Se mettre des défis et découvrir de nouveaux sentiers.

Cette fois-ci, nous nous lançons un tout autre défi. Ceux qui nous connaissent savent:

– Que nous sommes des amoureux du voyage à vélo,

– Que nous affectionnons la randonnée,

… et d’ici quelques lignes vous allez découvrir notre troisième passion.

Normal direz-vous jamais deux cent trois ! D’autres peuvent se demander : « mais ils ne sont jamais satisfaits!? » et je confirme ;  effectivement, il y a de cela.

Est-ce le fait d’avoir élevé quelques chevres qui adoraient l’herbe plus verte dans la prairie voisine ? Je ne sais!

Mais ce qui est certain, c’est que nous sommes tous les deux sur la même longueur d’onde :  » ne pas se satisfaire de peu ; toujours tenter d’aller plus haut. »

Vous l’avez lu dans nos récits de voyages à vélo, après le col de la Bonette en 2017 nous avons fait l’ascension du Pico Veleta à 3376 mètres en 2021. Et comme cela ne suffisait pas, quelques jours plus tard c’est à pied que nous avons grimpé le Mulhacen, le plus haut sommet de la péninsule Iberique, 3479 mètres.

Alors certains peuvent se moquer en disant s’ils veulent toujours aller plus haut, il y a mieux tel le Mont Blanc ou bien des sommets en Annapurna. Certes, mais nous avons une devise, nous faisons ce que nous aimons et repoussons des défis qui sont à notre portée aujourd’hui.

Pour l’anecdote : le sommet du Mont Blanc attire tant de monde qu’il commence à être réglementé et les camps de bases en Anapurna surpeuplé deviennent des décharges. Nous nous sentons mieux isolés dans les montagnes portugaises.

Alors ce samedi matin, nous chaussons nos baskets, shorts et maillots. Ciel bleu, grand soleil donc les lunettes du même nom que l’astre se posent sur le nez. Un peu de vent pour diminuer les effets de la chaleur. Tout est parfait !

Pour une fois nous ne partons pas pour notre footing habituel d’une dizaine de kilomètres…

Ce jour nous nous sommes lancé le défi de courir en style trail plus de

40 kilomètres

dans la serra de Caldeirao.

Pas de dossard, pas de foule, nous deux face à notre propre performance.

Certains sont peut-être tordus de rire devant leur smartphone ou ordinateur en pensant à celles et ceux qui parcours l’UTMB ou la diagonale des fou ; des courses de 170 kilomètres avec des dénivelés à faire pâlir un grizzli. Mais chacun mène sa folie à sa hauteur. Ceux qui pense que nous sommes des comiques, on ne vous impose pas de poursuivre la lecture !

Donc en ce jour, notre folie est de réussir ce défi que nous avons en tête depuis quelques temps.

Nous partons avec:

  • Un petit sac à dos,
  • Une poche à eau de 2 litres
  • Une gourde en ceinture à la taille de Laetitia. Nous savons que sur notre parcours il n’y a qu’un point d’eau et la chaleur sera avec nous.
  • Des barres énergétiques
  • Quelques tranches de pains aux fruits.
  • Du gingembre séché
  • Nous avons décidé de faire une pause toutes les heures pour une légère collation.

Nous connaissons bien la première partie du parcours, pas du tout la section du milieu et à nouveau nous avons une bonne connaissance de la fin, en franchissant le sommet du Bispo.

Durant les premiers kilomètres, nous nous sentons légers comme des gazelles et ma montre m’est fort utile pour limiter la vitesse à 6’30 maximum du kilomètre afin de ne pas dilapider nos forces et terminer à l’arrache.

Nous franchissons notre premier gué et cela fait plaisir que l’eau revienne petit à petit dans les rivières portugaises. Les deux pays de la péninsule Ibérique connaissent une sécheresse inhabituelle cet hiver.

Voici notre première montée, on l’avait expliqué lors de notre traversée en randonnée de la Via Algarviana, ici les montées son tout « schuss ». Nous sommes bien content d’avoir pris nos bâtons pour pousser avec nos bras, cela nous aide énormément.

S’en suit une piste agréable presque plate le long d’une rivière où l’on entend un paisible et doux gazouillis de l’eau. La nature est verte, il y a des vergers de figuiers, les feuilles sont déjà bien grandes et l’on voit les premiers fruits se former .

Notre foulée est ample et c’est un plaisir que de gambader en ce lieu. Un carrefour et ce qui nous amuse toujours autant : les panneaux indicateurs routier dans ces pistes au milieu de nulle part.

De temps à autres des 4X4 circulent sur ces chemins mais les panneaux sont surtout implantés pour diriger les pompiers dans les cas de feu de forêt ou ici plutôt de guarigue.

Face à nous, une montée de 5 kilomètres que nous allons parcourir d’un pas rapide sans nous essouffler.

Nous aurons droit à une belle descente dans une sente rocailleuse qui nous demande de déployer notre adresse et souplesse. Une petit montée de même style et nous arrivons au hameau de Parises après 18 km.

Nos réserves d’eau ont bien diminuées, mais pas de problème nous voici à un lavoir. Laetitia ouvre le robinet et c’est une eau marron boueuse qui sort. Elle laisse un peu couler, l’eau s’éclaircit, mais reste trouble. Tant pis nous faisons le plein. Nous trouvons un peu plus loin une autre fontaine où l’eau est un peu plus claire.. nous préférons cette eau.

