Tour de France à vélo des massifs: Le Lubéron

Nous arrivons à Apt, jour de marché. Laetitia adore flâner en ces lieux à l’ambiance particulière qui s’exprime encore plus fortement sur ces marchés de Provence.

Le soleil, la chaleur, le chant des cigales qui ne sont jamais loin, sont des atouts essentiels qui apportent des notes de gaieté que l’on ne retrouve nul part ailleurs. Cet accent chantant, pour celui qui sait l’écouter fredonne la douce chaleur du sud, on y entend le timbre du soleil, le son aigu de la cigale. Avec cette tonalité, le rêve n’est jamais loin et il suffit de fermer les yeux pour se retrouver autour d’une table gourmande et généreuse où les convives se taquinent.

À ce moment, l’ambiance du marché redouble de vigueur quand entre les étales les vendeurs invectivent le possible acheteur en vantant leurs melons, pêches ou cerises, plus loin c’est le bonimenteur qui propose l’article miracle. Une foule nonchalante déambule dans les allées à la recherche de la bonne affaire ou tout simplement de l’idée pour mitonner le repas de midi. C’est dans cette atmosphère particulière que je ressens un regard insistant et persistant qui se pose sur moi. Au point que cela me dérange, je me retourne vers celui qui ose m’interrompre alors que je me baigne dans cette émanation délectable. 

Celui qui a perturber ma déambulation est là et du haut de sa grandeur avec un regard perçant il s’exclame :

Pascal ?

Mon sang ne fait qu’un tour, je reconnais le perturbateur de mon vagabondage et à mon tour d’articuler :

Michel !

Incroyable, dans cette foule où les parents tiennent fort leur bambin par la main car les perdre reviendrait à chercher une aiguille dans une meule de foin, ne voilà pas que je retrouve un copain avec qui j’ai écrit de belles pages du livre de ma vie et que j’avais perdu de vue depuis bientôt trente ans!

Se reconnaître et se retrouver dans ce monde batifolant dont les voix résonnent dans les rues alors que le marché est terminé depuis belle lurette c’est du ressort de la magie.

Il est évident qu’il nous fallu peu de temps pour nous installer à la terrasse d’une taverne et nous raconter ce que l’on fait en ce lieu tous les deux. J’appris à ce moment que Michel habitait cette ville et maintenant retraité comme moi, il baguenaudait entre les étales de fruits et légumes afin de s’approvisionner pour les jours à venir.

Nous prîmes le repas de midi chez lui ou nous retrouvâmes son épouse.

Nous passâmes une partie de l’après-midi  ensemble. Mais l’abstinence du mouvement devient vite insupportable pour des mordus de voyage et de la bougeotte même si les instants que nous vivons sont historiques. Car n’est pas seulement historique ce qui à le droit de rejoindre les livres d’histoires nous avons tous nos histoires et instant historique qui se gravent dans le manuscrit de notre vie.

Nous repartons en fin d’après-midi pour découvrir avec des yeux écarquillés les carrières d’ocre et nous repasserons par Apt le lendemain soir pour une soirée homérique autour d’un succulent repas à se remémorer cette jeunesse où nous refaisions le monde…

Et de ces crapahut dingues que nous avons effectuéd dans différents massifs montagneux et tant d’autres choses.

Le souvenir est une richesse tant qu’il ne nous plonge pas dans le regret, mais nous permet d’apprécier le chemin parcouru.

Construire des projets et savourer ce que nous sommes dans l’instant.

Une amitié qui se retrouve alors que l’on ne la cherche pas et surtout pas aux objets trouvés, une amitié comme celle-ci on ne la laisse plus s’inscrire à la porte des abonnés absents. 

Les carrières d’ocre, à Rustrel.

  • Comment définir cette explosion de couleur se découpant dans un ciel azur ?
  • Comment expliquer que le soleil selon son orientation va influencer des nuances inconnues à ma mémoire jusqu’ici ?
  • Comment parler de ces déclinaisons de couleurs ?
  •  Comment raconter les sensations du corps face à cette beauté exceptionnelle ?

