Escapade dans la Sierra Nevada, l’accomplissement de l’effort.

Quelque part au pied du Mulhacen..

En faisant simplement confiance à notre horloge biologique, on se réveil alors qu’il fait encore nuit, un peu avant 5h.

Nous voulons monter à la fraiche et  profiter du sommet avec le moins de monde possible.

Il y a plus matinaux que nous, car nous voyons des lampes frontales au début de la pente. Surement des passionnés de photos qui veulent faire de beaux clichés au moment du lever de soleil.

Solide petit déjeuner :

  • charcuterie
  • fromage
  • gâteaux aux céréales
  • café

On remballe et c’est parti!

Au ruisseau, ravitaillement en eau et brossage des dents.

À partir de là, nous rentrons dans le sérieux du sujet.

Nous avons 2 km 400 pour atteindre le sommet avec un dénivelé de 579 mètres.

Sachant que le premier kilomètre, nous menant au bas du sentier escaladant ce dôme de caillasse, ne va grimper que de 156 mètres, il ne monte pas trop violement. Tant mieux, cela nous permet d’avoir un petit échauffement.

Laetitia est la première à s’engager sur ce sentier, il nous reste 1 kilomètre 300 pour 423 mètres d’ascension.

Avant la montée je me suis mis en débardeur sans manche. C’est le crépuscule, il fait encore un peu frais, mais très rapidement je sais que mon corps va monter en température et dans une telle côte je ne veux pas effectuer un arrêt de déshabillage qui oblige d’oter le sac à dos.

Cette fois-ci, c’est non pas une lutte avec le sommet, car le sentier n’a aucune technicité si ce n’est ça raideur ; c’est une lutte avec nous-mêmes qui s’engage.

Surtout ne pas se mettre dans le rouge dès les premiers lacets, mais effectuer des petits pas qui soient en accord avec le souffle.

Les bâtons, dans cette raideur de pente, sont d’une grande utilité. Ils se portent en avant des jambes et je pousse avec mes bras, ce qui soulage les muscles des cuisses.

Je m’accordes peu de pause, car j’ai trouvé un rythme idéal. Juste une pause photo en pensant à vous lectrices, lecteurs, elle me permet en même temps d’abaisser le rythme cardiaque.

Rien ne sert de lever la tête en espérant apercevoir le sommet, il y a une crête qui s’éloigne au fur et à mesure que l’on monte. Il reste caché pour contrôler la persévérance du randonneur.

De temps en temps, regarder derrière soi permet de mesurer sa progression et c’est la seule chose intéressante.

De plus le panorama en cette matinée est exeptionnel.

Et oui nous sommes partis de la lagune et nous sommes déjà là !

Au trois quart du parcours, il est évident que les muscles des jambes deviennent douloureux, que le souffle s’accélère, mais ce qui me fait le plus mal en définitive, ce sont les muscles des bras et des épaules a force d’appuyer sur les bâtons!

Ce terrain caillouteux et sableux  peut rapidement nous amener à avancer de deux pas et reculer de trois. Les bâtons en plus de l’aide à la poussée permettent de maitriser ce genre de problème.

Dans ce sentier aux lacets très serrés, à la pente impitoyable qui n’offre aucun répit, je porte toute mon attention sur mon corps, car je ressent bien qu’il m’envoi des signaux ; j’ai envie de dire :  » il me parle. »

  • Le coeur bien souvent me signifie quand il est nécessaire que je fasse un brève arrêt pour lui permettre d’abaisser les pulsations.
  • Les jambes me disent quand je peux allonger la foulée ou au contraire la réduire, car l’inclinaison de la pente augmente.
  • Enfin, le souffle signale quand je dois reprendre une grande inspiration qui réharmonise l’ensemble des cellules.

J’ai eu bien raison de me libérer de mon maillot à manches longues, car je transpire et j’arriverai au sommet, trempé.

Je sens la pente qui se radoucit, le pas s’accélère. À ce moment, je lève la tête, le sommet est là ! Il ne se presente qu’au dernier moment, à 100 mètres et c’est gagné!

De quoi être fier, 1 kilomètres 300, 423 de D+ en 50′. Nous même nous n’en revenons pas. Sans rien rechercher on peut faire de belles performances !

Nous voici pour la troisième fois au sommet du Mulhacen, sur le toit de l’Espagne.

Nous ne sommes pas seuls, il y a deux jeunes filles qui ont plutôt l’air frigorifiées et un renard qui vient surement voir si personne n’a laissé trainer un bout de pain.

Comme il ne trouve rien, il s’en prend à mon sac à dos, alors que je suis sur le point géodésique.

Heureusement, Laetitia veille au grain ; il doit avoir sacrément faim le gaillard.

Nos amies Italiennes en contre-bas. Pour nous trois fois le Mulhacen et que du plaisir !

Nous profitons du sommet et nous nous amusons à nommer tous les sommets que nous commençons à connaitre et tentons d’apercevoir les différents chemin que nous avons déjà emprunté.

