Andalousie à vélo : La Sierra Nevada, ascension du Mulhacén étape 9

Une journée exceptionnelle !!!

Vous nous accompagner ?

Départ dans la fraîcheur du matin, nous avons pour objectif  le

Alto del Chorrillo à 2721 mètres.

Le pas est léger et rapide, nous sommes enchantés de retrouver la montagne et elle nous le rend dès les premiers kilomètres avec l’embrasement de ses sommets.

Un regard sur Trevélez nous permet de bien distinguer les trois quartiers haut, milieu et bas.

La montagne nous accueille avec une arche d’églantines.

Je suis pris dans un rêve qui ne put se réaliser hier ; un fort désir m’envahit d’atteindre le sommet de Mulhacen ; est-ce possible par cette face ? On verra bien. C’est à ce moment que je vois une énorme araignée qui effrayée, parti rapidement se camoufler dans son nid. La largeur du trou correspond à la largeur de la bête. 😨J’étais tellement impressionné qu’il m’était impossible de ne point vous parler de cela.

Ce sera notre journée contemplation, car demain nous repartons avec nos vélos pour d’autres horizons.

La montée pour nous est un moment presque méditatif. Concentré pour bien poser nos pieds afin qu’ils nous propulsent vers le sommet, attentif à notre respiration, à l’écoute de la fréquence cardiaque, chacun gravit à son rythme.

Les muscles se bandent, on ressent l’effort, c’est la vie qui coule en nous. Dans ces moments nous remercions notre corps d’être en parfaite santé, d’avoir une condition physique au top qui nous permet d’avaler les kilomètres et le dénivelé. Nous passons facilement les 2000 mètres.

Une pensée pour toutes ces personnes qui aimerait être à notre place et qui physiquement sont amoindri ou malade. A toutes ces personnes qui ne savent que faire de leur journée si ce n’est se vautrer sur un canapé devant la télé qui leur nettoie le cerveaux.

Ici, nous sommes les rois du monde, envoûté par le charme du lieu, de l’instant présent qui nous offre exactement ce que l’on recherche.

  • Ne pas laisser son mental s’envoler dans les arcanes du regret du passé
  • Ou dans des probabilités d’avenir qui de toute façons ne se passerons pas comme on l’entend.
  • Être là et apprécier ce que je vis là dans cet instant, car plus jamais je ne le revivrais.
  • Apprécier le beauté du moment
  • Célébrer la santé et la forme
  • Porter son attention dans l’instant
  • Être à l’écoute du silence.
  • Chemin de randonnée ; chemin de vie ?

Fréquemment, nous voyons ces plates formes rondes et aménagées avec de belles dalles.

Ce sont des  » Era  » lieu où dans le temps les paysans faisaient sécher le grain. Et oui, à ces altitudes il y avait de l’agriculture et on devine encore les parcelles en terrasse, ainsi que les maisons et granges qui s’effondrent avec le temps.

Tout cela est abandonné, car trop dur et non rentable. En Norvège je connais un agriculteur qui à 6 vaches et fabrique du fromage. Tous les été, il part en estive et l’état Norvégien lui donne des aides pour l’entretien du paysage et le maintient de son ouverture. Nous avons des engins modernes tel des chenillards qui faciliteraient et soulageraient énormément ce travail de montagne. Cela serait une belle production locale, mais le système y gagne plus à faire voyager des produits à travers le monde. Alors avec un serrement au cœur on regarde tomber tout cela en ruine. Relevons le tête car c’est l’espoir qui doit guider nos pas.

Tient, voilà un sommet sûrement celui que nous devons atteindre !

Même une vache nous l’indique en regardant dans sa direction !

Nous sommes passionné par ces montées: le chant du ruisseau et le tintement des cloches des vaches nous accompagne dans notre recueillement. Nous montons dans un silence religieux et c’est en susurrant que nous nous adressons la parole.

Nous ne faisons qu’un avec la montagne, nos sens sont en éveil,  ce qui nous permet de surprendre le cabra Iberica dans ce pierrier.

Mais voici que notre avancée nous fait découvrir un sommet plus élevé, dominant celui qui nous imaginions. Est-ce le point à atteindre ?

Le sommet de roches paraît ridicule !

Peu importe et ce n’est pas cela qui atteind notre moral, surtout quand d’autres cabra se présentent à nous.

Nous sommes ravis, depuis hier nous nous demandions où ils se cachaient et si ils voudraient bien se montrer, voici un merveilleux cadeaux.

Nous arrivons sur une large piste, allons nous voir arriver des monstres en métal pétaradant et sentant mauvais envahir ce lieux ?

