Escapade dans la Sierra Nevada, une rando qui fini en queue de poisson !

Nous sommes dans un secteur au milieu du carré blanc

Ce soir, nous sommes au-dessus de Guadix pour rejoindre un sommet de plus de 3000 mètres qui domine cette ville et dont les habitants sont fiers ; ils le nomment le roi.

Alors comment ne pas allé fouler du pied le pico de Jerrez ( sous le nuage )

Encore une fois, nous parcourons une longue piste poussiéreuse qui nous mène jusqu’à une aire récréativa située 1500 mètres d’altitude.

Comme nous en avons un peu l’habitude, nous partons vers 18 heures pour un objectif de marche de 3 heures.

Depuis plus d’un mois que nous sillonons le massif, nous sommes habitués a un soleil qui brille quotidiennement. Cela a permis une élévation des températures la journée, mais aussi la nuit. Alors comme nous sommes amoureux du bivouac sauvage, nous décidons de laisser notre tente au repos.

Comme c’est moi qui porte cette dernière et que j’en suis soulagé, je prendrais une bouteille d’eau en plus ; des souvenirs un peu compliqués sont encore très frais ! Encore qu’ici, sur le versant nord nous devrions trouver de l’eau.

Nous voici parti. Le sentier s’élève sévèrement au milieu d’une forêt de pins et même si le soleil n’illumine plus ce secteur boisé, il y a une atmosphère irrespirable. Très vite nous dégoulinons de transpiration.

Une clairière, le sentier temporise ce qui nous permet de souffler et d’admirer la vue sur les crêtes qui nous dominent.

Nous passons le refuge de Postero Alto qui est l’un des deux refuges gardés de toute la sierra Nevada.

Nous poursuivons et nous retrouvons le GR 240 ; notre objectif est de marcher jusqu’à environ 21 heures afin de parcourir 10 kilomètres.

Nous passons un pont qui bientôt va disparaitre sous la végétation. De ce côté-ci, le GR est très mal entretenu à l’inverse du versant sud.

Depuis ce pont qui enjambe un torrent nous observons des fleurs qui ne vont pas souffrir de la pénibilité du désert et surtout du manque d’eau.

Nous continuons notre course en nous faufilant dans ces forêts de pins où les montées sévères se succèdent. Quand tout à coup Laetitia me dit prestement : regarde devant toi !

Une biche avec souplesse et force effectue un bon en travers du sentier et part dans les tréfonds sombre de la forêt.

Cela dura une fraction de seconde, mais me donna un frisson tellement c’est surprenant et fantastique.

Nous arrivons où je voulais pour notre bivouac : le Cerro de las Balas 2002 mètres.

Des touffes de bruyères, de l’herbe douce, un peu de terre un endroit plat au milieu des bouses de vaches sèches que nous poussons du pied ; tout est là pour une belle nuit.

Mais avant cela un souper face au coucher de soleil.

On deplie le tapis de la tente, nos matelas, nos duvets et … Oh me**e ! J’ai oublié mon oreiller😢. J’ai un petit sac où je met mes vêtements je vais me débrouiller avec.

Nous sommes prêts pour une belle nuit à la belle étoile, allongés nous ne tentons pas de les compter pour nous endormir. Surtout pas celle de la voie lactée. Cette bande blanchâtre et floue se dessine de plus en plus sous nos yeux, dans ce lieu sans pollution lumineuse. Elles sont estimés entre 200 et 400 milliards d’étoiles et 100 milliards de planètes ; abasourdissant !

😴…

Je sens comme des gouttes d’eau.

Je regarde ma montre 5 heures.

« Laetitia je crois qu’il pleut ».

C’est juste un nuage qui passe.

Chacun se retourne et referme les yeux.

Quand tout à coup, je sens des mouvements autour de moi.

 » Mais qu’est ce que tu fais Laetitia ?« 

 » Rien ! « 

D’un bon je me m’assieds et je vois un chien qui tourne autour de nous, pas le moins du monde agressif et plutôt à vouloir partager notre petit déjeuner. Dans ce cas, les bâtons sont idéaux, pas pour les frapper, mais les apeurer afin qu’ils s’éloignent. Oui je mets au pluriel, car ils étaient deux.

Souhaitant pouvoir émettre encore quelques ronflements avant que le jour ne se lève, je me rallonge.

« Laetitia, il pleut et cela devient sérieux.« 

« Mince! tu as raison on ne voit plus d’étoiles et le ciel est bien sombre de tous les côtés. »

Le vent se lève et ramène les nuages vers nous. Bon! remballons avant que tout soit mouillé. C’est à ce moment que l’on voit les deux chiens allongés pas loin de nous et attendant que l’on se lève pour nous faire la fête!