Les flèches lagune de la Mosca, le sommet Juego de Bolos. Par où nous sommes passés il y a quelques jours.

Les deux jeunes filles, des Italiennes, nous  sollicitent en nous demandant si nous  descendons sur Trevelez. Elles souhaiteraient nous suivre, car elles ignorent par où s’engager. C’est avec plaisir que nous les guiderons.

Il est amusant de se dire qu’il y a trois semaines nous découvrions le massif et maintenant on sert de guide!

Grace à Laetitia qui parle espagnol et anglais et l’une des italienne qui parle ces deux langues et un peu de français nous arrivons à échanger. Nous apprenons qu’elles font des études de médecine à Grenade pendant une année en Erasmus. Elles ont fini leur année et avant de repartir en Italie, elles sont venues randonner pour découvrir le Veleta et le Mulhacen.

Ce sont de belles rencontres ou en peu de temps on sent que l’on est bien ensemble. Nous aurions aimé discuter un peu plus, mais il y a 12 kilomètres de descentes et 2000 de D- qui font mal dans les jambes, alors il faut y aller.

Comme nous avons eu le temps de leur donner l’adresse de notre blog, nous espérons que nous aurons de leurs nouvelles.

Pour l’instant nous amorçons la descente et c’est incroyable comme nous descendons plus vite que nous ne montons.

Le Mulhacen est deja bien loin de nous.

Le sommet du Mulhacen lors de notre descente

À nouveau nous pouvons admirer le cadre des sept lagunes,

c’est un endroit qui nous enchante.

Tant par son côté grandiose que par la myriade de petites fleurs qui parsème la pelouse.

Nous prendrons le temps de nous chauffer un café et de manger un peu, le petit déjeuner est déjà bien loin.

Un caillou, un vulgaire caillou et pourtant je suis capable de m’en émerveiller.

Tout d’abord, il est beau, mais nous prenons conscience que nous regardons plusieurs milliers, peut-être millions d’années, là sous nos yeux.

Pour quitter ce lieu mirifique, il faut emprunter un sentier au milieu des rochers qui longe les cascades et c’est splendide.

Cette descente est longue et les rayons du soleil chauffent bien le flanc de la montagne.

Nous voici à Trevelez, il est 13 heures, quelques achats pour notre casse croute, que nous prendrons autour de la fontaine de la châtaigne. Nous en profiterons pour rafraichir nos pieds.

Et je retrouve mon amour des portes. Dans mon livre « Cheminer du rêve à la vie à vélo « , je fais une belle définition des portes dans le village de Uncastillo en Espagne.

Il est 15 heures quand nous repartons dans les rues de Trevelez, nous croisons par hasard nos mignonnes Italiennes à la terrasse d’un café. On échange quelques mots et l’on se dit au revoir, c’est-on peut être que la vie nous fera à nouveau nous rencontrer ?

Il nous faut remonter tout le bourg, Trevelez est un village de montagne tout en hauteur.

Arrivé en haut, nous trouvons qu’il fait très chaud pour nous lancer sur le chemin du GR 240, nous amenant à Capileira dans 19 kilomètres.

Alors nous faisons encore une pause d’une bonne heure à une autre fontaine. Ici l’eau coule abondamment partout.

Enfin nous voici reparti, les petites côtes qui nous attendent nous font plus mal dans les jambes que la montée du Mulhacen ce matin.

Je ressent la fatigue et mon corps se demande quand tout cela va s’arrêter. Il faut nous éloigner des habitation et des cultures puis trouver un terrain plat pour notre petite cabane que je porte sur mon dos toute la journée, tel l’escargot.

Après 4 kilomètres voici le lieu idéal, mes jambes en sont fort aise. Un peu de repos à l’ombre d’une forêt de pin. Puis souper

et bivouac dans un lieu enchanteur. Nous sommes insatiables de ces soirées où nous sommes seuls au monde avec la nature.

Belle journée physique

21 kilomètres,

900 mètres de D+ et 2051 mètres de D-.

Nous dormons très bien ! 😴

2 commentaires sur « Escapade dans la Sierra Nevada, l’accomplissement de l’effort. »

  1. Salut Thierry,

    Ho non ! Pas encore la dernière étape, je ne sais quand toute ces belles randos vont se terminer ainsi que ces paysages grandioses, mais pour l’instant nous savons que nous avons encore beaucoup à découvrir et partager.
    Amicalement
    Pascal

    J’aime

  2. La dernière étape ? Vraiment ? en tout cas, elle est aussi passionnante à découvrir que toutes les précédentes, vous vous faîtes plaisir et cela se voit dans vos textes et sur vos photos super-réussies. C’est un massif magnifique, sauvage et minéral, mais quel plaisir de découvrir de temps en temps des points de fraicheur comme ces cascades, ruisseaux et fontaines. Merci ! Thierry

    Aimé par 1 personne

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