Nous découvrirons plus tard que c’est une navette qui monte les randonneurs jusqu’à 2700 mètres. Sûrement une bonne initiative pour ceux qui ne peuvent débuter depuis les villages. Mais pour l’instant ce qui nous intrigue le plus c’est ce sommet qui se trouve à un jet de pierre, serait ce le Mulhacén ?

Nous en oublions le Alto del Chorrillo qui est tout proche et  avec enthousiasme, nous nous dirigeons vers ce sommet. Nous découvrons au loin le pico Velleta.

La fête continue et voici ce cabra Iberica qui se prélasse au soleil. Il ne s’inquiète pas de notre présence et comme nous s’émerveille devant les sommets.

Il doit être paralysé d’admiration devant le pico Veleta et le Mulhacén.

Pour nous aucune paralysie, au contraire nous redoublons d’energie et mon regard se porte aussi au sol ou je découvre cet insecte un peu particulier.

Je ne peux dire que merci à la nature, à la vie nous sommes en pleine forme, nous évoluons dans un environnement que nous adorons :  insectes, cabras, flore, vallées et sommets se présentent à nous pour notre plus grand plaisir.

De plus, nous allons réaliser l’ascension du plus haut sommet de la péninsule Ibérique. Mais pas le temps de s’endormir nous voici au 3000 mètres et c’est bien le Mulhacén qui nous attend là haut.

A ce moment là je suis dans l’euphorie et je ne ressens aucun effet dû à l’altitude. L’environnement est grandiose c’est époustouflant.

Le sommet se rapproche à grandes enjambées, nous sommes dans une félicité qui nous comble d’énergie.

Le sommet sous la flèche

Une chose m’interpelle, l’altimètre de ma montre ne m’indique pas la bonne altitude pour le Mulhacén, pourtant on voit bien la borne géodésique.. d’autres randonneurs se font photographier.

Nous y voici ! Enorme satisfaction, suivie non pas d’une désillusion, mais presque ; nous sommes pris d’un fou rire ou au moins d’un amusement ce n’est que le Mulhacen 2 à une altitude de 3360 mètres.

Cette fois ci, nous partons pour le round final, il nous reste 1 km 200 jusqu’au toit de la péninsule Ibérique qui nous tend les bras.

Il est difficile de décrire ce dernier kilomètre. J’avance dans une exaltation, car je ne pensais pas qu’il s’offrirait à nous aussi facilement. Hier, la montagne ne nous a pas permis ou pour notre sécurité nous a envoyé vers un autre sommet. Et aujourd’hui tout est facile, tout est beau. Nous voulions voir les cabras, on en a vu ; on veut accrocher à notre CV ce sommet et l’on se dirige vers lui allègrement.

J’avance dans une euphorie, une jubilation une liesse, l’émotion monte jusque dans mes yeux. Les portes du paradis s’ouvrent à nous.

Encore quelques centaines de mètres, le chemin zigzag dans un pierrier, le souffle ce fait court ; la vue sur une lagune et le pico Veleta impose l’arrêt.

Nous croisons des randonneurs qui déjà redescendent. Encore quelque mètres, c’est incroyable même la météo est avec nous, le ciel est d’un bleu inimaginable, il n’y pas de vent, il fait très bon et le sommet est là.

Nous venons de gravir

le plus haut sommet de la péninsule Ibérique

3482 mètres.

L’émotion est forte

dans les bras l’un de l’autre.

Quand on vit ensemble une montée aussi longue 13 km, 1917 mètres d’ascension. Il n’y a pas de mots, tout est dans le regard, le baiser. Les sentiments vécus tout au long de la montée, l’effort fourni, tout cela  explose créé un feu d’artifice de joie intérieurement que chacun ressent.

A ce moment si l’on me dit : Tu ne peux plus marcher en montagne, gravir des sommets mais tu deviens l’homme le plus riche du monde. Je n’ai qu’une réponse – Je suis l’homme le plus riche du monde !

On s’extasie, on ne s’est pas par où se tourner pour tout observer, nous sommes dans l’émerveillement. C’est fabuleux !

On domine le Penon del Globo que nous avons gravis hier.

Une vue sur le pico Veleta que nous avons monté en vélo avec sa route la plus haute d’Europe il y a une bonne semaine maintenant.

Le Pico Velleta à rendez vous avec la lune.

Une vue sur les lagunes que nous avons passé hier.

Ce qui est plaisant c’est de voir la satisfaction des randonneurs qui accèdent au sommet, les couples qui s’enlacent, les copains qui se congratulent, les visages sont envahis par l’effort que la joie et le sourire gomme. Nous sommes tous unis par le même sentiment et il n’est pas obligé de parler la même langue pour se comprendre. Un sourire un regard et tout est dit. Le miracle de l’altitude, de la même passion !

Et, dans ces hauteurs des plantes d’une beauté et d’une grâce…

Voilà ce que l’on appercoit en marchand.