Devant nous une longue descente qui fait mal dans les cuisses, sous un beau ciel bleu et dans un silence perturbé par des motards de trail, ils sont attentifs à nous et nous font des grands saluts, tout va bien.

Nous voici au fond d’un vallon le vent ne parvient pas jusqu’ici et il fait très chaud sur cette piste légèrement vallonnée. Mais voici déjà le moment d’aborder la montée qui va nous mener à la bifurcation où nous quittons le GR 13 de la Via Algarviana.

A ce lieu nous sommes à 3 heures de course. Belle satisfaction, pour l’instant j’avais  programmé que nous parcourirons 7km dans l’heure à ce stade nous avons deux kilomètres d’avance sur les prévisions.

Nous faisons une pause de 10 minutes, casse croute et en repartant les chevilles sont un peu raides, ce n’est pas grave la piste est facile et nous rejoignons la route qui mène de Javali à Baranco de Velho, nous l’empruntons sur un peu plus d’un kilomètre. Les mimosas qui était tout en fleur alors que nous étions passé ici en vélo sont maintenant fané mais il y a encore des effluves de parfums qui s’évadent et qui nous ravissent.

Nous voici au début du tronçon que nous ne connaissons point. Nous utilisons maps.me pour nous orienter mais cela réserve parfois des surprises…

Pour l’instant nous montons un chemin qui arrive au sommet de la crête, il va suivre celle-ci sur plusieurs kilomètres. Nous prenons le temps de micro pause pour admirer le paysage, c’est magnifique. Seuls au monde, nous dominons les sommets alentours, devinons au loin quelques maisons facilement reconnaissables par leurs  blancheurs.

Le vent nous accompagne dans cette procession mirifique sur la crête de cette montagne.

Cette fois-ci, nous tournons un peu pour retrouver notre direction et il n’y a pas de secret ce que nous indique maps.me est une piste de moto, après quelques centaines de mètres son angle de pourcentage de descente est affolant. Face à nous c’est quasi la verticale, dans un sentier de cailloux roulant sous les pieds. On aperçoit la route nationale 2, nous sommes dans la bonne direction. Nous nous aventurons à la vitesse d’un escargot dans cette descente où les bâtons vont nous servir à nous bloquer pour ne pas être emporté par l’élan.

600 mètres de cette descente au 32 ème kilomètres, ça va laisser des traces dans notre organisme et un peu sur le moral, car l’avance que nous avions au 30 ème vient de fondre comme neige au soleil. Les cuisses commencent à faire mal et les mollets sont lourds.

Un sentier au milieu d’arbres aux escences bien différentes d’où les oiseaux émettent des sifflements aux mélodies enchanteresses nous redonnent de la force pour traverser la nationale 2 et rejoindre la piste qui monte au sommet du Bispo.

Arrivés à ce sommet c’est la grande satisfaction et je l’émet dans un cri gutural. Il nous reste 4 kilomètres jusqu’à notre maison/caravane mais par les chemins que nous empruntons ce n’est pas tout plat.

Ces derniers kilomètres, la fatigue est bien présente et le mental n’a pas envie de jouer au chat et à la souris avec l’arrivée. Je m’étonne en lançant un coup d’oeil à ma montre de voir que je tourne quand même sur une section de plat à 6’30 du kilomètre. Cela redonne un gain d’énergie et le sourire.

l’Ecopark est en vue, nous franchissons le portail après un virage un groupe de personnes discutent, rien d’étonnant ici où tout le monde s’apprécie. Mais à notre grande surprise c’est notre équipe de copains qui nous font la surprise, ils nous attendent pour nous offrir des applaudissements et nous féliciter. Merci à eux car j’avoue que notre ego est heureux de cette reconnaissance.

Voici les chiffres de notre sortie:

On utilise l’application Wikiloc

Ce soir c’est une grande satisfaction qui nous envahit. Nous avons réussi un objectif que l’on espèrait atteindre, mais y arriver n’était pas certain.

Cela nous procure un sentiment d’exultation intérieure.

En conclusion, je pense qu’il ne faut pas craindre de secouer nos carcasses jeunes ou vieilles, cela fait partie d’un gage de santé. Il faut même se réjouir de repousser ses zones de confort, cela garanti une part de jeunesse. Il faut s’enthousiasmer de ses moindres progrès cela prouve que l’on est persévérant.

Le joie de vivre n’est pas ailleurs, c’est la prolongation de la simplicité dont je vous parlais. Voici une belle alchimie : simplicité, effort , je vous assure le chemin de joie de la vie n’est pas ailleurs!

Je désire lancer ce message, j’ai 68 ans ; il n’est jamais trop tard ou trop tôt pour aller se dérouiller et s’amuser à se faire souffrir. Ce jour là, vous vous offrez encore quelques années de jouvence, cela ne mange pas de pain !

Découvrez cette aventure en vidéo 😉

A bon entendeur salut !

3 commentaires sur « Se mettre des défis et découvrir de nouveaux sentiers. »

  1. Alors, on s’ennuie en Algarve ? Belle page de reportage que j’ai lue avec attention. Je suis impressionné mais comme je vous connais, je sais que vous ne partez pas en « têtes brûlées » et que vous avez bien géré votre défi sportif. Encore bravo !
    Amitiés Thierry

    Aimé par 1 personne

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