nous attend une sacrée surprise.

Je vous dit à mercredi prochain pour une reprise de notre histoire du tour des massifs montagneux et ..

Une belle année 2022 surtout osez réaliser vos rêves.

Regardons l’horizon, faisons l’effort d’avancer alors que le doute nous assaille sur l’avenir, faisons confiance et demain au-delà de cette ligne lointaine, nous serons étonné de voir que les jours peuvent être encore plus beaux.

3 commentaires sur « Tour des massifs.Transition Alpes/ Pyrénées. »

  1. Merci pour ces beaux récits. Merci également pour votre livre et à notre tour de vous souhaiter une super nouvelle année. Nous vous souhaitons un minimum de 365 jours de bonheur !

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  2. TRES BELLE ET BONNE ANNEE A VOUS AUSSI !
    Merci pour vos pages de souvenirs, vos photos, vos réflexions et vos vœux.
    C’est toujours un plaisir de découvrir aussi régulièrement votre production.
    Bien cordialement,
    Thierry

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