Escapade dans la Sierra Nevada, des cirques glaciaires.

Après ce bivouac un peu frais, nous reprenons le sentier pour rejoindre…,

Mais au fait ce sentier où peut-il bien aller ?

En nous retournant nous voyons bien son tracé, en observant la topographie du terrain il surplombe une firme rocheuse puis monte le long d’un torrent et rejoint le pico de Jerez. La carte nous confirme notre estimation.

Enfin pour le moment, il n’est pas question de rêver à ces montagnes il faut rejoindre… le fourgon et descendre à la ville de Guadix afin de trouver un réparateur pour mon portable.

Nous avons aussi besoin de nous ravitailler, car voici cinq jours que nous sommes dans la montagnes et des éléments essentiels nous manque comme le pain, le fromage…

Guadix, nous arrivons chez un réparateur de portable, une dame aimable parlant très vite sa langue maternelle, Laetitia lui demande de ralentir, mais c’est sûrement trop difficile pour elle.

Alors une fois de plus Laetitia mépoustoufle. Car même si elle fait répéter la jeune dame, elle comprend, discute et dans deux jours, je retrouve mon portable réparé.

Ensuite, nous nous ravitaillons et maintenant que fait-on ? Nous n’allons pas attendre comme des benets à la ville dont les bruits nous insuportes !

Nous sommes d’accord sur notre choix:

Nous remontons cette piste jusqu’au refuge et allons parcourir ce sentier qui nous taquinais ce matin.

Quelques kilomètres plus tard dont 12 de piste poussiéreuse et déformée par les ornières et les cailloux parfois menaçant pour les pneus ; nous voici de retour. Face à ces sommets que nous admirons, respirant un air que nous trouvons plus frais et plus pur dès que nous approchons des 2000 mètres.


Une belle nuit recupératrice dans un silence d’or !


Le réveil sonne il fait nuit noire.

Petit déjeuner et nous partons. L’aube ne se pointe pas encore, mais nous voulons être dans les hauteurs lorsqu’elle arrive ;

Pour vivre une union avec l’effort, la montagne, la nature, le silence et l’arrivée du jour.

Ou plus symboliquement, profiter d’un lever de soleil sur la vie. Si mon dernier livre porte se nom ce n’est pas dû au hasard.

J’observe mon passé, j’ai transformé les difficultés en force, j’ai appris et je suis toujours arrivé à trouver le positif chaque jour. J’ai osé et je peux dire que ma vie est coruscante comme un lever de soleil.

Mike Horn écrit dans l’un de ces livres :

 » La vie est un honneur, il faut en avoir conscience chaque jour « .

C’est toute l’idée que vous retrouverez dans mon écrit.

Pour l’instant, les premières lueurs du jour se pointent…

Le jour s’éveille avec les vaches qui font tinter leurs cloches et le pico de Jerez nous attend.

Le sentier sur une pente un peu raide nous élève encore un peu pour méditer face au lever de l’astre luisant.

Si le représentant du feu, le soleil se réveille il n’est pas seul le représentant de l’air Éole souffle avec vigueur et fraîcheur.

Picon de Jerez le sommet le plus élevé et le plus lointain.

Nous arrivons à 2400 mètres d’altitude, une ancolie nous indique le sommet ; il nous reste 4 kilomètres pour 700 mètres de dénivelé. Le sentier ne peut être que pentu.

Se présente à nous l’environnement dans lequel nous allons monter et dont nous rêvions.

Nous allons suivre le torrent jusqu’à sa source.

Nous savons que vue la distance restant jusqu’au sommet et le dénivelé l’ascension ne va pas être facile.

Et pourtant nous sommes enthousiastes à l’idée de :

  • Poser nos pas en ces lieux.
  • De respirer la fraîcheur venant de l’eau.
  • D’observer, être aux aguets afin que notre vue enregistre tout ce qu’elle aperçoit.
Émerveillement !

On distingue le travail du glacier sur les roches, ainsi que les replats qui doivent se transformer en lagunes à la fonte des neiges. Le glacier a provoqué des cassés pour mieux avancer vers la vallée.

Les cabras toujours présents. On voit bien comment la roche fut usée par le glacier.