La finesse est partout comme dans cette dentelle de roches

Après un bon casse croute auquel à participé un oiseau.

Voici le moment de repartir, nous avons beaucoup de mal, nous sommes comme aimanté a ces roches, mais la sagesse nous guide car même si nous marchons bien, la descente va être longue. Pourtant après quelques lacets Laetitia se trouve un balcon, il est vrai que l’infinitude du paysage engage à la rêverie.

Cette fois-ci on aborde la descente allègrement, plein de joie,

et envahit d’un immense bien être. Un au-revoir au Pico Veleta et au Mulhacén.

Nos yeux pétilles de ces merveilles enregistré au plus profond de nous. La descente se passe sans lambiner et pour clôturer la journée en beauté, comme un peu pour nous dire au-revoir, nous avons droit aux arabesques d’un vol de vautours fauves.

Journée pleine de rebondissements,

journée merveilleuse,

journée de la richesse

de vie.

Merci.

Mais aussi journée physique et quoi de mieux que le physique pour entretenir sa santé ?

Randonnée de Trevélez au pico Mulhacén

26 km dont 1917 mètres de montée et 1898 de descente en 7 heures de temps y compris les pauses

Pour conclure le soleil illumine de ses derniers rayons les montagnes en face de notre tente.


Philosophons : Pour moi la montagne ressemble au chemin de vie. Dans la vie l’objectif est de s’élever. Quand on randonne on effectue une pause de temps à autres pour regarder d’où l’on vient.

Ici on vient de Trevelez, là tout en bas. Quelle satisfaction !

Observer, apprécier le chemin parcouru.

Dans la vie c’est pareil regarder le passé avec bienveillance,

savoir donner de la valeur a ce passé,

pas de regret il est inutile, épuise pour le reste du chemin de vie qui peut encore être long.

Par contre il est important de relever la tête pour voir si on tient le cap face à son objectif.

Dans notre montée on croyait que le sommet était celui que l’on appercevait et en définitive il se trouvait plus loin.

Et ce n’est pas encore celui-là

La vie aussi nous réserve des changement de sentiers, d’objectifs. A ce moment là il faut savoir lâcher prise et accepter la modification d’objectif.

Ne pas se cramponner coûte que coûte, car un jour on avait décidé que…

Comme dans notre rando, nous devions nous arrêter à 2700 mètres et nous sommes arrivés à 3400, le chemin de vie nous réserve toujours d’aller plus loin, plus haut.

Il faut simplement être ouvert au changement, ne pas s’accrocher à la norme et aimer l’aventure de la vie. Dans cette aventure il est des passages plus difficiles, comme dans la montagne c’est parfois plus périlleux, vertigineux, il faut avoir confiance en soi ou au premier de cordée.

Cela demande de l’effort, mais celui-ci est toujours récompensé.

Avoir confiance en soi c’est avoir confiance en la vie, parfois ne pas hésiter à se faire épauler mais surtout ne pas s’embarrasser du superflu et savoir regarder où est la vrai richesse. Souriez à la vie elle vous sourira. Dites vous que quoi vous fassiez c’est toujours parfait !

A demain retour sur nos vélos !

9 commentaires sur « Andalousie à vélo : La Sierra Nevada, ascension du Mulhacén étape 9 »

  1. Oh oui grand merci pour le partage, les balades, les efforts (oui parce qu’en vous lisant on comprend drôlement bien les dénivelés et tout le tintouin… :-)), quel beau voyage vous nous proposez ! C’est tellement gentil !

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  2. Merci pour les magnifiques paysages du sommet de la péninsule Ibérique et bravo pour votre persévérance.
    Quelle belle leçon de vie aussi…
    Gabrielle

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  3. Je croyais que vous aviez atteint les sommets, mais à chaque étape nouvelle, on découvre un autre objectif encore plus haut, encore plus fort. Vous êtes déchaînés ! Mais j’aime bien votre façon de vivre au jour le jour, avec juste l’envie de faire quelque chose d’inconnu, et de faire confiance au destin. Et de savoir reconnaître que çà fait du bien partout.
    Bravo en tout cas de partager vos impressions et votre enthousiasme… Et bravo pour le reportage photo, on aura ainsi une très bonne représentation des sommets de la Sierra Nevada. Ce massif montagneux est impressionnant tout compte fait.
    Amitiés Thierry

    Aimé par 1 personne

    1. Oui ce fut une magnifique journée pour nous car en partant le matin nous ne pensions vraiment pas grimper le point culminant de la péninsule Ibérique. Ce fut un grand moment pour nous.
      C’est vrai que c’est intéressant de se laisser surprendre.
      Nous aussi nous avons découvert ce massif et nous y reviendrons certainement.
      Bien amicalement
      Pascal

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