Nous avons plus urgent à faire, plier et ranger nos affaires, la petite pluie s’est calmer, depêchons nous.

Voila plus d’un mois qu’il n’est pas tombé une goutte d’eau et le jour où l’on décide d’effectuer deux bivouacs sans tente il pleut. C’est un peu fort de café !

Tout est ranger, on va un peu plus loin se mettre à l’abri du vent qui augmente de volume afin de prendre le petit déjeuner. Laetitia regarde la météo ( formidable on a du réseau).

Pluie jusqu’à 8 heures ce matin et orage pour l’après-midi.

Pas la peine de s’aventurer à plus de 3000 on retourne au fourgon. Il nous faudra encore bien éffrayer les chiens pour qu’ils nous lâchent les godillots et oui on a pas de baskets !

Le ciel est bien sombre du jamais vue pour nous en Andalousie.

Nous rebroussons chemin en sachant que nous n’allons pas abandonner aussi facilement. Ce sommet aura droit à notre visite.

Comme le soleil n’est pas encore levé, bon nombre d’animaux sauvages sont encore dans leur sommeil et nous les dérangeons. Nous faisons fuir des laies avec leurs marcassins et un renard. N’attendez pas de photos, je ne suis pas aussi rapide que leur fuite. Et puis il y a des choses que l’on photographie avec la tête.

Enfin le soleil se lève.

Dans un ciel un peu particulier où l’on voit la pluie tomber, elle nous épargne.

Nous voici à un carrefour où se trouve des panneaux directionnels et oui à toutes règles il y a des exceptions. Nous n’avons jamais vu autant de panneaux indicatifs qu’ici.

L’un d’eux indique : Chorreras Negras, el Avion.

Laetitia avait trouvé sur internet l’histoire d’un avion qui s’était écrasé dans le secteur. Comme nous avons le temps avant l’arrivée des orages et curieux comme nous sommes nous décidons de nous y rendre.

Après une bonne heure de marche qui nous fait passer de 2020 mètres à 2445 nous sommes arrivés.

C’est un agréable sentier d’alpage où de nombreuses vaches pâissent au son de leurs cloches et où nous longeons torrents ou acequia.

Nous sentons la vie dans cette montagne.

Au lieu prévu, un panneau nous informe qu’un avion militaire américain en difficulté s’est posé ici sur la neige en 1960. Il y eu quelques blessés et le chemin que nous avons emprunté, est celui des secours.

L’avion s’était posé au niveau des touffes d’herbe verte. D’après les infos, c’est l’épais tapis de neige qui a permis d’éviter une plus grande catastrophe.

Nous rebroussons chemin et cette fois ce sont des fleurs qui vont attirer notre attention, comme cette ancolie.

Ces touffes de chardons m’interpellent, on dirait bien des fleurs agrippées sur leur tige

Effectivement, voici ce que cela donne en macro.

Chaque jour la nature arrive à nous époustoufler, nous surprendre et nous émerveiller. Que ce soit par l’immensité et la magnificence des paysages ou par le petit, qui est plein de précision, de splendeur et de grâce.

L’essentiel, c’est d’être attentif et se déplacer dans le silence.

Voilà, nous terminons cette randonnée sans nostalgie, car nous avons encore découvert plein de choses.

Le beau temps va revenir, mais pour l’instant le vent souffle de plus en plus violemment ; accompagnant cette instabilité climatique.

Nous ne tarderons pas à repartir vers ces sommets. Voyez comme c’est tentant !

A bientôt !

2 commentaires sur « Escapade dans la Sierra Nevada, une rando qui fini en queue de poisson ! »

  1. Nous sommes nous aussi très surpris de ne croiser personnes. Actuellement nous sommes installés sur le parking d’un très beau refuge indiqué comme ouvert. Nous avons constaté que son ouverture dure le temps du Weekend.
    Pourtant il y a de quoi s’amuser, découvrir pour les grands et petits. Des paysages grandioses, des fleurs magnifiques, des papillons et des roches et pierres extraordinaire.
    Amitiés
    Pascal

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  2. Objectif 300 pas atteint mais personne ne vous en voudra, puisque vous montrez qu’il y a toujours quelque anecdote ou souvenir, ou belle photo botanique à rapporter de ces hauts lieux. Je m’étonne que vous ne rencontriez personne en pleine saison touristique, nos amis espagnols sont pourtant d’excellents randonneurs et ce massif est un beau terrain de découvertes, vous le prouvez tous les jours depuis 1 mois. Merci ! Thierry

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