Cette fois-ci nous franchissons les 2700 mètres et nous passons du monde de la verdure et de la force de l’eau…

L'eau des millions, voire plus, de molécules qui forment ce liquide primordiale à notre vie. Elle descend, courant, sautant et chantant de roches en roches. Ruisseau, torrent, rivière, fleuve, mais aussi canalisation, pollution , station d'épuration pour nous revenir dans les montagnes belle, claire, fraîche nous apportant bien être. Nous ne devrions jamais oublier tout ce cycle. 

.. à celui du minéral. La rupture est presque net et précise. Se retrouver seul face à cet amphithéâtre c’est impressionnant.

Cette fois-ci, l’angle de la pente se resserre et l’effort est intense. Les premiers escarpements font mal dans les cuisses, le souffle s’accélère. A ce moment je me demande: quel plaisir avons nous tous les jours à grimper, fournir un effort violent pour redescendre ? Qu’est-ce qui nous anime et nous donne cette vigueur ?

Après un peu de souffrance, le rythme se met en place et c’est là que le secret arrive. Le pas est en harmonie avec la respiration et un bien-être physique s’installe. Le pied se pose sans hésitation, les bâtons se plantent bien dans le sol, les bras poussent pour aider les jambes. C’est presque une danse. Alors le temps arrive, d’observer, d’apprécier son évolution et le paysage.

L’envoûtement de la montagne, c’est à cet instant qu’il s’installe en nous, une union s’est créée entre l’homme et son environnement. L’effort s’efface petit à petit pour le plaisir. Plaisir de sentir son corps vivre ou vibrer, plaisir de sa force et sa progression, plaisir de l’immensité de ce qui nous entoure.

Le cirque glaciaire, les roches, la source et l’eau qui commence sa course

La multiplication de ces plaisirs révèle un sentiment d’union. À l’image de cet amour qui nous pousse à marier l’être aimé. Ici c’est inexplicable, cela nous prend les tripes et c’est un mariage entre elle (la montagne ) et moi. Je ne suis pas le seul à avoir ressenti cela bien sûr Laetitia et bien d’autres. Il y a une liaison avec elle et ses sommets, ses crêtes, ses lacs, ses roches sa force et sa douceur le divorce n’est pas possible.

Peu importe le sommet vers lequel nous nous dirigeons. Peu importe si nous sommes en Sierra Nevada, les Alpes ou autres. Le corps, l’âme et l’esprit sont complice avec l’effort.

Pierre Rabhi disait :

« la nature offre à la fois ce qui nourrit le corps et le guérit, elle émerveille l’âme, le coeur et l’esprit. »

C’est sûrement cette alchimie que nous vivons en lien avec l’effort.

Enfin arrive le dernier plaisir celui d’atteindre son but, l’arrivée au sommet du :

Pico Jerez, 3090 mètres

Après la joie d’y être arrivé, au-delà de la satisfaction, c’est surtout cette sensation éphémère de dominer le monde.

D’avoir pour soi un panorama grandiose.

Nous voici pour la deuxième fois sur ce sommet. Chacune des ascensions nous a offert sa part de difficultés, alors je mets notre pierre à l’édifice.

Dans la sierra Nevada le vent est fréquent, il nous a souvent accompagné avec plus ou moins de force. Les nombreux abris de ce style que l’on retrouve un peu partout dans la montagne confirme notre sensation. Celui qui souffle en cet instant n’est vraiment pas chaud. L’écart de température 2000 mètres et le sommet ici 3090 est impressionnant.

Il est 9heures 48, la faim nous tenaille un beau plat de pâtes carbonara même froide va nous requinquer. Le parcours ne fut pas long 6 kilomètres 500 pour 1135 de dénivelé positif en 2 heures 46, la citation suivante défini très bien notre sensation.

 » C’est dans l’effort que l’on trouve la satisfaction et non dans la réussite. Un plein d’effort est un plein de victoire ! « 

A suivre…

2 commentaires sur « Escapade dans la Sierra Nevada, des cirques glaciaires. »

  1. On s’y croirait ! On est sur vos talons, on vous suit du regard, on vous comprend, on vous envie de réussir ces belles courses et de prendre le temps de les savourer pour réaliser que la nature sauvage est si belle là-haut, tout là-haut.
    Belles réflexions, belles prises de conscience, belles photos de ce ruisseau au pied du Pico Jerez… Vous méritez vos bières, mais j’aurais peut-être acheté un Jerez pour fêter cela !
    Bye, Thierry

    Aimé par 1 personne

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