Nous allons randonner plus d’une heure trente dans ce qui se nomme le Colorado de Rustel, 

inimaginable la curiosité de ce lieu avec ces canyons, ces cheminées de fées et tout cela sublimé par une palette de couleur dont on ne peut imaginer la richesse. 

On ressort de là ébloui par la force des teintes ocres et subjugué par la richesse de la nature. 

Il est temps pour nous de repartir accompagné de cette euphorie qui va nous permettre d’ici quelques jours de rencontrer les cols Pyrénéens. Avant d’y arriver nous allons traverser un certain nombre de départements que nous découvriront.

Notre plaisir sera tout simplement de faire du vélo, lentement ou plus vite selon les inclinaisons du terrain, ressentir le vent que procure la vitesse, humer les parfums de la campagne, écouter les oiseaux et observer ce qui se passe autour de nous.

C’est le privilège pour le curieux d’évoluer à une allure respectueuse qui offre un cadeau remarquable et enchanteur voire, regarder, zieuter, s’intéresser et pouvoir s’arrêter rapidement afin de s’émouvoir devant le charme de l’oiseau, d’une fleur, ou d’un paysage se perdant dans l’infini.

Nous allons musarder sur ces petites routes françaises où la coquetterie d’un village, l’élégance d’un manoir ou des monuments plébéiens nous ferons visiter la riche histoire du pays voir de l’Europe.

Nous vous emmenons si le coeur vous en dit baguenauder sur ces chemins de traverse mais aussi de détour, où le parfum est particulier, car nous pouvons encore humer le fumier d’une étable ; jouir du caquètement de la poule heureuse d’avoir pondu, se laisser porter par une envolée de cloche annonçant un mariage ou un départ pour une vie supérieur. 

L’épanouissement de se promener sans rechercher l’extraordinaire et de savoir contempler ces milles et une petites choses  coutumières que l’on ne voit plus, mais essentiel au bien-être de chacune de nos journées.

Nous passerons par Cavaillon, capitale du melon et son incroyable pont aqueduc de la canaù. Franchiront le Rhône après avoir passé une nuit sur sa rive sans trop de moustiques.

Et arrivons au village d’Aramon construit en amphithéâtre au pied de son château prônant sur un éperon rocheux. Nous ne pensions pas passer le pont du Gard mais comme il n’est pas loin, nous ferons le détour.

Prouesse technique et architecturale datant de plus de 2000 ans, vestige d’un aqueduc de plus de 50 kilomètres qui alimentait Nîmes en eau. 

Les Romains n’étaient-ils pas déjà des scientifiques ? Ils avaient la connaissance pour faire les calculs afin d’avoir la bonne pente, ils étaient déjà capable de  souder les canalisations en plomb et encore temps d’autres choses.

Par contre, il ne faut pas oublier le nombre important d’esclaves morts pour construire cet édifice, très bien expliqué dans le film du musée.

Passé midi voici des meutes de touristes nous quittons le lieu. Mais au faite, toutes ces personnes bruyantes ne devraient- elles pas avoir un minimum de respect justement en rapport à tous ces hommes qui ont souffert ou qui sont morts ? Visiter ces monuments n’est-ce pas en même temps comme se promener sur une grande nécropole ?

Nous passons le pont St Nicolas très belle architecture datant du XII ème siècle construit pour facilité la circulation entre Nîmes et Uzès. Il franchit le Gardon à sec en ce mois de juillet.

Quand on voit la hauteur du pont il est difficile de s’imaginer qu’en septembre 2002 l’eau du Gardon passe 3 mètres au dessus du tablier du pont suite à d’importantes pluies orageuses qui s’abattent sur la région.

A St Just et Vacquieres, nous ferons un interlude chez Isabelle et Francis qui nous accueillent pour une douce soirée dans leur mas. Le hamac accroché à des arbres de Cade plus que centenaire, tout est réunis pour le repos du guerrier !

Voici un premier pas en direction de ces montagnes et cols Pyrénéens.

A suivre…

Un commentaire sur « Tour de France à vélo des massifs: Le Lubéron »

  1. Charmantes cartes postales de lieux bien connus et très attachants. Rustrel en particulier, à visiter quand les autocars repartent, ou hors saison.
    Merci et bonne route !
    Thierry

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